Influenceur, Youtubeur, ou prof de zumba : des métiers qui n’existaient pas il y a dix ans, et qu’on retrouvera, peut-être, un jour, dans nos livres d’histoire. Enfin, pas nous, mais les enfants, des enfants, des petits-enfants de nos enfants. Enfin, si la planète n’a pas explosé d’ici là. Bref. Certes, plein de nouveaux métiers apparaissent autour de nous, mais savais-tu que tu croises aussi, tous les jours, des boulots qui existent depuis la nuit des temps ? Ou au moins depuis très longtemps. Genre qui sont plus vieux que Jésus, et qui pourtant, sont toujours là. Spoiler : le deuxième va t’étonner.

1. Les travailleurs du sexe

« La prostitution est le plus vieux métier du monde » : une phrase qu’on a tous lue ou entendue, au moins une fois. S’il est difficile de l’affirmer, une chose est sûre : la prostitution est bien l’un des plus vieux métiers connus.

Déjà, on va poser les bails direct : les prostitués ne sont pas que des femmes. Depuis les premières allusions à la profession dans l’histoire, on parle de « prostitués des deux sexes« . Ceci étant dit, nous pouvons commencer.

Il faut remonter à l’époque antique pour relever les premières références à la prostitution. Sur les tablettes de Gilgamesh, déjà, on y fait référence (et le truc n’est pas tout jeune : c’est l’une des plus anciennes œuvres littéraires au monde. Elles auraient environ 3500 ans, et remonteraient à l’époque du roi d’Ourouk en Mésopotamie.) A l’époque, il n’y a pas encore de question d’argent : les faveurs sexuelles sont encadrées par la religion. On parle de « prostitution sacrée« .

La prostitution définie comme nous la connaissons aujourd’hui, soit des pratiques sexuelles rémunérées, reste très ancienne : dès le IIe siècle avant JC, les prostitués sont inscrits sur un registre spécial, et doivent posséder une licence d’exercice.

À partir du moyen-âge, la profession est réellement encadrée. La pratique est jugée naturelle, mais les « filles de joie » doivent porter une tenue vestimentaire particulière, pour les différencier des autres femmes. Oui, une règle appliquée seulement aux femmes. En cause : à partir de ce moment de l’histoire, la prostitution masculine est tue, cachée, gardée secrète. L’égalité homme-femme lalalalalalaaaaa.

Changement de mentalité à l’époque moderne : à partir du XVIe siècle, le métier entre dans le registre de la clandestinité. Les professionnels du sexe sont alors pourchassés, emprisonnés et parfois même, bannis. Les prostitués sont accusés de propager les maladies sexuellement transmissibles. Aujourd’hui, ce métier est toujours considéré comme clandestin en France alors que bon c’est le plus vieux métier du monde quoi.

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2. Tailleur de pierre

Alors ok, ça ne court pas les rues. Mais quand même, ça existe encore. Et qu’on se l’avoue, ça claque comme métier. Alors oui, tout de suite, on pense plus à Obélix qu’à un jeune cadre dynamique. Pourtant, c’est une profession en vogue.

Plus communément, on parle d' »artiste du bâtiment », de « technicien du bâtiment » ou d' »artisan d’art ». Le job : tirer le meilleur parti d’un bloc de pierre (non ? Jure ?) en lui donnant la forme voulue, dans le domaine de l’art, comme dans celui de la construction (en réalisant des éléments architecturaux comme des murs, des arcs ou des voûtes). Si c’est un métier qui te chauffe (et on te comprend. Je le redis, ça claque) : je te mets ici la page Onisep pour en apprendre un peu plus sur cette formation pour le moins originale.

3. Boulanger

Un métier tout de suite bien plus courant, surtout en France. Et pourtant… Les premiers boulangers ont été ramenés de Grèce, en Italie, par les Romains, au IIIe siècle avant JC.

En France, la plus vieille réglementation de corporation boulangère, connue sous le nom de « talemeliers », est datée de 1260. Inutile de vous dire qu’aujourd’hui, en France, on trouve cette profession partout, à tous les coins de rues, dans n’importe quelle ville ou micro village. Vive les baguettes, les croissants et les chocol… Pains au chocolat.

