D’habitude, ce sont plutôt les films qui sont inspirés de faits réels, ou à la limite les personnages de fictions qui sont inspirés de vraies personnes. Mais jamais l’inverse. Et pourtant, il y a plein d’œuvres cinématographiques qui inspirent les gens ! Par exemple, moi, je m’inspire souvent d’Alvin et les Chimpmunks pour chanter et danser la vie. Et tout un chacun devrait faire de même.

1. Titanic a incité des Nord-Coréens à fuir leur pays

Alors qu’elle n’avait que 7 ans, Yeonmi Park a eu la « chance » de pouvoir regarder clandestinement le film Titanic, qui était interdit en Corée du Nord et dont la possession était passible de peine de mort. Dans une interview du Guardian, la transfuge nord-coréenne raconte que c’est le visionnage du film qui lui a donné un avant-goût de la désaffection en lui montrant que la vie extérieure ne tournait pas autour du régime dictatorial. Jeong Kwang-il, également Nord-Coréen, a, lui aussi, été aidé dans sa fuite par ce qu’il avait vu de Titanic. Merci Rose, Jack mais surtout Céline.

2. Le film Le Dossier Adams a permis la libération d'un homme condamné à tort

En 1976, l’Américain Randall Dale Adams est condamné à une peine de mort pour le meurtre d’un policier, acte qu’il n’a jamais commis. Finalement condamné à la prison à vie trois jours avant son exécution, Randall Dale Adams passe 12 ans en prison avant d’être innocenté et libéré, notamment grâce au film documentaire Le Dossier Adams d’Errol Morris, racontant son histoire. Dans ce film, de nouveaux éléments de l’enquête sont révélés comme la preuve vidéographique de faux témoignages. Grâce à ces nouvelles informations et à la popularité du film, Randall Dale Adams a finalement pu être libéré après que son dénonciateur a avoué lui-même le crime. Sympa le mec.

3. Les enfants de la "maison de l'horreur" en Californie ont pu s'échapper grâce à High School Musical

En 2018, Jordan Turpin a fui sa maison familiale de Californie où elle était maltraitée et retenue depuis des années avec ses 12 frères et sœurs par ses parents abusifs. C’est en regardant des clips de Justin Biber, mais aussi Hannah Montana et High School Musical que la jeune fille s’est rendue compte de la vie qui existait en dehors de sa maison où elle était battue, enchaînée, sous-alimentée et lavée une fois par an. Grâce à Troy et Gabriella, Jordan Turpin a donc décidé de s’échapper et c’est ainsi qu’elle a pu prévenir la police et sauver ses frères et sœurs de cette maison de l’enfer. Bon, tout ça pour que la moitié se retrouve dans une famille d’accueil tout aussi abusive, mais ça, c’est une autre histoire.

4. La Fosse aux Serpents a permis d'améliorer le traitement de la santé mentale aux États-Unis

Ce film de 1948, qui raconte l’internement d’une jeune romancière en hôpital psychiatrique pour schizophrénie, a fortement chamboulé Charles Schlaifer, le propriétaire d’une agence de publicité ayant fait la promotion de cette œuvre. Suite à ça, Charles Schlaifer a visité de nombreux hôpitaux psychiatriques américains et s’est engagé dans un groupe de défense de la santé mentale, ayant témoigné devant le Congrès américain. Il a aussi permis la rédaction d’une loi en 1963 sur le sujet en rédigeant un rapport sur la réforme des institutions. Il a finalement fini par présider, entre autres, la Health and Mental Hygiene Facilities Improvement Corporation, chargée de construire des centres de soin.

5. Le film Naissance d'une Nation a permis la reformation du Ku Klux Klan

Ce film, adapté du roman L’Homme du Clan : une histoire d’amour historique du Ku Klux Klan de Thomas F. Dixon Jr, raconte une version imaginaire (et bien bien raciste) de la guerre de Sécession où les pleins pouvoirs seraient donnés aux Afro-Américains qui s’en serviraient pour opprimer les blancs. Naissance d’une Nation divise le pays, notamment au sud, et William Joseph Simmons, membre marquant du 1er KKK (1865 à 1871), décide après l’avoir visionné de refonder le Klan avec 34 hommes en se basant sur la popularité du film. Il s’en inspire d’ailleurs pour instaurer et ritualiser la croix chrétienne brulée et les coiffes pointues. Oui, on aurait préféré que ce film ne voit jamais le jour.

Crédits photo (Domaine Public) : Unknown; distributed by Epoch Film Co.

6. Le documentaire Blackfish a permis de mettre en place des lois contre la captivité des orques dans des parcs aquatiques

Blackfish raconte notamment l’histoire de l’orque Tilikum, un mammifère retenu captif au parc aquatique SeaWorld d’Orlando et ayant causé la mort de trois personnes. Grâce à ce film dénonçant les conséquences de la captivité des cétacés dans ce genre de parcs, des lois ont été mises en place, spécialement grâce à l’appui d’Adam Schiff, co-parrain d’un amendement sur le sujet, qui a cité Blackfish comme « source de débat public ». Les parcs aquatiques ont, eux aussi, perçu les répercussions de ce film car leur fréquentation a très nettement baissé, tout comme les actions des investisseurs.

Crédits photo (CC BY 2.0) : Milan Boers

7. Taxi Driver a failli coûter la vie à Ronald Reagan

Taxi Driver a beau être un chouette film, le 40e président des États-Unis, Ronald Reagan, aurait sûrement préféré qu’il ne sorte jamais. Car cette œuvre a en effet failli le tuer à cause de John Hinckley Jr, un Américain obsédé par le personnage de Travis Bickle. Après avoir regardé 18 fois le film, John Hinckley Jr a commencé à s’habiller et à se comporter comme le personnage principal, voulant impressionner l’actrice Jodie Foster, ayant joué dans le crush de Travis Bickle pour Taxi Driver. C’est ainsi qu’il a donc tenté de tuer Ronald Reagan en lui tirant dans l’aisselle. Si Ronald Reagan n’est pas mort, James Brady, l’attaché de presse du président lui aussi touché, est décédé de sa blessure 33 ans plus tard. Une autre vraie bonne raison d’arrêter d’imiter les séries et les films.

8. Le film JFK a permis de rendre public plein de dossiers sur des affaires criminelles

Le film JFK, qui expose différentes théories du complot autour de l’assassinat du 35e président des États-Unis, a fait beaucoup de bruit à sa sortie. De nombreuses personnes reprochaient au réalisateur Oliver Stone d’avoir jeté le doute sur les conclusions officielles quant à l’assassinat de Kennedy, « accusant » le FBI et la CIA d’en être les commanditaires. Pour lever les soupçons quant à la véracité de ces conclusions, le Congrès a adopté le JFK Act permettant de rendre public des dossiers d’enquêtes passées restés secrets jusqu’alors. Près de 250 000 dossiers ont été rendus disponibles depuis l’instauration de cette loi. Ça fait un paquet de paperasse, en effet.

Après, il y a aussi les vrais meurtres inspirés de films d’horreurs, et ça, ça fait moins plaisir, mais c’est une autre histoire.