On en parle peu parce qu’on est tous confinés et occupés à applaudir les soignants, mais un incendie s’est déclaré dans la zone de Tchernobyl la semaine passée. Et cet incendie pourrait très très clairement gagner les infrastructures nucléaires restantes de la centrale, entraînant donc une hausse de la radioactivité importante. Un danger de ouf pour lequel on ne peut pas faire grand’chose, nous, rapport au fait que sur l’attestation y a pas marqué « déplacement pour cause d’envie d’aller aider les pompiers ukrainiens à sauver le monde », mais qui nous intéresse quand même au premier chef (même si c’est connu, les nuages radioactifs ne passent pas la ligne Maginot donc en France on est tranquilles).

1. C'est le pire incendie jamais vu dans la région

Du moins, c’est ce que dit Greepeace, qui considère que l’incendie est situé à 1,5 km de la centrale, en pleine zone d’exclusion de la centrale qui a pété en 1986. Selon l’ONG, le feu n’est absolument pas maîtrisé à l’heure actuelle et pourrait menacer les déchets radioactifs. Par ailleurs, le directeur du Centre régional de suivi des incendies en Europe de l’Est affirme que le feu est immense et qu’on peut difficilement prévoir comment il va évoluer.

2. L'incendie s'est déclaré le 7 avril

Cela fait donc une semaine qu’il prolifère près de la centrale sans être totalement maîtrisé. On n’en est pas à l’ambiance incendies en Australie de janvier 2020, mais on peut commencer à parler d’incendie qui perdure quand même, d’autant que l’Ukraine est balayée par des vents violents qui n’aident pas les pompiers à faire leur travail.

3. On comprend mal de quelle ampleur est l'incendie

En gros, il y a une guerre de communication entre le gouvernement les ONG. Pour les autorités ukrainiennes, ça va. Le 7 avril, date où s’est déclenché l’incendie, le territoire touché n’excédait pas 35 hectares. Depuis, elles n’ont plus donné de chiffres. Mais pour le centre de suivi des incendies, le feu s’est propagé sur 20.000 hectares et se situe désormais à 1,5 km de la centrale.

4. C'est un jeune du coin qui a fait ça "pour se marrer"

Il a 27 ans et voulait voir « ce que ça faisait de foutre le feu à l’herbe ». Bah maintenant il le sait : ça fait flipper l’Europe entière. Sa petite blague pourrait lui coûter 5 ans de prison pour destruction de l’environnement. On rigole pas avec l’environnement en Ukraine.

5. Les autorités se veulent rassurantes, mais ça marche moyen

Elles ne cessent de répéter qu’il n’y a aucun danger pour la centrale, pour les déchets et pour les infrastructures. Et elles le répètent tellement que ça en devient super suspect, d’autant que tous les acteurs non-étatiques les contredisent. Par exemple, un responsable d’une asso assurant des visites guidées sur le site de Tchernobyl affirme que la ville de Pripiat, voisine de la centrale et évacuée depuis 1986, était touchée. Ce n’est pas la même limonade.

6. D'ailleurs, l'incendie rehausse les taux de radioactivité. Ah en fait non. Ah en fait si. Ah en fait non.

Lorsque l’incendie s’est déclaré, le chef de l’inspection écologique a affirmé que les relevés radioactifs montraient une hausse sans précédent du niveau de danger à l’épicentre de l’incendie. Mais depuis, il s’est ravisé et a dit qu’en fait tout allait bien. C’est rassurant de voir que les autorités ont un discours clair.

7. Il y a environ 400 pompiers déployés pour circonscrire et maîtriser le feu

Pour l’heure, l’idée est d’éviter la propagation. On a donc envoyé des hélicoptères et des Canadairs dans l’idée d’éviter toute propagation. Mais ces pompiers sont de ce fait exposés à une radioactivité importante, le site de Tchernobyl continuant de présenter des risques pour la santé publique. Les témoignages des rescapés de Tchernobyl en 1986 font froid dans le dos.

8. Macron n'en a pas parlé dans son discours

Cela dit, si jamais l’incendie faisait exploser le niveau radioactif de l’Europe, on en aurait de bonnes raisons de rester confinés jusqu’au 11 mai 2055. J’espère que vous vous sentez bien chez vous.