Dans le football, l’important, c’est les trois points… surtout si le résultat colle avec le pronostic sur lequel on a misé sa chemise. Et pour être sûr de ne pas se retrouver à poil, certains parieurs ont trouvé la combine en achetant l’arbitre, les joueurs adverses ou coéquipiers pour truquer le résultat des rencontres.

1. Marseille – Valenciennes en mai 1993 : à jamais les premiers !

L’OM a toujours eu le sens du vélodrome mélodrame. Une semaine avant de remporter la Ligue des Champions face au Milan AC, le club affronte Valenciennes en Championnat. Un match remporté sans forcer par Marseille avec la bénédiction de plusieurs joueurs nordistes qui avaient reçu leurs étrennes quelques jours avant de la part du père Nanard. Problème, Jacques Glassmann, pris de remords décide de tout balancer à son coach Boro Primorac… La suite, on la connaît. Valise retrouvée remplie de billets au fond du jardin, prison, rétrogradation, interdiction de défendre son titre en Ligue des Champions et annulation du titre de Champion de France 1993. A jamais les premiers !

2. La RFA face à l’Autriche à la Coupe du Monde 82 : comme en 40 !

Ce soir-là, les deux équipes s’affrontent en match de poule de la Coupe du Monde espagnole. Sur le papier, une victoire de l’Allemagne de l’Ouest 1-0 suffit aux deux équipes pour se qualifier pour le tour suivant, écartant au passage l’Algérie. De la théorie à la pratique, il n’y a qu’une poignée de main qui va sceller le sort de la rencontre. Après l’ouverture du score de la RFA en début de match, les 22 protagonistes vont passer 80 minutes à se faire des passes sans même faire semblant de vouloir récupérer le ballon. Une parodie de football qui se solda par une qualification des deux équipes pour le tour suivant, l’Allemagne atteignant la finale en pétant quelques ratiches de Battiston au passage.

3. Le gardien des Reds Bruce Grobbelard face à Newcastle en 1993 : la boulette de trop

L’affaire Bruce Grobbelard a permis de lever une partie du mystère sur le niveau dégueulasse des gardiens de but anglais. Son physique de Freddy Mercury en surpoids n’expliquait pas tout. Le gardien de Liverpool s’est en effet fait gauler en train d’accepter des pots de vin pour faire perdre son équipe. Mis sur écoute, il se vanta notamment d’avoir laissé filer 3 tirs face à Newcastle en novembre 93. Un petit jeu qui lui fit remporter pas mal d’argent, et parfois aussi d’en perdre un paquet. Comme face à Manchester United, où il réalisa un arrêt réflexe sur sa ligne, lui faisant perdre 1 million de francs (150 000 euros), comme il l’expliqua lui-même au téléphone à un de ses proches : «Je suis mon pire ennemi, j’ai fait deux arrêts en aveugle et j’ai perdu 125 000 livres (1 million de francs), j’ai plongé de l’autre côté et la balle a touché ma putain de main. Je n’aime pas perdre et mes réflexes m’ont joué un mauvais tour.»

4. Plateau United Feeders contre l’Akurba FC : victoire 79 à 0

Au Nigeria, quand on truque un match, on ne fait pas semblant ! Pour combler un goal average défavorable, deux équipes de seconde division s’arrangèrent avec leurs adversaires pour leur mettre une pile. Le Plateau United Feeders écrasa l’Akurba FC 79 à 0, pendant que le bien nommé Police Machine FC démolit le Babayaro FC 67 à 0. Lors de cette dernière rencontre, un joueur inscrivit 11 buts, et trois csc furent marqués ! L’enquête est toujours en cours…

5. FC Slutsk contre Shakhter Soligorsk (2015) : le match qui n’a jamais eu lieu !

Pourquoi s’emmerder à soudoyer des joueurs ou des arbitres quand il suffit de parier sur le score de matchs qui ne se jouent pas ? Une martingale qu’ont utilisée des escrocs en pariant sur une rencontre du championnat biélorusse entre le FC Slutsk et le Shakhter Soligorsk. Même si le match n’eut jamais lieu, les deux clubs annoncèrent sur leur site, le résultat attendu par les bookmakers bien informés !