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4. Brasseur

Sans eux, pas de mousse. Pas de mousse, pas de bar à bière. Pas de bar à bière, pas de sortie digne de ce nom. Et donc pas d’amis. Pas de vie sociale. La déprime. Une vie sans goût ni couleur. HEUREUSEMENT, ils existent, et depuis bien longtemps. Bien plus qu’on ne pourrait le penser, d’ailleurs ! Les premières bières sont apparues… au IVe siècle avant JC ! Si, si, je vous jure, on buvait déjà des pintes avant même de savoir écrire sur du papier. Comme quoi, le sens des priorités, c’est assez vieux aussi. Et attention, à l’époque, en Egypte, cette boisson était considérée comme celle des dieux. Rien que ça. De quoi bien calmer ceux qui te traitent d’ivrogne, juste parce que tu te tapes un de ces délicieux nectars tous les soirs.

5. Boucher

Là aussi, c’est l’un des plus vieux métiers encore bien présents dans notre quotidien, n’en déplaise à nos amis végétariens. Ou vegans. Ou végétaliens. Flexitariens. Pescetariens. Et tous les autres. BREF. La première « boucherie » pourrait remonter à… 250 000 ans, en Jordanie, près de l’actuelle Azraq. Alors, oui, il va sans dire qu’on ne parle pas de boucherie telle qu’on la connaît aujourd’hui, avec un tiroir-caisse, et des chambres froides. Mais selon les archéologues de l’université de Victoria au Canada, des outils qui auraient servi à découper la viande ont été retrouvé. Même si on mange de la viande depuis la nuit des temps, ces ustensiles sembleraient avoir été pensés spécifiquement pour la découpe des animaux. Parmi eux : des pierres pour couper et d’autres, pour gratter.

À l’époque Antique, le métier commence à se structurer : une trame d’organisation de la profession, avec des distinctions de corporation, a été retrouvé.

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6. Agriculteur

Pendant l’antiquité, et dans toutes les civilisations, l’agriculture est le secteur d’activité le plus important de l’économie. À cette époque, on retrouve principalement la culture des céréales et l’élevage pastoral (les troupeaux, en gros) ; mais aussi la viticulture, l’arboriculture et les plantes potagères.

D’ailleurs, dans la mythologie, il y a des dieux dédiés à ces professions. Chez les Grecs : Déméter pour l’agriculture et Dionysos pour le vin. Du côté des Romains, et dans le même ordre : Cérès et Bacchus. On retrouve même Vertumne, Dieu des jardins et des vergers.

Crédits photo (Domaine Public) : Meister des Vergilius Romanus

7. Médecin

Heysre est le premier docteur connu. Un Égyptien, chef des dentistes et des médecins du roi Djéser. C’est-à-dire… Au XXVIIe siècle avant JC ! On pensait bien que c’était vieux, mais là, ça fait quand même plus de 4600 ans.

Et bonne nouvelle : parmi les noms des premiers médecins arrivés jusqu’à nous : Peseshet, la toute première femme médecin connue. Elle aurait exercé sous la IVe dynastie égyptienne, soit entre -2670 et -2450. Si tu veux découvrir d’autres femmes scientifiques qui ont été un peu zappées de l’histoire, on t’a déjà fait un super top à ce sujet ! Et si vraiment, le sujet te fascine, tu as ici des femmes qui devraient être dans les livres d’histoire.

8. Gynécologue et sage-femme

Pour rester dans la thématique science médicale : la médecine pour les femmes, et notamment celle qui touche à leur sexualité, existe depuis l’antiquité.

D’abord, les sages-femme. Dans la Grèce antique, on parle de « maïeutique », à savoir : « l’art d’accoucher ». Ces professionnels occupaient une place privilégiée dans les sociétés, reconnus comme les premiers protecteurs des mères et de leurs enfants. Jusqu’au XVIIe siècle, ils sont les seuls admis dans le cercle familial, au moment de la naissance. La désignation comme « sage-femme », elle, date de 1212. Etymologiquement (mot compte triple au scrabble), ça signifie « qui a la connaissance de la femme (sous-entendu, la femme enceinte) ». FLASH INFO : dire « sage-femme » pour un homme n’a donc rien de bizarre. En revanche, « sage-homme », c’est physiquement impossible. Tu suis ??

