L’écologie qualifie au départ la science qui étudie la nature. L’écologisme, c’est la doctrine politique qui défend un courant de pensée s’inscrivant dans la protection de l’environnement. Nuance. Il y a donc une science et une influence. Aujourd’hui la frontière entre ces deux concepts est devenue poreuse, on se dit « écolo » sans forcément être militant, mais par le simple fait qu’on achète des produits catalogués « écolo ». Alors forcément, vous imaginez bien que tout ce marketing vert nous emmène sur la pente glissante du bullshit et du greenwashing (tactique marketing consistant à communiquer sur les vertus soi-disant écologiques d’une entreprise, alors qu’en fait ce sont des gros mythos). On jette un œil là-dessus sans se faire mal.

1. Les produits dits "biodégradables"

Sur ce point on a besoin de quelques explications pour éclairer le topo. De base on peut distinguer 3 arguments : compostable, recyclable, et l’objet de tous nos maux… le biodégradable. Pour qu’un produit soit biodégradable il faut qu’il soit conçu à partir de matière organique susceptible de se dégrader dans la nature sans la polluer (comprenez : l’eau, la terre, l’air libre etc.) et dans une durée relativement courte.

Attention, si un produit compostable est forcément biodégradable, l’inverse n’est pas toujours le cas (pour que ce soit, le cas, il faut que 90 % de la masse initiale puisse être biodégradée en moins de 3 mois). La nuance réside dans le fait que les produits biodégradables nécessitent l’action de micro-organismes pour agir sur leur dégradation. Cela dit, qu’ils soient « compostables » ou « biodégradables », les produits nécessitent l’action d’un traitement au niveau industriel. N’espérez pas que ça se dégrade tranquillou dans votre jardin.

Pour la faire courte, on sait que le plastique c’est le plus grand mal des temps modernes (ça et les gens qui disent « la Covid »). Du coup à la place, on nous a mis des sacs « compostables », « biosourcés », « biodégradables » et tous ces termes qui nous mettent des paillettes vertes dans les yeux afin de nous dé-cul-pa-bi-li-ser. Pourtant, ces alternatives qui se revendiquent écolo peuvent être tout aussi polluantes que le plastique classique selon leur mode de production.

Notez par ailleurs, qu’en Belgique on a supprimé la mention « biodégradable » sur les produits pour éviter toute confusion chez les consommateurs.

Plus d’infos à retrouver sur France Inter, l’ADEME, et Futura Sciences.

2. Globalement, le recyclage

On s’inscrit dans la suite de ce premier point avec le recyclage. Bien sûr tout le monde serait choqué à l’heure actuelle de ne plus recycler ses déchets. Et finalement, c’est plutôt une bonne nouvelle. Mais ce qu’il faut savoir c’est que 20 % seulement des matières recyclables sont recyclées (en France). Or, ce processus de recyclage au niveau industriel représente une forte empreinte carbone. OK MAIS ALORS ON FAIT KOUA ? Evidemment, continuez de recycler. Mais le plus important c’est surtout de limiter son stock de déchets, pour cela il suffit d’acheter des produits qui ne sont pas suremballés (voire pas emballés du tout). Bon courage, mais t’inquiète on a les conseils pour passer au zéro déchet.

3. Les steaks de soja

C’est le truc à la mode qui nous sert là encore à nous déculpabiliser en annulant le concept de manger de la viande… Tout en faisant comme si on mangeait de la viande quand même. Bon soyons d’accord, c’est surtout de la connerie en steak, soit tu manges de la viande soit tu n’en manges pas. D’autant plus que le soja est lui aussi un ingrédient dont la culture représente un fort impact pour l’environnement et qui est responsable en grande partie de la déforestation au Brésil notamment. Donc oui c’est bien de moins manger voire de ne plus manger du tout de la viande, mais les alternatives véganes qui sont tout aussi polluantes sont loin de représenter de vraies solutions.

