Vous avez peut-être raté cette information, noyée dans une actualité tumultueuse et mouvementée, mais Emmanuel Macron, l’actuel président de la France a fait passer dans les journaux une petite annonce de location d’un président d’occasion pour les cinq prochaines années. S’il ne nous appartient pas de juger son quinquennat ou sa personne, nous allons aujourd’hui nous attarder sur ce texte sobrement intitulé « Lettre aux Français » dans une étude exhaustive.

Le tout accompagné par une sélection de photos de Macron en train de péter (et leur contexte).

1. Le titre, sobre mais référencé

Avec le simple « La lettre aux Français », Emmanuel Macron fait deux références assez singulières à la musique : Lettre à Élise de Beethoven qui d’une part rappelle son attachement pour la culture classique et sa fraternité avec l’Allemagne mais également « Lettre à France » de Michel Polnareff qui démontre une certaine modernité et un amour pour la pop culture et les cheveux frisés. Évidemment les plus attentifs remarqueront aussi la référence à « La lettre » du groupe Lunatic, prouvant une fois de plus la passion du président pour le rappeur Booba.

Emmanuel Macron, profitant des applaudissements pour masquer le bruit d'un pet tonitruant

2. Un rappel de son quinquennat

Le premier paragraphe rappelle sommairement nos cinq ans passés ensemble : pandémie, guerre, terrorisme, violences… Sans forcément parler de crises populaires comme celle des gilets jaunes, de scandales politiques, de mises en examens de ministres ou des nombreuses manifestations (infirmiers, instituteurs, mouvements sociaux…) qui ont rythmé les cinq dernières années.

Probablement un simple oubli.

Emmanuel Macron, expliquant un projet de loi tout en pétant oklm (la joie est palpable)

3. "Tout cela nous a permis d’être crédibles et de convaincre nos principaux voisins de commencer à bâtir une Europe-puissance, capable de se défendre et de peser sur le cours de l’Histoire."

C’est dommage parce que la phrase est bien.

Elle est fausse mais elle est bien.

Le problème du timing quoi, la tuile. Sortir ça après une semaine de guerre en Europe c’est dommage, on est au deuxième paragraphe et déjà on pourrait être tenté de ne plus y croire, mais attendez, il reste des trucs à dire. Et dans le pire des cas « Europe-puissance » peut devenir le nom d’un collectif d’artistes d’électro originaires de plusieurs pays. Et ça c’est déjà une victoire, une victoire de la musique.

4. "Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment."

Le paragraphe suivant revient sur les erreurs du gouvernement pendant le quinquennat. Enfin il revient dessus c’est vite dit puisque Macron décide finalement de n’en citer aucune, c’est plus facile comme ça. Et puis la phrase d’après c’est grossièrement pour dire que les choix opérés étaient les bons.

Ça revient à dire « Ok papa j’ai éclaté ta voiture en roulant n’importe quoi, mais regarde j’ai ramené du pinard ».

Emmanuel Macron se penchant pour péter, comme font les professionnels afin d'éviter que le bruit soit trop fort sur la chaise.

5. "L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance."

Boum. Lâché de micro. Ici Macron fait le choix de se démarquer des candidats qui prennent comme cheval de bataille la nostalgie d’une époque révolue et de se placer face à l’avenir. Dans le milieu on appelle ça « chier sur quelqu’un », et ici il s’agit évidemment de certains candidats d’extrême droite. C’est fort mais ça reste une phrase, qui plus est une phrase de politicien, donc n’essayez pas d’y voir une once de vérité.

Emmanuel Macron retirant son masque pour découvrir si son pet n'était pas trop odorant.

6. "Il n’y a pas d’indépendance sans force économique."

Le but et les moyens. On veut être indépendant (le but) : il nous faut une force économique (les moyens). Et pour atteindre cet idéal Emmanuel Macron donne la solution : travailler plus et faire baisser les impôts mais aussi « investir dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans certains secteurs« .

En gros miser de la thune sur des trucs qui ne sont pas forcément prioritaires et polluent un max mais où on aura une chance d’être les premiers. Parce que finalement c’est ça l’essentiel, montrer qu’on en a une plus grosse que les autres pays. Une bonne grosse force économique.

