Vous avez probablement déjà entendu parler d’apnée du sommeil, et vous vous êtes peut-être même dit que le nom était drôle (c’est vrai qu’il l’est). Pourtant, derrière ce terme amusant se cache un syndrome méconnu qui pourrit la vie de pas mal de monde et qui, étonnamment, ne fait pas trop parler de lui. C’est donc parti pour quelques infos sur l’apnée du sommeil, un mal dont vous souffrez peut-être sans le savoir.

1. Déjà, voilà ce que c'est exactement, l'apnée du sommeil

L’apnée du sommeil, en gros, c’est le fait qu’une personne n’arrive plus ou arrive moins bien à respirer pendant son sommeil. C’est dû à une obstruction ou un rétrécissement de la gorge parce que les muscles se relâchent pendant qu’on dort. Les personnes qui souffrent d’apnée du sommeil ont donc des pauses de respiration de 10 à 30 secondes qui peuvent se répéter plusieurs fois par heure et jusqu’à une centaine de fois par nuit. Ça provoque des micro-réveils dont le malade n’a pas conscience, et ces micro-réveils l’empêchent d’avoir un sommeil réparateur. C’est problématique donc.

2. On appelle ça aussi le "syndrome d’apnées–hypopnées obstructives du sommeil" (SAHOS)

Mais bon, qui a réellement le temps de prononcer tous ces mots ? On n’a qu’une vie après tout, alors on va rester sur « apnée du sommeil » pendant toute la durée de ce top.

3. L'apnée du sommeil a des conséquences pas terribles sur la santé

Maintenant vous le savez, l’apnée du sommeil empêche d’avoir un sommeil réparateur. Et les effets du manque de sommeil sur le corps, ils sont bien relous. À court terme, vous allez donc somnoler la journée, avoir du mal à vous concentrer, devenir irritable, manquer de vigilance… Que des trucs qui empêchent de passer une bonne journée et qui peuvent même devenir dangereux, comme quand vous êtes au volant et que vous piquez du nez. Bref, un sommeil de mauvaise qualité, c’est plus que gênant.

4. Il y a aussi des conséquences à long terme

À long terme, les personnes qui font de l’apnée du sommeil peuvent développer des problèmes cardio-vasculaires comme de l’hypertension artérielle ou une insuffisance cardiaque. Et, comme si ça ne suffisait pas, on a remarqué que l’apnée du sommeil était souvent associée au diabète. Rien de très fabuleux, donc. Enfin, j’ai rien contre les gens qui ont des problèmes cardio-vasculaires ou qui font du diabète, mais je préfère personnellement éviter.

5. 5% des Français en souffrent

C’est l’estimation la plus courante, et c’est déjà énorme. Vous connaissez donc forcément des personnes autour de vous qui souffrent d’apnée du sommeil, et ce même si vous n’en aviez jamais entendu parler jusqu’à aujourd’hui.

6. Plusieurs facteurs augmentent le risque de faire de l'apnée du sommeil

En tout premier lieu, c’est le surpoids et l’obésité qui sont pointés du doigt. Environ 70% des personnes qui font de l’apnée du sommeil seraient au moins en surpoids, donc le lien paraît clair. On sait aussi que l’âge joue : 30% des plus de 65 ans souffriraient d’apnée du sommeil. Ensuite, on voit aussi que les hommes sont plus touchés que les femmes, mais que les femmes ménopausées y sont plus sujettes que les autres. Après viennent des problèmes ORL, des anomalies de la mâchoire et de la langue voire du palais. Enfin, l’alcool et le tabac aggraveraient les symptômes. En même temps, l’alcool et le tabac aggravent à peu près tout dans la vie.

7. Il y a des traitements qui fonctionnent bien

L’apnée du sommeil n’est pas une fatalité, mais les traitements sont loins d’être hyper confortables. Pour l’instant, on n’a pas encore de médicament contre l’apnée du sommeil alors les solutions sont plutôt d’ordre mécanique. Il existe notamment une machine à utiliser pendant la nuit pour éviter les apnées ; il s’agit d’un masque qui est alimenté d’un courant d’air continu, ça marche super bien mais c’est bruyant et encombrant. Ça, c’est la solution pour les cas assez lourds, mais il y en a une autre qui consiste à mettre une gouttière dans la bouche qui modifie la position de la mâchoire pendant la nuit. Pour d’autres solutions, il faudra encore attendre un peu.

8. Un malade sur deux ignore souffrir d'apnée du sommeil

Un chiffre que je qualifierais de « saisissant » et qui me fait écarquiller les yeux sans commune mesure.

9. Comment savoir si vous faites de l'apnée du sommeil ?

Il y a plusieurs indices qui peuvent vous mettre sous la piste : si vous êtes souvent fatigués et somnolent la journée, si on vous dit que vous ronflez fort, que vous ne respirez plus pendant plusieurs secondes la nuit, que vous haletez, ça peut être des signes. Si vous vous réveillez avec l’impression d’étouffer, si vous vous réveillez souvent, si vous rêvez que vous vous asphyxiez, que vous nagez sous l’eau en retenant votre respiration… tout ça, ça fait fortement penser à de l’apnée du sommeil.

10. Si vous avez un doute, allez voir le docteur

Votre toubib, après vous avoir posé quelques questions, décidera éventuellement de vous faire faire passer un examen en laboratoire ou à domicile. En gros, vous dormez une nuit avec des capteurs qui analysent votre sommeil et permettent de détecter si vous faites des apnées ou non. C’est le meilleur moyen d’être fixé.

11. Non, on n'a pas besoin de porter un slip de bain pour faire de l'apnée du sommeil

Il me semblait bon de le préciser. Maintenant que vous le savez, vous pouvez aller voir la vidéo de Julien Ménielle et Nota Bene qui parlent de l’apnée du sommeil de ce dernier, c’est hyper intéressant.

Après, vous dormez peut-être juste très mal, et dans ce cas voilà quelques solutions pour mieux dormir. À chaque problème sa solution.

Sources : Ameli, Vidal, Planetesanté, Midilibre, Reseau-Morphee.