Sécheresses, pluies diluviennes, ouragans, montées des eaux, déforestation… le thermostat de la Terre est légèrement déréglé ces derniers temps. De mauvais augures pour nos prochaines vacances, mais pas non plus de quoi se mettre en boule dans un coin ! Car toutes les nouvelles ne sont pas mauvaises et certaines nous donneraient presque envie de croire à un miracle (mais rêvez pas trop non plus).

1. Les plateformes de livraison vont réduire leurs déchets

Se faire livrer sa bouffe, c’est pratique, mais cela génère des quantités astronomiques de déchets plastique. Rien qu’en 2019, en France ce sont 600 millions d’emballages à usage unique qui ont été jetés à la poubelle ! Face à l’impact environnemental de leur activité, 19 acteurs de la livraison de repas ont signé une charte avec le ministère de la Transition écologique. Charte qui les engage notamment à ce qu’à l’horizon 2023, 70 % des emballages livrés soient garantis sans plastique à usage unique. Certains acteurs du secteurs réfléchissent même à un système de récupération des emballages chez leurs clients afin de les nettoyer et ensuite pouvoir les réutiliser.

Pourquoi c’est quand même la merde ? Parce que le mieux ce serait surtout d’arrêter de se faire systématiquement livrer juste parce qu’on est de grosses feignasses incapables de bouger notre cul dès lors qu’il y a trois gouttes de pluie dehors. ALLEZ BISOUS.

2. Des espèces animales pas si éteintes que ça

On les croyait à jamais perdues, exterminées par le dérèglement climatique ou la destruction de leur environnement. Pourtant, des dizaines d’espèces sont finalement réapparues en 2021, profitant sans doute de l’enfermement de milliards d’individus à cause de la pandémie, pour aller se dégourdir les cuisses. La preuve que finalement, 2021 n’a pas été une année de merde pour tout le monde !

Pourquoi c’est quand même la merde ? Bien que le terme soit un peu galvaudé, on est tout de même à l’orée d’une sixième extinction de masse. Le WWF a ainsi déclaré que les populations mondiales de vertébrés avaient diminué de moitié depuis 40 ans. Bref c’est pas parce qu’on croise de nouveau un oiseau qu’on pensait disparu qu’il faut se dire que tout va bien.

Un petit passereau vient d’être vu à Bornéo près de 180 ans après avoir été recensé pour la dernière (et la première)...

Posted by France Culture on Sunday, February 28, 2021

3. Des énergies renouvelables qui carburent

La production d’électricité renouvelable a cartonné dans le monde en 2021, notamment au travers de nouvelles installations éoliennes et solaires (+60 % de puissance électrique produite en seulement 1 an). C’est bien, mais pas encore suffisant. La Chine représente en effet une partie importante de cet essor (mais en même temps comme l’explique très bien cet article, la Chine est aussi paradoxalement le pays le plus émetteur de CO2 donc pas de quoi leur filer une médaille) là où l’Europe par exemple, malgré un plan d’investissement ambitieux, reste en retard sur son plan de route. A ce rythme, les pays européens ne pourront en effet atteindre leurs objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050.

Pourquoi c’est quand même la merde ? 80 % de l’énergie mondiale vient des énergies fossiles. Donc on est loin, très loin du compte.

4. Les pandas géants sauvés de l'extinction

Les pandas géants ont la chance d’être choupinou, au point d’en faire une mascotte en Chine. Ainsi, le pays a redoublé d’efforts ces dernières décennies pour éviter leur extinction. Grâce à une politique de replantation de forêts de bambous, 1800 pandas géants vivraient aujourd’hui en liberté en Chine, soit 70 % de plus que dans les années 80. La mignonnerie est sauvée.

Pourquoi c’est quand même la merde ? Alors oui en effet la mignonnerie est sauvée, est-ce que pour autant la planète l’est de même ? Rien n’est moins sûr. Comme le résume bien cet article « La sauvegarde du panda géant est-elle utile ? », le panda géant il est mignon mais globalement son espèce est vouée à s’éteindre. Or comme tout le monde aime les pandas, on s’en offusque. En réalité on ferait mieux de s’inquiéter du déclin du phytoplancton, nettement plus dramatique pour la survie de notre espèce. Voilà. Déso les pandas, sans rancune.

5. Les États-Unis moins climato-sceptiques qu’à l’époque de Trump (spoiler : c'était pas difficile)

Le plus gros pollueur de la planète avec à sa tête Donald Trump avait tourné le dos aux Accords de Paris en 2017, réduisant d’autant la portée des engagements pris par chaque pays signataire. Le retour des USA dans le droit chemin de la lutte contre le dérèglement climatique dès le premier jour de l’investiture de Joe Biden en janvier 2021 fut une nouvelle attendue, mais une bonne nouvelle quand même. Les Etats-Unis se sont ainsi engagés à ramener à zéro les niveaux de pollution dans le secteur énergétique américain d’ici 2035, et à ce que l’économie américaine atteigne une neutralité carbone d’ici 2050. Chiche ?