6. Milan AC contre le reste du monde en 1980 : le Totonero

En mars 1980, une descente de police est lancée simultanément au coup de sifflet de plusieurs rencontres de Serie A, aboutissant à l’arrestation de 9 joueurs et d’un dirigeant du Milan AC. Depuis des mois, des paris clandestins étaient organisés à l’initiative des footballeurs eux-même qui refilaient des tuyaux sur les rencontres à venir. Avec plus ou moins de réussite, puisque plusieurs des parieurs dans la combine, perdirent beaucoup d’argent. Au point de décider de moufeter auprès des autorités. Au coeur de ces matchs truqués, le Milan AC et la Lazio furent rétrogradés. 3 autres clubs (Bologna, Avellino et Perugia) débutèrent la saison suivante avec 5 points de pénalité. Quant aux joueurs incriminés, plusieurs furent suspendus, avant que la victoire de la Nazionale lors du Mondial 82 n’en amnistie une bonne partie.

7. Paderborn contre Hambourg (2006) : à mort l'arbitre !

Rapidement menés de deux buts, les joueurs allemands de Paderborn purent compter sur l’aide du 12ème homme qui, pour l’occasion était habillé en noir. Le jeune arbitre Robert Hoyzer leur accorda généreusement 2 penaltys assortis d’un carton rouge sévère à l’encontre de l’attaquant de Hambourg Emile Mpenza. Résultat : victoire finale 4 buts à 2 pour Paderborn et un joli pactole pour l’arbitre qui avait eu la bonne idée de parier sur leur victoire ! Rattrapé par la patrouille, il avoua être en bizzbee avec la mafia croate, qui magouillait avec 3 autres arbitres allemands ainsi que 14 joueurs professionnels. Des ramifications au niveau des compétions européennes furent également suspectées mais jamais clairement identifiées.

8. Caen contre Nîmes en mai 2014 : un match nul qui arrange tout le monde

Match en retard de la 28ème journée de Ligue 2, il ne manque qu’un petit point pour que les Caennais décrochent leur montée en Ligue 1. De leur côté, Nîmes n’a besoin que d’un match nul pour se maintenir. Coup de bol, la rencontre s’achève sur un match nul, les deux équipes refusant quasiment de jouer pendant les 20 dernières minutes. L’enquête ouverte révéla au moins 5 matchs achetés par les anciens propriétaires du Nîmes olympique pour sauver le club de la descente : face à Bastia (0-0), Dijon (défaite 5-1), Brest (1-1), Caen (1-1) et Créteil (1-1).

9. US Cremonese contre Paganese en D3 italienne : les joueurs shootés aux somnifères

Les parieurs n’avaient sans doute pas prévu une victoire 2-1 de l’équipe à domicile. Pour s’en assurer, ils avaient demandé gentiment au gardien de but de verser des somnifères dans les gourdes de 5 de ses coéquipiers. Légèrement amorphes sur le terrain, un joueur fit un malaise au volant de sa voiture en rentrant chez lui provoquant un accident, heureusement sans gravité. L’enquête qui suivit révéla tout un réseau de paris mafieux qui sévissait dans tous les championnats italiens, avec des dizaines de rencontres truquées.

10. Levante contre Saragosse en 2011 : 36 joueurs dans la combine

Le 21 mai 2011, lors de la dernière journée de Liga, le Real Saragosse évite la relégation en remportant son dernier match de la saison face à Levante (2-1) grâce à deux buts de son capitaine, Gabi. Une réussite due en partie par le graissage de pattes de plusieurs joueurs de Levante qui auraient reçu de l’argent liquide versés par leurs futurs adversaires. Au total, 36 anciens joueurs qui étaient sur la feuille de match furent poursuivis en justice, dont l’actuel Parisien, Ander Herrera, tous blanchis depuis. Seuls deux managers de Saragosse ont été condamnés à un an et trois mois de prison ferme.