Dépression, post-partum, baby-blues… Une fois les 3 kilos 5 de bébé expulsé, c’est la lente descente aux enfers qui commence pour certaines. La faute aux hormones qui quittent le navire après neuf mois de cohabitation plus ou moins cordiale. Le corps en jachère, les cernes jusqu’au plancher, il faut faire le deuil de son moi d’avant. Vivre avec un slip jetable pendant une semaine, ça change une femme.

1. Identifier baby-blues et dépression post-partum

Toutes les déprimes post-accouchement ne sont pas les mêmes. Plutôt que d’essayer de décrypter vos larmes avec un grimoire de sorcière, voici quelques éléments de comparaison. Le baby-blues est un épisode de déprime relativement passager. Il touche environ 60% des femmes (autant dire que vous n’êtes pas la seule à broyer du noir votre nourrisson pendu à votre sein). Il atteint son pic environ 72 heures après l’accouchement, à mesure que le colostrum quitte votre corps. La dépression post-partum arrive plus tard vers 6 semaines après l’accouchement Elle est considérée comme une maladie, ses symptômes variant d’une personne à l’autre. Bon à savoir, elle ne touche que 10-15% des femmes, et même certains jeunes pères.

2. Préparer son post-partum

Dans votre valise de maternité : un pyjama, une veilleuse, des soutiens-gorges pour allaiter… mais aussi un bouquin feelgood, une tablette pour mater des séries, des planches de sudokus et surtout des petits goûters pour survivre à la « bouffe » de la maternité. Ne vous oubliez pas quand vous préparez vos affaires, si les bodies et langes sont importants, votre bien-être à la maternité l’est tout autant, pensez donc à prendre avec vous ce qui vous fait plaisir. D’autant qu’enceinte jusqu’aux oreilles, vous n’aurez pas à porter vos bagages. Chargez donc la mule !

3. Potasser le Mois d'Or de Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin

C’est le bouquin qu’on se refile sous le manteau en salle de préparation à l’accouchement. En médecine chinoise, les 40 jours qui suivent l’accouchement sont baptisés le « mois d’Or », une période de repos psychique et moral pendant lequel l’entourage aide les jeunes mamans à survivre à l’enfer (ou à la maternité, c’est une question de point de vue). Les mamans débarquent dès le lendemain à la maison avec de la soupe et de la potion magique.

Inspirées par la méthode chinoise, Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin distillent dans leur ouvrage de nombreux et précieux conseils destinés aux futures mères mais aussi à leur partenaire, amis et famille.

4. Préparer vos repas en avance

Finis les marathons à la fin du huitième mois. Assignée à domicile, vous avez deux possibilités : vous enfiler des séries avec de la glace à vanille en pleurant l’époque où vous pouviez voir vos pieds (c’est un plan légitime). Soit préparer des plats et les congeler pour votre sortie de la maternité. À vous de voir votre niveau de flemmardise, mais sachez qu’il y a de grandes chances pour que votre futur vous vous remercie jusqu’à la fin des temps.

Bon au pire, vous pouvez toujours vous faire livrer les plateaux de sushis que vous avez dû refuser le coeur lourd les neuf mois précédents.

5. Filer à la PMI du coin

Vous n’avez pas dormi depuis votre cinquième mois de grossesse et le nouvel enfant pleure 24h/24 ? Plutôt que de creuser un trou dans votre salon pour vous y enterrer, rendez-vous à la PMI à côté de chez vous. Les PMI sont des centres de Protection Maternelle et Infantile, des lieux peuplés d’infirmières, de puéricultrices et de posters de bébés dans des choux. L’accueil y est gratuit et a priori bienveillant. Sur place, vous pourrez être aidée par des professionnel·le·s de la petite enfance, des gens qui sauront reconnaître les cris du pipi et les pleurs de faim et qui pourront pour une fois changer les couches à votre place .

6. Suivre le compte Instagram Post-partum ta mère

Plutôt que de mater les stories d’influenceur·se en goguette à Acapulco, faites un tour sur le compte Post-partum ta mère. Vous y trouverez plus de soutien que dans les photos paradisiaques d’inconnu·e·s.

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Nous ne sommes pas des modèles d'exposition ! Nos bébés ne sont pas des modèles d'exposition non plus. . I mean : . Nous n'avons pas à vendre une certaine image de la maternité, de la parentalité, ou de notre bébé. L'expérience est différente pour toutes et tous. . Je réalise toujours plus que le tabou sur les difficultés post-partum et du début de vie de parents est lié au fait qu'on ne devrait décourager personne d'avoir un enfant, qu'il faudrait à tout prix confirmer pourquoi la nature a fait qu'on puisse enfanter,... . On se retrouve en représentation permanente : * les visites à la maternité pour voir le bébé tandis que la maman se fait encore pipi dessus et qu'elle a les chairs à vif. Mais elle ne peut que sourire, elle a donné naissance. * plus tard, si bébé ne dort pas toute la nuit, boit trop ou pas assez, pleure beaucoup, n'est pas très tonique, a ses habits tachés de lait, ... les parents ont droit à des commentaires et indications de choses à faire. Donc on s'efforce à ce que notre bébé n'attire l'attention que par ses sourires et gazouillis. On se met la pression et on lui met la pression. * on nous demande le récit de notre accouchement mais il ne faudrait pas trop en dire, ça devrait rester une belle histoire à suspense et happy ending bien sûr. Comme ça, tu as toujours l'impression que l'accouchement des autres était easy, et qu'il n'y a que toi qui y a été déchirée au 3e degré ! . Tout ça nous met la pression et nous fait nous sentir des anomalies. Instagram est le happy place pour valoriser la mère qui coche toutes les cases de l'épanouissement pour que personne ne doute de sa qualité de parent. Mais heureusement quand même, je reconnais que de plus en plus de parents disent les choses telles quelles sont sans enjoliver. . Je ne dis pas qu'il faut se forcer à tout dire pour être considéré comme honnête. Mais la censure ne doit venir que de soi et de notre limite personnelle sur le partage d'expériences intimes, plutôt qu'une censure sociétale. . Le post-partum, moi la première j'ai cru que ce serait un temps que je passerai à me reposer et choyer mon bébé. À la place j'ai cru vivre la guerre. Suite en commentaire ?? illu by @guadypleskacz

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7. Ne pas se focaliser sur ce qui ne va pas

Ok c’est plus facile à dire qu’à faire et pourtant c’est sûrement le conseil le plus important. Vous aviez rêvé d’allaiter et ça ne fonctionne pas ? Tant pis. Vous n’allez pas presser vos seins comme des citrons pour que votre nourrisson daigne s’y intéresser. Des générations de bébés ont été nourri au biberon et se portent très bien (coucou). Le ou la premier·e qui vous fait une remarque sur l’allaitement, vous lui faites un kamehameha et c’est plié !

8. Rester au lit 

Les spécialistes du périnée sont unanimes, pour cicatriser le plus vite possible, il faut glander. Alors rester au lit et faites-vous servir comme un pacha.

Et surtout surtout : parlez, avec votre partenaire bien sûr, mais aussi aux parents qui vous entourent. Les gens ont tendance à ne raconter que le positif, mais en creusant un peu vous vous rendrez compte que vous n’êtes pas les seuls à déprimer ou galérer ou avoir des crises de panique à l’idée d’avoir la responsabilité d’un être vivant. Et puis si ça se trouve vous n’aurez rien de tout ça et tant mieux !