Autant certainstermes écologiques sont flous et difficiles à comprendre, autant le terme « écologie » est désormais admis, compris et important pour tous… Ah… Pardon… On me dit dans l’oreillette que certaines personnes n’ont toujours pas pigé le concept. Alors oui, effectivement, les habitants de Dubaï en font partie, mais pas que. Si je vous dis muscles, championnat, transpi, gros stades et voyages en avions ? BINGO ! Les sportifs ! Pas tous hein, mais quand même…

1. Le tour de France balance des litres d'eau sur le bitume

Le tour de France 2022, c’est en ce moment, en pleine canicule. Résultat de ces (très) fortes chaleurs : le bitume chauffe. Beaucoup. La température aurait même avoisiné les 70°C au sol en Occitanie. Alors que l’Aveyron, le Tarn ou la Haute-Garonne sont sous restrictions de l’usage de l’eau pour raison de sécheresse, les organisateurs du tour, eux, ont décidé de balancer de l’eau sur les routes pour refroidir le goudron avant le passage des coureurs. Au total, ce sont 10 000 litres qui ont été déversés pour la bonne tenue de la course (et c’est pas fini !). Ah, mais vous comprenez, on ne va quand même pas reporter/annuler une étape ou la compétition, ce serait trop compliqué. Non, continuons de dépenser sans compter les ressources de la Terre, on est large.

2. Les terrains de foot gaspillent des litres et des litres d'eau à la seconde

Dans la discipline du « je dépense de l’eau à tire larigot », je demande désormais… Le foot. D’après la Fondation du Football, environ 100 milliards de litres sont utilisés chaque année en France (oui, juste en France) pour entretenir les terrains de gazon naturel. 3171 litres par seconde. On peut aussi y ajouter les pesticides utilisés pour l’entretenir, les désherbants et l’utilisation de tondeuses thermiques.

3. La construction de stades climatisés au Qatar

Impossible de vous parler de foot sans aboutir sur LE sujet des stades climatisés au Qatar. Par où commencer ? La Coupe du Monde 2022 aura lieu à quelques dizaines de kilomètres à vol d’oiseau du nord du désert de Rub-al-Khali, l’une des destinations les plus chaudes du monde. Problème : la construction des infrastructures nécessaires. 6500 migrants seraient morts sur leur chantier, à cause des chaleurs intenses notamment. Outre ce désastre humain, le désastre écologique. Pour rafraîchir le lieu et assurer le confort des joueurs et spectateurs, des climatisations à ciel ouvert sont mises en place. C’est la cata.

4. ... Et les constructions laissées à l'abandon

Le pire, dans tout ça, c’est qu’une fois ces événements sportifs passés, les infrastructures qui ont bien niqué la planète et nos portefeuilles se retrouvent laissées à l’abandon. Les constructions des Jeux de Rio (2016), d’Athènes (2004) ou encore le Maracana de Rio de Janeiro, rénové pour la Coupe du Monde 2014, tombent en ruine. Les photos de l’article juste en dessous glacent le sang. Vraiment.

5. Les JO d'hivers dans des pays sans neige

Lors des derniers Jeux de Pékin, par exemple, des centaines de canons ont été déployés, soit… 185 millions de litres de neige artificielle. Quelle belle idée ! Quoi de plus beau, de plus malin et responsable que d’emmener de la neige dans des pays où il n’y en a pas, simplement pour quelques jours de compétitions sportives ? Joie, bonheur, écologie et sens des priorités. On notera également cette vue poétique sur une ancienne centrale nucléaire. Douceur, volupté, radioactivité.

Les Jeux d’hiver débutent mercredi. La Chine vante l’utilisation de technologies vertes. Mais ces JO pourraient être les moins durables de l’histoire.

Posted by Le Monde Sport on Tuesday, February 1, 2022

6. Les sports automobiles

Moteur qui ronfle, pots d’échappement qui fument, odeur d’essence et morceaux de pneus, welcome sur un circuit de course. Ici, les voitures roulent vite, les jeux de pneus se changent plusieurs fois par course et le mot « écologie » semble tout droit venu d’une planète dont on ne maîtrise pas le langage. Bienvenue, puisse votre séjour avoir le goût d’un bidon d’huile du moteur.

« Je comprends la passion des supporters car cela fait partie de nos plaisirs, malgré tout très individualistes,...

Posted by Reporterre, le quotidien de l'écologie on Monday, January 27, 2020

7. L'empreinte carbone des compétitions en tout genre

En fait, au sens large, ce sont la très grande majorité des événements sportifs qui polluent grandement. Réfléchissons-y un peu, et prenons les JO pour exemple. Pour les Jeux 2024, on attend la participation de 206 pays. En comptant que par pays, ce sont des dizaines et des dizaines d’athlètes, de membres de staff, et de supporters qui se déplacent en avion. Boom l’empreinte carbone. Ajoutons la construction d’infrastructures pour l’événement, la production de déchets liée au BTP et les transports de matériaux, la consommation électrique avant et pendant l’événement, et les déchets liés ou laissés par les spectateurs. Le bilan est catastrophique. C’est aussi vrai, à différentes échelles, pour les événements mondiaux ou nationaux. Pour vous donner une idée, en France, chaque année, ce sont 2,5 millions de manifestations qui sont organisées. Imaginez à l’échelle mondiale.

8. Le tennis et ses balles qui polluent

Par rapport aux autres chiffres, ce constat parait moins effrayant, et pourtant. Selon la Fédération des Industriels et des Fabricants d’Articles de Sport, ce sont 14 millions de balles de tennis qui sont vendues chaque année, en France. Constituées de feutrine textile et de caoutchouc, leurs matières mettent plusieurs siècles à se dégrader. 2500 ans, exactement. On ne s’en rend pas bien compte, mais le tennis est en fait… Le 4e sport le plus polluant du monde, derrière le sport automobile, le ski et le golf. Le jour où on va se prendre un revers de la Terre, on va moins rire.

Finalement, même les sports « écolos » (genre, le vélo) ne sont pas si écolos que ça. En vrai, faites du Yoga, hein. C’est chiant, mais ça respecte la planète.