4. L'avocat

SUUUUS A L’ENNEMIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! L’avocat, c’est bon pour la santé et pour les papilles mais pour l’environnement, c’est une horreur absolue qui consomme beaucoup trop de flotte. Si vous aviez encore un doute on vous a parlé sur ce top des raisons de haïr les avocats. En plus on sait jamais quand ils sont mûrs donc cé mor.

5. Les vêtements en coton

« Hey, salut Virginie, t’as vu mon nouveau pull ? C’est du 100 % coton ! Tu vois, moi je suis quelqu’un de bien pas comme toi sale déchet qui s’habille avec des vêtements en plastique et qui détruit la planète en plus d’être laide ». Alors Virginie, n’hésite pas à envoyer bouler la vilaine personne qui te cause tant de souci à la pause café. Le coton, c’est pas écolo DU TOUT. Ça consomme beaucoup d’eau (29 000 litres pour un kilo de coton face à 900 litres pour un kilo de blé). Donc laissez tomber, le coton est à l’image de l’industrie textile : un enfer.

Crédits photo (Domaine Public) : David Nance, USDA ARS

6. Les super-aliments

Les super-aliments ne sont pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire des aliments avec une petite cape qui sauvent les gens d’une possible agression dans les rues sombres de la capitale. Non en fait ce sont des aliments très nutritifs. Le problème c’est que le fait de faire nommer « super-aliments » donnent l’impression qu’ils sont super bien pour nous et qu’on vivra 20 ans de plus en se gavant de baies de goji du matin au soir. Or les super-aliments, c’est bien, mais c’est pas mieux qu’une bonne vieille carotte. Restez stable.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Myrabella

7. Les aliments crus

Encore une mode alimentaire sympa sur le papier mais qui est un peu bidon. Les légumes crus peuvent être bons pour la santé certes, en revanche ils ne sont pas forcément meilleurs et beaucoup de légumes gagnent en vitamines lors de la cuisson (c’est notamment le cas des brocolis, des choux et des tomates). Le mieux c’est surtout d’alterner cru/cuit, cu/cruit quoi.

8. Les aliments "bio". Juste "bio".

OK les gars c’est pas de votre faute. Il est tout à fait normal que vous soyez portés sur le « bio ». Et d’ailleurs c’est plutôt une bonne chose en principe. Le problème dans cette appellation, c’est qu’elle est utilisée à tort et à travers. Et globalement, acheter « bio » des produits en supermarché suremballés et importés de l’autre bout de la planète, c’est pas fifou. Bref ne vous faites pas avoir, si vous voulez manger correctement, fuyez les supermarchés, achetez des produits de saison issus de circuit court, directement au producteur. Promis, c’est pas si compliqué.

9. Laver la vaisselle à la main

Bon là-dessus il y a différents paramètres à prendre en compte. Si tu vis seul.e et que tu utilises un lave-vaisselle pas rempli, tu peux clairement remporter un aller simple pour l’enfer. Si tu as une famille de 4 personnes ou plus, le lavage à la main va à l’inverse s’avérer plus consommateur de flotte qu’un tour de lave-vaisselle surtout si celui-ci est récent et dispose d’une bonne classe énergie. A voir donc selon vos habitudes et vos usages. Si vous êtes vraiment fortiches vous serez peut être capables de consommer moins de flotte en lavant à la main vos 17 assiettes, mais le plus souvent on laisse couler le petit robinet inutilement et c’est moche.

Source photo : Giphy

10. La lessive liquide maison

C’est certes moins dégueu pour l’environnement mais la lessive DIY peut s’avérer quelque peu contraignante. Déjà, on a tendance à l’utiliser en plus grande quantité, mais en plus elle peut encrasser les canalisations. Donc le mieux c’est encore d’utiliser de la lessive en poudre ou tout simplement une cuiller de Percarbonate de soude. IZI. Et en attendant tu peux toujours checker notre sélection d’objets écoresponsables.

Et on en parle des paradoxes d’écolo ? Je suis sûre que vous vous reconnaîtrez dedans.