Les gynécologues, ensuite. Parmi les premiers : une première, Agnodice. Issue de la haute société athénienne, elle s’est déguisée en homme pour pouvoir suivre des cours de médecine. En 350 avant JC, elle devient alors gynécologue, sans dévoiler sa couverture.

C’était il y a déjà bien longtemps, et la question de la santé génitale féminine est encore plus ancienne : Le papyrus gynécologique Kahun, traitant des maladies féminines et des problèmes de conception, est vieux de plus de 3800 ans.

Malgré ce temps d’avance : on a encore bien des progrès à faire pour la sexualité et le traitement des douleurs féminines. Mais là, je ne vous apprends rien. Enfin, j’espère !

Crédits photo (Domaine Public) : Auteur inconnuUnknown author
Crédits photo (Domaine Public) : Francis Llewellyn Griffith (1862-1934)

9. Coiffeur - barbier

Si aujourd’hui, c’est un peu le rendez-vous du mec qui soigne chaque détail de son apparence, les barbiers (aussi appelés « barber » pour faire plus stylé) existent depuis la nuit des temps. Ou devrais-je dire, depuis le Ve siècle avant JC. Eh oui Jamie, dans la Grèce Antique, les hommes avaient de longs cheveux et de longues barbes, qu’ils fallait tailler, boucler, et peigner. C’est ici qu’ouvrent les premières boutiques.

Plus qu’un simple moment de bien-être, les salons de barbiers étaient des sortes de clubs pour homme, où ils se retrouvaient pour discuter philosophie ou politique. A l’époque déjà, les professionnels ne se contentaient pas d’un coup de ciseaux : lotions, pommades et cire d’abeille étaient appliquées pour hydrater et faire briller barbes et chevelures.

Le truc le plus ouf : le fer à friser existait déjà ! Des genres de gros sécateurs, qu’on faisait chauffer. Vraiment un truc à ajouter à ce top les objets bien plus vieux qu’on ne le pense.

10. Avocat (le métier, hein. Pas le fruit.)

Dans l’Antiquité, les Avocats n’étaient pas exactement ceux que l’on connaît aujourd’hui. Pourtant, c’est bien dans la Grèce Antique qu’apparaissent les origines de ce métier. En 591 avant JC, on trouve le « code Solon ». En gros, son application impose aux accusés de se défendre seuls, mais les autorise à faire appel à un logographe pour rédiger leur discours. On ne parle donc pas encore d’avocat, mais ces personnes, chargées d’écrire la défense d’autrui, en sont les précurseurs. D’ailleurs, étymologiquement, « avocat » vient de « vocatus », qui signifie « appelé pour ». Les logographes comme les avocats d’aujourd’hui sont « appelés pour » assister un accusé en justice. Le premier : Antiphon (480 – 410 avant JC). Le plus connu se trouve du côté de la Rome Antique : Cicéron (c’est pas carré. AHAHAH. Elle était facile, ok.) Il a vécu de 106 à 43 avant JC.

L’Ordre des Avocats, lui, remonte à Justinien (527-565), THE empereur byzantin. À partir de là, ce métier est considéré comme celui des chevaliers des lois, assimilé aux militaires, puisqu’il se bat pour défendre les pauvres et les humiliés.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Glauco92

Si tu as bien lu ce top (bravo, c’était long. Mais t’auras appris plein de trucs pour te la raconter en société), tu comprendras qu’on a encore aujourd’hui plein de choses qui datent d’il y a trèèès longtemps. Je ne sais pas toi, mais moi, ça me fascine. Après, fait gaffe, on t’as peut-être raconté beaucoup de conneries. Genre, que Charlemagne aurait inventé l’école… QUOI ? Tu pensais vraiment ça ??? Dépêche-toi d’aller lire ce top sur les mensonges qu’on te raconte dans les livres d’histoires, tu ne peux pas mourir aussi bête.