Les violences éducatives ordinaires, ou les VEO pour faire plus court, sont les violences physiques ou morales que subissent les enfants et qui sont considérées par les parents comme des actes anodins destinés à faire obéir ou à éduquer leur progéniture. Mais entre actes violents et violence éducative ordinaire, comment connaître la différence ?

1. Quelles sont ces violences ?

Difficile de parfois faire la différence entre une violence et une aide à l’éducation de son enfant. Surtout quand ce dernier ne veut rien écouter, n’en fait qu’à sa tête, et qu’en tant que parent, on peut vite se retrouver dépassé. Mais avant de crier sur l’enfant ou de lui mettre une fessée, il faut impérativement se poser la question : est-ce que ces actes vont vraiment servir à éduquer Jean-Raymond ? Si votre enfant ne s’appelle pas Jean-Raymond, posez-vous également la question : qui est Jean-Raymond ?

2. Quelles sont les violences corporelles ?

Elles sont nombreuses, et ont plusieurs niveaux, tout en étant aussi dangereuses pour les gamins. Elles englobent tout ce qui peut faire mal à l’enfant, comme une fessée, une gifle, pincer la peau, tirer les cheveux ou les oreilles, mettre des tapes sur les mains, secouer l’enfant ou encore le priver de nourriture.

3. Quelles sont les violences psychologiques ?

Elles sont plus difficiles à établir. Humilier un enfant, se moquer de lui, user du chantage, crier, l’insulter, le priver d’affection, menacer de l’abandonner, le culpabiliser… Toutes ces choses sont des violences éducatives.

4. Est-ce ces VEO sont légales ?

Non, elles ne le sont plus, depuis juillet 2019. Depuis cette date, le Parlement a adopté une loi proposée et votée par l’Assemblée nationale qui proscrit les violences physiques et psychologiques. De plus, dans les carnets de santé, se trouvera bientôt la mention « l’autorité parentale doit s’exercer sans violence physique ni psychologique ».

5. Quelles sont les conséquences de ces VEO sur les enfants ?

Pour les enfants, des actes et des mots qui peuvent paraître anodins, peuvent avoir des conséquences psychologiques importantes, comme le manque de confiance en soi, la dépression, les phobies, des troubles de l’attention, et une agressivité chez l’enfant. Ces actes ne sont pas sans conséquence.

6. De nombreux parents ne se rendent pas compte des VEO

Une phrase ressort souvent de la part des parents : « une petite fessée n’a jamais fait de mal à personne ». Or, comme le dit très justement le Dr Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie : « Quand bien même une tape ou une gifle n’aurait pas de conséquences sur une personne, en aucun cas cela ne justifierait de l’avoir donnée. L’absence supposée de conséquences n’est pas un argument pour ne pas qualifier un acte de violent, l’intention suffit. »

7. De l’aide pour les parents est possible

Il peut être compliqué pour les parents, surtout pour ceux qui ont subi eux-mêmes ces VEO dans leur enfance sans avoir connaissance de ce que ça impliquait, d’arrêter de reproduire ces actes. Il existe des aides possibles, comme à la CAF, dans les PMI, les crèches, chez les médecins ou les pédiatres. Il ne faut pas avoir honte et de pas hésiter à demander à se faire aider.

8. Les VEO ne sont pas irréversibles

Si vous faites subir des VEO à vos enfants et que vous venez de prendre conscience de cela, ce n’est pas trop tard. Les VEO ne sont pas irréversibles, et il n’est jamais trop tard pour adopter une éducation bienveillante et non fondée sur la violence.

9. Combien de parents sont concernés ?

Selon la Fondation pour l’enfance, 85 % des parents auraient des recours à des VEO, et jusqu’à 9 parents sur 10 donneraient des fessées. Quant aux « petites gifles », elles seraient admises par 2 tiers des parents. Enfin, pour les claques, elles concerneraient un parent sur 2. Il est important aussi de souligner que, toujours selon la Fondation pour l’enfance, 2 parents sur 3 admettraient manquer d’autorité avec leur enfant.

Si vous êtes concernés par les Violences Éducatives Ordinaires, n’hésitez pas à demander de l’aide.