Loin de moi l’idée de vous donner envie de vous ouvrir la jugulaire, mais l’accouchement est loin d’être une partie de plaisir (excepté peut-être lors de la délivrance quand on te pose enfin ton bébé sur le torse). Mais sachez que pour que cela se passe le mieux possible, vous avez la possibilité de choisir tout plein de choses selon vos préférences (en mode compose ton poké-bowl d’accouchement). Voilà donc tous les trucs à savoir avant d’expulser une pastèque de trois kilos, ça fait toujours plaisir d’être au courant un peu avant.

1. On doit t'informer avant de pratiquer une épisiotomie et tu as le droit de la refuser

Pendant l’accouchement (et tout au long de ta grossesse), les médecins qui te suivent doivent t’expliquer clairement tous les actes médicaux qu’ils vont pratiquer et obtenir ton consentement pour les réaliser, notamment pour l’épisiotomie (qui consiste à entailler une partie du périnée pour faciliter la sortie du bébé). C’est donc à toi, de décider si oui ou non, tu souhaites en recevoir une (évidemment en discutant avec le personnel soignant afin de comprendre pourquoi ils estiment que c’est nécessaire). Les seuls cas où l’équipe médicale peut aller outre ton avis sont en cas d’urgence et en cas d’impossibilité d’exprimer sa volonté (dans ce cas-là, ce sont les proches qui sont consultés). Et même si tu as toujours dit oui, mais qu’au moment de pratiquer l’épisiotomie, tu ne veux plus, tu as le droit de dire non.

2. Tu peux décider de la position dans laquelle tu accouches

On a l’habitude de voir les femmes accoucher sur le dos, notamment dans les films et séries, parce que c’est la position « gynécologique » de base. Mais on peut tout à fait accoucher accroupie, à quatre pattes, ou sur le côté. Bon, je vais pas vous mentir, en poirier, ça risque d’être un peu plus compliqué mais après, vous faites comme vous le sentez.

3. Parfois la péridurale ne marche pas, ou mal

On préfère te prévenir pour qu’il n’y ait pas de surprise si ça doit t’arriver un jour : la péridurale, aussi super soit-elle, peut ne pas fonctionner sur toi ou seulement d’un côté. Cela arrive lorsque le tuyau qui propage le produit se déplace, lorsque la personne qui accouche bouge, et n’arrive plus au bon endroit. Dans ce cas-là, si on a le temps, on pose à nouveau la péridurale (ce qui peut être pas mal contraignant). Mais t’inquiète pas, ça va bien se passer, on l’a lu dans les étoiles.

4. Tu peux tout à fait accoucher chez toi

En France, l’AAD (accouchement à domicile) est tout à fait possible avec l’aide d’une sage-femme ou un maïeuticien libéral(e) choisi(e) en amont et après un rendez-vous médical déterminant la faisabilité de cet acte. Dans certains cas, l’ADD peut être refusé, comme en cas de diabète gestationnel, d’hypertension, ou de bébé positionné par le siège, mais sinon, il ne devrait pas y avoir de problème. Il faut néanmoins faire attention, car il y a moins d’une centaine de sages-femmes et maïeuticiens pratiquant les AAD en France, ce qui peut rendre cet acte compliqué dans certaines régions. Il faut également réaliser un projet de naissance et un dossier médical dans une maternité à proximité qui serviront en cas de problème.

5. Tu as le droit de demander à accoucher par césarienne

D’après ce que dit la Haute Autorité de la Santé, il est possible d’avoir recours à une « césarienne de convenance », c’est-à-dire, une césarienne programmée qui n’est pas réalisée en raison de problèmes médicaux ou d’une urgence lors de l’accouchement. C’est donc un souhait total de la personne enceinte que de ne pas accoucher par voie-basse. Si demander cet acte est légal, il est fréquent que beaucoup de médecins refusent de le pratiquer à cause des risques que comporte une césarienne en l’absence d’indications médicales ou obstétricales. Pour autant, un ou une médecin refusant une césarienne programmée de convenance est tenu(e) d’orienter vers un confrère ou une consœur, et de proposer un accompagnement personnalisé pour comprendre les motivations de cette demande.

6. il n'est pas obligatoire que ton/ta partenaire t'accompagne

On pense souvent à tort qu’il faut absolument que son/sa +1 soit présent lors de l’accouchement. Tu as effectivement droit de l’emmener, mais tu peux tout aussi bien choisir n’importe quelle personne de ton entourage comme ta mère, ton frère, ton cousin au second degré ou le mec qui a installé la fibre chez toi la semaine dernière. Vraiment, c’est open bar, tant qu’il s’agit d’une personne de confiance (donc pas ton ex qui a dragué la moitié de tes potes).

7. Tu peux à tout moment changer de personne pour suivre ton accouchement

Ce qui est bien quand tu portes la vie, c’est que tu as le droit de faire un peu tout ce que tu veux (en évitant de te mettre des grosses murges ou de t’enfiler un plateau de sushis). Si, du jour au lendemain, tu décides que tu ne veux plus que ton/ta gynéco ou ton/ta médecin généraliste suive ta grossesse, et bien, tu pourras leur dire bye-bye sans que personne ne te dise quoi que ce soit. Et en plus, tu peux récupérer ton dossier médical à n’importe quel moment. Si elle est pas belle la vie !

8. Ça risque de durer un peu plus longtemps que prévu

Toutes nos excuses d’avance pour ce trauma, mais sache qu’après avoir expulsé les 3 kg qui vont désormais te servir d’enfant, tu n’auras pas fini tout le boulot. Eh oui, car il faut ensuite faire sortir le placenta, ce truc qui a nourri ton gamin les 9 derniers mois. Et puis encore après ça, il faut supporter les « tranchées » des contractions post accouchement bien vénères sa mère. Mais promis, après, tu auras un peu de répit (jusqu’à ce que tu te mettes debout du moins).

9. Tu peux partir à n'importe quel moment après avoir accouché

Eh oui, tu n’as aucune obligation de rester 153 ans à l’hôpital si tu préfères rentrer te pieuter chez toi. Même si l’équipe médicale estime que c’est un peu trop tôt et que tu prends un risque, tu pourras partir quand tu le voudras en signant une attestation qui dit que tu as connaissance du danger. Bon après, ne va pas demander à te barrer avant-même d’avoir expulsé ton placenta. Mais voilà, sache que si tu as envie de rentrer un peu plus tôt que prévu, libre à toi.

10. Tu as le droit de refuser tout ce qui te met mal à l'aise ou te cause des douleurs

Que ce soit la présence d’étudiant·es ou d’infirmier·es, un toucher vaginal ou un déclenchement, ou quelqu’un qui fredonne du Francis Cabrel, tu peux à tout moment refuser quelque chose qui te dérange ou te fait mal. N’importe quoi. Les personnes qui s’occuperont de te faire accoucher devront à chaque fois recueillir ton consentement et encore plus si l’acte est invasif (sauf s’il y a urgence ou en cas d’impossibilité de s’exprimer, dans ce dernier cas, on demandera à nouveau l’avis des proches). D’ailleurs, tu peux à tout moment dire que, finalement, tu n’es plus d’accord avec ce qui se passe.

Et voilà, si vous aussi, vous n’avez plus envie d’accoucher, ni même d’avoir d’enfant, ni même de ken, eh bien sachez que je vous comprends. On comprend finalement les femmes enceintes qui abusent. Mais malgré ces vérités sur l’accouchement bien flippantes, ça va bien se passer, je vous promets !

Sources : La Fondation des Femmes, Magic Maman, La Maison des Maternelles.