7. "Continuer à moderniser notre agriculture" : le point écologie

L’écologie est un point capital des enjeux de notre monde, dans le sens où si on continue dans cette direction on va tous crever. Sur l’échelle de la priorité vous avouerez donc que oui, c’est plutôt haut placé. Que veut dire continuer à moderniser notre agriculture par exemple ? Pour Emmanuel Macron ça peut se traduire par « Glyphosate pour tout le monde ». Matin, midi et soir. Même la nuit en fait. Le pesticide le plus dégueulasse du monde dans vos assiettes, pour manger des beaux aliments.

8. "C’est à la condition de cette reconquête productive par le travail que nous pourrons préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant et qui a fait ses preuves."

Ce « modèle social » auquel fait référence le président c’est le quotidien qu’on a en gros : les inégalités, la haine, la pauvreté, la misère sociale, la violence et la pollution. Ce que nous propose donc Macron c’est de travailler plus pour garder tout ça. Est-ce qu’on a envie de le préserver ? Est-ce qu’on tient à ce modèle ? Est-ce qu’il a fait ses preuves ?

Concrètement la même réponse s’applique à ses trois questions, mais là où le président est malin c’est qu’il ne l’écrit pas sous forme de question mais sous forme d’affirmation. Du coup pas de débat possible.

Emmanuel Macron marchant en pétant, d'où le nom de son parti en marche.

9. Le progrès, toujours le progrès

Alors il faut faire gaffe parce que nous, cons que nous sommes, aurions tendance à penser que le progrès c’est le fait d’arriver à vivre ensemble, de moins polluer, de remettre l’égalité entre les gens au devant des préoccupations et d’oublier les querelles stupides.

Mais en fait non, le progrès dans la langue d’un politique c’est la thune qu’on gagne, c’est l’économie du pays. Du coup forcément là dessus le progrès n’est pas génial et c’est évidemment de notre faute vu qu’on est des gros fainéants qui ne foutons rien.

Emmanuel Macron ramenant à lui l'odeur de son pet pour en profiter au maximum.

10. Nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger toujours trop tard qu’en nous y attaquant à la racine.

Ouais alors là on pourrait facilement penser qu’il a une solution facile pour réussir ça mais quand on y prête attention deux secondes et qu’on analyse la phrase, le message est assez flippant : il propose carrément de tuer les pauvres à la naissance.

Enfin peut-être, j’avoue que les analyses c’est pas vraiment mon fort, j’avais prévu de faire un top sur le gouda à la base.

11. "Nous avons baissé les impôts de manière inédite"

On pourrait l’attaquer sur ce point, mais ce serait oublier qu’il a supprimé l’ISF, ce qui était d’une part une baisse des impôts, et d’autre part un truc inédit. Donc en vrai il dit la vérité, pas celle qu’on a envie d’entendre mais la vérité quand même.

Emmanuel Macron réfléchissant à s'il peut péter ou si c'est peut-être plus qu'un pet.

12. "Ensemble, nous pouvons faire de ces temps de crises le point de départ d’une nouvelle époque française et européenne."

Dernière phrase de cette lettre avant la classique « vive la république, vive la France », cette dramatisation de la situation et promesse d’une amélioration est très importante. En substance elle permet de dire qu’il faut avancer ensemble face aux jours sombres à l’horizon mais en réalité elle vous demande juste de faire un seul truc : voter pour lui.

Il aurait écrit « allez les frères votez pour moi je vais vous mettre bien » c’était pareil. À vous de voir du coup, si vous avez du mal à vous décider je vous conseille la chaine de Mcfly et Carlito, ça aide à faire un choix.

Emmanuel Macron montrant à Boris Johnson où il vient d'aller péter et l'invitant à faire de même pour respecter les accords de Montpellier.

On dit que les promesses n’engagent que ceux qui y croient, c’est d’autant plus vrai en politique. Vous avez l’impression que tout ce qui est dit dans ce « programme » est en réalité un doublon de son programme d’il y a cinq ans ? Vous sentez que finalement il y a un demi aveu d’échec mais que celui-ci est vite balayé et que le coupable désigné est en réalité la pandémie ? Oui. Reconnaitre un échec c’est louable, mais ça fragilise, du coup c’est toujours mieux de le faire en disant « ouais on a merdé, mais c’est pas notre faute », là c’est plus malin.