Pourquoi c’est quand même la merde ? La Californie est actuellement touchée par une canicule d’hiver. Donc on est un peu tenté de penser que c’est déjà trop tard.

Joe Biden entend bien être le chef d’orchestre de la diplomatie climatique. ?? Au-delà des effets d’annonce, la mise en œuvre des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre reste incertaine.

Posted by Reporterre, le quotidien de l'écologie on Friday, April 23, 2021

6. Une prise de conscience généralisée de l’urgence climatique (au moins sur Google)

« Ok Google, est-ce qu’on va tous mourir ? » D’après les données du célèbre moteur de recherche, les recherches autour du dérèglement climatique ont explosé en 2021. Les internautes se sont particulièrement intéressés à la responsabilité humaine concernant les crises écologiques (prouvée officiellement par les derniers rapports du GIEC), mais aussi aux moyens de réduire l’impact de leurs habitudes de consommation sur leur environnement. Quant à Google, il a décidé de ne plus accepter les campagnes de pubs climato-sceptiques… tout en continuant de faire des bénefs avec les vidéos complotistes sur Youtube. On appelle ça du « recyclage » !

Pourquoi c’est quand même la merde ? On est en pleine campagne présidentielle et on parle plus des inepties de Zemmour que des derniers rapports du GIEC. L’espoir c’est cool, mais tout semble indiquer qu’on ne prend pas le chemin d’un gouvernement résilient face au dérèglement climatique.

7. Des scénarios connus pour atteindre la neutralité carbone

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées… et des gens intelligents pour les pondre. Depuis 2019, des centaines d’experts se sont concertés pour détailler, chiffres à l’appui, 6 scénarios de production et de consommation d’électricité en France d’ici à 2050. Chaque scénario correspond à un choix énergétique qui mise sur plus ou moins de nucléaire et d’énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, hydroélectricité, géothermie) dans son mix énergétique. Ce rapport permet de comprendre le potentiel et les limites des choix à venir… et d’arrêter de brasser du vent et des idées reçues lors des éternels débats sur le nucléaire et les EnR.

PS : cette vidéo explique bien le rapport RTE :

8. Des transports maritimes un peu moins polluants

Moins 26 %, c’est la baisse des émissions de carbone liées au transport maritime dans le monde depuis 1990. Cette bonne nouvelle s’explique notamment par l’arrivée de nouveaux navires (un peu) moins polluants et énergivores. Et le meilleur reste à venir ! En novembre 2021, le premier cargo 100 % électrique a été mis à l’eau, présageant d’une nouvelle étape vers la réduction de l’impact écologique du transport maritime mondial qui représente quand même 90 % des échanges de marchandises à l’échelle de la planète.

Pourquoi c’est quand même la merde ? Si les émissions baissent (lentement), le nombre de navires augmente donc pas sûr qu’à la fin on en sorte vraiment gagnant.

Dans l'Union européenne, les émissions du transport maritime ont diminué de 26%... depuis 1990

Posted by La Tribune on Wednesday, September 1, 2021

9. Les invendus non alimentaires ne pourront plus être détruits en France

Après avoir été parmi les premiers pays au monde à interdire la destruction des produits alimentaires, la France vient d’étendre la mesure aux invendus électriques, aux meubles ou encore aux vêtements, et ce, à partir du 1er janvier 2022. Cette mesure vise à inciter les industriels à développer le recyclage de leurs produits, si possible sans chercher à les refourguer à des pays pauvres (dé)chargés de se débrouiller avec nos déchets.

Pourquoi c’est quand même la merde ? Comme l’explique bien cet article « Le recyclage n’est plus un miracle, c’est un mirage », on met beaucoup trop d’espoir dans le recyclage alors qu’il faudrait remettre en question le mode de production initial ( = produire moins).

Lutte contre le gaspillage : à partir de 2022, les invendus non alimentaires ne pourront plus être détruits. Ils devront...

Posted by Mr Mondialisation on Sunday, December 12, 2021

10. On commence à placer de plus en plus notre argent de manière solidaire

Quand on parle de gestes écoresponsables, on pense à pisser sous la douche ou éteindre les lumières. Mais en réalité notre argent (et plus précisément notre épargne) joue un rôle très important. L’association Oxfam a ainsi montré tout l’impact de notre argent sur le climat et c’est pas joli joli. En effet quand tu laisses tout ton pognon sur un compte en banque (que l’on parle de 50 euros ou de millions) cet argent travaille c’est-à-dire qu’il est investi dans des projets dont tu ne connais généralement pas la teneur. Voilà comment de nombreuses banques investissent encore dans des énergies fossiles. Pour en savoir plus, je ne peux que vous renvoyer vers ce classement des banques les plus éthiques.

Bref maintenant que vous savez, la bonne nouvelle c’est qu’on a franchi il y a peu la barre symbolique des 20 milliards d’euros dans l’épargne solidaire en 2020 (c’est 33% plus élevé qu’en 2019) et ça c’est plutôt une très bonne nouvelle.