Vous avez déjà entendu parler du coronavirus ? DU CORONAVIRUS ? DU COVID-19 QUI TUE DES GENS ET MENACE NOTRE ECONOMIE ? VOUS SAVEZ QU’IL FAUT TOUSSER DANS SON COUDE ET NE PLUS FAIRE LA BISE ? VOUS LE SAVEZ ? VOUS LE SAVEZ OU VOUS VOULEZ QU’ON VOUS LE RÉPÈTE ? VOUS VOULEZ QUOI ? QUE TOUT LE MONDE TOMBE MALADE ET QU’ON CHOPE UNE BONNE GROSSE CRISE ECONOMIQUE ? C’EST CA ? C’EST CA ?

Non, parce qu’évidemment, l’épidémie de coronavirus a des conséquences économiques : y’a des gens qui profitent du coronavirus pour faire de la thune, et d’autres qui en profitent pour tout perdre.

1. Le cours de l'or augmente

Il a pris environ 5% depuis le début de la crise. La raison est simple : les gens qui ont du fric et ont l’habitude d’investir flippent et se retournent vers l’or qui est une valeur refuge dont le cours ne peut pas vraiment s’effondrer. Ils achètent donc de l’or, beaucoup d’or, dans l’idée d’avoir toujours plus de fric. Et comme l’économie mondiale repose sur l’offre et la demande, bah le cours de l’or grimpe. Tout simplement. C’est un phénomène que l’on retrouve à chaque grande crise sanitaire ou sociale mondiale. La ruée vers l’or, quoi.

2. L'ail flambe

La Chine a considérablement réduit leurs exportations d’ail. Or, 80% de la demande mondiale en ail vient de Chine. Donc la baisse des volumes entraîne forcément une raréfaction du produit et donc une augmentation des prix. Aux Etats-Unis, le prix de l’ail a augmenté d’environ 30% en février 2020 comparé à l’année précédente à la même période. De ce fait, l’Espagne, principal producteur en Europe, a vu ses exportations augmenter significativement, mais la production n’est pas suffisante pour couvrir la demande.

3. Le prix des masques et les gels hydroalcooliques augmentent

A tel point d’ailleurs qu’une enquête a été diligentée pour mettre le hola sur ce délire spéculatif et que la présidence de la République a annoncé un encadrement des prix de vente des masques et gels.

4. En Chine, les denrées alimentaires et surtout les légumes frais sont de plus en plus chers

Les prix à la consommation des denrées alimentaires sont à leur plus haut en Chine depuis 2011, en hausse de 20,6%. La faute aux mesures de confinement qui perturbent le cycle naturel de l’approvisionnement, entraînant des logiques de stockage et donc de raréfaction des produits. Et comme il est plus difficile de stocker les légumes, ceux-ci ont pris une valeur inhabituelle avec des hausses allant jusqu’à 20%.

5. Amazon aussi profite du coronavirus

Des augmentations allant jusqu’à 150% : Capital a repéré une flambée des prix des masques chirurgicaux vendus sur Amazon en plein coeur de la crise. D’une semaine l’autre, les prix de certains lots est ainsi passé de 17 à 43 euros juste comme ça, pour le plaisir de faire plaisir. Inutile, j’imagine, de rappeler que les masques chirurgicaux ne sont pas utiles si l’on n’est pas soi-même contaminés.

6. Les panneaux solaires pourraient devenir plus chers

L’épidémie de coronavirus en Chine a entraîné une pénurie de wafers et de verre solaire, ce qui pourrait faire grimper assez rapidement le prix des composants des panneaux, pour la plupart fabriqués en Chine, et donc une hausse générale du prix des dispositifs. La reprise serait à prévoir pour le troisième semestre.

7. Le prix des télés et des téléphones va augmenter en Inde

Les fabricants électroniques indiens sont extrêmement dépendants de leurs fournisseurs chinois. Les smartphones indiens sont composés à 85% de composants venus de Chine (75% pour les télés) ; or, l’épidémie ayant affecté la production de ces composants en raison d’une baisse significative de production, leur prix augmente de 2 ou 3%. Ce qui pourrait donc à terme se répercuter sur les consommateurs.

8. Le cours du fenouil décolle au Cap-Vert

Au Cap-Vert, où la population chinoise est importante, un message venu du Brésil et affirmant que le fenouil permettait de se prémunir contre le virus a circulé un peu partout, faisant littéralement exploser la demande et flamber les prix. Vous avez bien lu : flamber les prix du FENOUIL. Malgré les dénégations des autorités sanitaires brésiliennes et cap-verdiennes, le phénomène reste d’actualité, ce qui fait qu’on aura du mal à se faire une bonne salade de fenouil si on se trouve à Mindelo.

Heureusement, il y a des bonnes nouvelles avec le coronavirus, parfois. It’s the economy, stupid.