Il y a 3 personnes à qui il ne faut – en principe – jamais désobéir : ta maman, ton papa, et ton supérieur militaire. Seulement, dans certains cas, ne pas écouter les ordres peut s’avérer malin : quand ta mère te demande de mettre une écharpe alors qu’il fait 20 degrés dehors, quand ton papa refuse que tu ailles à LA soirée de l’année, ou quand ton général te demande de lancer un missile nucléaire droit sur Moscou. À présent, laissons de côté papa et maman et intéressons-nous seulement à ceux qui ont désobéi aux ordres militaires et qui ont changé l’Histoire.

1. James Blunt a évité de nous lancer dans une grosse guerre contre les Russes

Vous connaissez sûrement les chansons voire les tweets de James Blunt (qui sont drôles à se taper le cul non seulement par terre mais aussi sur des surfaces verticales telles que des murs), mais est-ce que vous saviez que le gars avait été militaire ? En 1999, alors qu’il était soldat de l’OTAN, il a refusé d’obéir à des consignes de ses supérieurs qui lui ordonnaient de s’emparer de l’aéroport de Pristina au Kosovo, tenu par des soldats russes. James Blunt a fait comprendre à ses supérieurs que cette attaque risquait de déclencher une guerre avec la Russie, et donc probablement une 3eme guerre mondiale. Le général a finalement décidé de simplement encercler l’aéroport, et les Russes se sont rendus quelques jours plus tard sans trop de tensions. On peut dire merci à James d’avoir changé l’Histoire 3 ans avant de se lancer dans la chanson.

Crédits photo (CC BY 2.0) : Noemi Núñez Jiménez

2. Paris n'a pas été brûlée "grâce" au général allemand Dietrich von Choltitz

En août 1944, les alliés reprenaient Paris aux mains des Allemands, et ça n’a évidemment pas plu à Hitler qui a ordonné à ses hommes de brûler la capitale pour ne pas la laisser aux mains des ennemis. En gros, s’il ne l’avait pas pour lui, personne ne l’aurait. Mais le général Dietrich von Choltitz a tout simplement décidé de ne pas obéir, estimant que l’ordre n’avait absolument aucune valeur militaire et qu’Hitler était mentalement instable. D’autres sources disent que von Choltitz manquait surtout d’hommes pour appliquer les ordres et qu’il a fait comme si c’était une vraie décision de sa part pour soigner sa réputation. Quoi qu’il en soit, il a choisi de ne pas cramer Paris, et ça c’est quand même bien.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Bundesarchiv_Bild_183-2003-1112-500,_Dietrich_v._Choltitz-2.jpg: *Bundesarchiv_Bild_183-2003-1112-500,_Dietrich_v._Choltitz.jpg: InconnuUnknown

3. Albert Speer a refusé de détruire des infrastructures civiles allemandes

Moins d’un an après l’ordre de brûler Paris, Hitler a donné un autre ordre horrible. Comme les alliés venaient de prendre un pont stratégique sur le Rhin en mars 1945, le führer avait ordonné à son ministre et ami Albert Speer de détruire un grand nombre d’infrastructures et d’industries allemandes pour ne pas les laisser aux mains des ennemis. Seulement, ça aurait aussi affaibli l’Allemagne à moyen et long terme et laissé énormément de civils sans emplois ni infrastructures. Albert Speer a donc fait semblant d’obéir à Hitler mais a envoyé des ordres cryptés pour retarder l’opération (qui n’aura finalement jamais eu lieu). Lui aussi estimait qu’Hitler était instable, et il avait raison. On ne lui filera pas une médaille, mais on peut reconnaître que sur ce coup-là il a été malin.

Crédits photo (Domaine Public) : Alexander, Charles

4. Vasili Arkhipov a empêché la crise des missiles cubains de partir en 3eme guerre mondiale

Pendant la crise des missiles de Cuba en 1962, les tensions entre USA et l’URSS étaient au max. Un rien aurait pu transformer la Guerre Froide en Guerre Extrêmement Chaude. À ce moment-là, 4 sous-marins soviétiques équipés de missiles nucléaires étaient stationnés dans les Caraïbes. Ils avaient pour ordre de lancer un missile en cas de provocation des Américains. Or, il y a bien eu une provocation : les Marines ont largué des grenades sous-marines à proximité du B-59, un des sous-marins soviétiques. Le B-59 devait riposter avec une attaque nucléaire, mais cette attaque ne pouvait se faire que si les deux commandants du sous-marin, Valentin Savitsky et Vasili Arkhipov, se mettaient d’accord. Savitsky était pour l’attaque. Arkhipov non. Il estimait que les Marines tentaient juste de faire remonter le sous-marin sans vouloir le détruire, et il avait raison. Grâce à lui, on a évité une escalade ridicule.

Crédits photo (CC BY-SA 4.0) : Olga Arkhipova

5. Stanislav Petrov a choisi de ne pas riposter suite à une alerte de missile

En 1983, le lieutenant-colonel Stanislav Petrov était posté dans un bunker proche de Moscou quand une alerte s’est déclenchée indiquant un missile balistique entrant sur le territoire russe. Petrov aurait dû, dans ce cas, déclencher une riposte, mais il a préféré ignorer l’alerte en se disant qu’il s’agissait d’une erreur de ses appareils. Résultat, il s’agissait bien d’une erreur provoquée par le Soleil se reflétant dans les nuages, et Petrov nous a évité une guerre nucléaire. Merci Stan.

Crédits photo (CC BY-SA 4.0) : Queery-54

6. David Teich a sauvé une compagnie de soldats en refusant d'obéir à un ordre de retraite

Pendant la guerre de Corée, en 1951, l’armée chinoise avait lancé l’offensive de Printemps qui consistait à envoyer près de 300.000 soldats contre les lignes américaines. La tactique était réussie puisque les Américains se sont retrouvés dépassés par l’attaque chinoise, et ils ont ordonné la retraite. Seulement, une compagnie d’infanterie légère s’était retrouvée prise au piège et ne pouvait plus fuir. Elle était vouée à se faire écraser par l’ennemi. C’est là qu’est intervenu le lieutenant David Teich : le gars a refusé d’obéir à l’ordre de retraite lancé par ses supérieurs et a envoyé 4 chars pour sauver ses copains. Ce qui a fonctionné. Grâce à lui 65 soldats ont échappé à une mort certaine.

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7. Thomas Derrick a pris une position japonaise en refusant d'obéir aux ordres

En 1943, pendant la bataille de Sattelberg en Nouvelle-Guinée, un bataillon australien avait reçu un ordre de retraite de la part de leur commandant puisqu’ils n’arrivaient plus à progresser face à l’ennemi japonais. Mais le lieutenant australien Thomas Derrick n’était pas de cet avis, et il l’a fait savoir en lançant un : « J’emmerde le Commandant, laissez-moi 20 minutes et on prendra cet endroit ». En très peu de temps, il a avancé dans la jungle à couvert et à détruit 10 positions ennemies, ce qui a permis à sa compagnie d’accomplir son objectif. Derrick a reçu la Croix de Victoria pour ça et il est devenu un héros pour l’Australie… avant de mourir 2 ans plus tard, toujours face aux Japonais.

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