Tout le monde a des failles et tout le monde fait des erreurs. Le problème c’est que des fois les erreurs sont beaucoup plus graves que d’autres, surtout quand ça implique des vies humaines. Si on vous avait déjà montré les pires bourdes des services secrets, elles n’impliquaient pas forcément des vies humaines, là on va bien parler de moments où il y a bien eu des morts par erreur et c’est profondément dramatique.

1. L'affaire de Lillehammer, l'assassinat accidentel du frère d'un des membres des Gipsy King

Cette affaire implique le Mossad, l’une des agences de renseignements d’Israel qui en 1973 tentait de neutraliser Ali Hassan Salameh, le dirigeant de l’organisation terroriste Septembre Noir coupable des attentats des JO de Munich (1972). En pensant identifier Salameh, les agents du Mossad préparent son assassinat dans la ville de Lillehammer (Norvège). Le problème c’est qu’il s’agit d’un homme qui n’a rien à voir avec les attentats et vit tranquillement en Norvège depuis plusieurs années.

Un soir, alors qu’il sort du cinéma, des agents du Mossad tirent plus d’une dizaine de balles sur lui devant sa femme et s’enfuient en voiture, le laissant mort en pleine rue. Cet homme, en plus d’être parfaitement innocent, était le frère de Chico Bouchikhi, l’un des membres historiques du groupe Gipsy King. Plusieurs membres du Mossad seront arrêtés par les autorités Norvégiennes pour meurtre et l’affaire aura à l’époque largement atteint la réputation de l’organisation.

2. Le meurtre de plus de 30 ouvriers fermiers en Afghanistan

En voulant viser un camp de l’État Islamique, l’armée américaine a fait un véritable massacre en 2019 en Afghanistan. Une quarantaine d’ouvriers qui travaillait dans une ferme se reposait après une longue journée de labeur quand des drones ont ouvert le feu, tuant un nombre conséquent de civils.

Quelques heures après les faits un officiel américain a déclaré qu’une opération avait été menée contre un camp de terroristes et que l’armée travaillait pour élucider si des civils avaient été victimes de l’attaque, ce qui était évidemment le cas. L’affaire a été relayée dans un premier temps par la presse après que l’acte ait été dénoncé par des survivants, poussant l’armée américaine à reconnaitre sa terrible erreur.

3. Les opérations pour tuer Anwar al-Awlaqi et la mort de plusieurs dizaines de civils

En 2011, lorsque le gouvernement américain réussit à tuer l’imam américain membre d’Al-Qaida Anwar al-Awlaqi l’heure n’est pas aux réjouissances. Et pour cause, c’est la mort de près de 54 civils qui font tâche après les nombreuses frappes effectuées par des drones pour réussir à tuer la cible originelle. Peu de temps après, le président Barack Obama prend la parole pour défendre l’utilisation des drones dans ce genre d’opérations, qualifiant de « nécessaire, légal et juste » ce type d’attaques.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Awlaki_1008.JPG: Muhammad ud-Deen

4. Le FBI et le meurtre de John Dillinger remis en question

John Dillinger est assurément l’un des gangsters américains les plus mythiques, devenu un véritable symbole à son époque. Lorsque le FBI a « réussi » à le neutraliser cela a été l’une des opérations les plus médiatisées de l’époque, d’autant que l’organisation a partiellement été créée pour traquer Dillinger.

Mais en 2019, des membres de la famille du gangster ont commencé à émettre des doutes sur le fait que l’homme abattu soit bien Dillinger et on a exhumé le corps pour faire des études d’ADN plus de soixante dix ans après sa mort dans les années 30. Le FBI a cependant balayé les doutes en disant qu’il s’agissait là d’une rumeur récurrente sur une potentielle erreur, mais on n’a jamais réellement eu confirmation de s’il s’agissait du véritable gangster.

Crédits photo (Domaine Public) : FBI

5. La longue traque de Ayman Zawahiri et le nombre effarant de civils morts

Le chef du réseau Al-Qaida a été traqué de nombreuses années par le gouvernement américain. Dans cette longue recherche, plusieurs opérations ont été menées pour le neutraliser définitivement, dont deux attaques par drone particulièrement meurtrières. Ces deux évènements survenus près du village de Damadola et dans le district de Bajaur (Pakistan) ont non seulement été des échecs pour tuer Zawahiri, mais aussi de terribles crimes de guerre. Comme le résume le journal The Guardian : « Huit ans plus tard Zawahiri est toujours vivant. Soixante-dix-neuf enfants et vingt-neuf adultes, eux, ne le sont plus après les deux attaques ».

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Hamid Mir

6. Le "camion explosif" en Afghanistan abattu par l'armée américaine qui contenait en réalité de l'eau

Une autre attaque de drone en Afghanistan que l’armée américaine avait organisé en visant un « camion explosif » a été un véritable scandale lors de sa révélation à la presse. Et pour cause, le camion n’était pas rempli d’explosifs, mais d’eau et de vivres et il était conduit par un membre d’une association humanitaire qui allait amener sa cargaison pour aider la population. L’attaque a fait une dizaine de morts dont sept enfants.

Cette affaire a été dénoncée (en plus de nombreuses autres) par les « drone papers », un évènement au cours duquel un ancien employé de la CIA a fait fuiter des documents confidentiels sur la guerre des drones menée sous la présidence d’Obama. Ces documents faisaient état de nombreuses attaques ratées et de « tirs à l’aveugle » au Yémen, en Somalie et en Afghanistan, pointant du doigt les trop nombreuses erreurs et victimes collatérales de ce type d’attaques.