Avec les années le groupuscule de hacktivistes Anonymous s’est rendu célèbre à travers de nombreuses actions. Avant d’aller plus loin si vous ne connaissez pas trop ce mouvement vous pouvez aller voir les trucs à savoir sur Anonymous et vous y verrez probablement plus clair, parce que ce serait un peu long de tout ré-expliquer ici. Maintenant on vous propose de voir les actions les plus marquantes de ce groupe nébuleux de hackers.

1. Le piratage de la télévision russe (2022)

Le gouvernement russe effectue une rétention d’information à ses habitants sur l’actuelle nature de la guerre en Ukraine. Afin d’informer le peuple de manière frontale Anonymous a piraté plusieurs médias pour diffuser des images qui prouvent que la présence de l’armée russe sur le territoire n’est pas pour effectuer une opération de désarmement du gouvernement comme annoncé mais bien une guerre.

2. Le projet Chanalogy (2008)

La toute première (réelle) opération réalisée par le collectif Anonymous date de 2008 et concerne l’église de Scientologie. Tout commence quand des vidéos de Tom Cruise parlant de l’église circulent librement sur internet, ce que les scientologues arrêtent rapidement en engageant des avocats pour faire retirer les images de plusieurs sites. Ça ne plait pas du tout à Anonymous qui décide de faire saturer leurs serveurs et de rediriger les gens qui tentent de se connecter sur leurs sites pour qu’ils tombent sur des pages qui critiquent cette religion.

3. L'opération Blackout (2012)

Les lois du web de la PIPA et de la SOPA qui devaient lutter contre le piratage sur internet mais qui en réalité étaient une atteinte aux droits et aux libertés en ligne ont provoqué de vives réactions de nombreux acteurs du web tels que Google ou Firefox. Afin de montrer qu’ils auraient le dernier mot, le FBI a décidé de répondre en fermant sans appel le site Megaupload qui permettait de partager des fichiers entre internautes. La réaction des Anonymous est arrivée le lendemain en piratant les sites du FBI et même celui de l’Élysée en France.

4. Opération Payback (2010-2011)

L’opération Payback a été mise en place par plusieurs groupes pour venir en soutien à Wikileaks. Plusieurs banques ayant refusé de garder le site d’informations comme client, Anonymous avait bloqué dans la foulée les sites de Visa, Mastercard ou encore Paypal pour contester cette décision.

Quelques mois plus tard Wikileaks avait à nouveau interdit de diffuser des documents et l’organisation de hackers avait réalisé un nouveau blocage en soutien à Julian Assange en attaquant les mêmes sites ainsi que celui d’Amazon et PostFinance.

Crédits photo (Domaine Public) : AnonymeUnknown author

5. Opération Tunisie (2011)

En pleine révolution tunisienne, le gouvernement du pays avait limité l’accès et censuré plusieurs sites à ses habitants et ça, c’est pas un truc qu’Anonymous accepte facilement. L’opération consistait d’une part à paralyser les sites internet du gouvernement en faisant participer qui le voulait et en fournissant les outils, mais également à rendre accessible des outils de partage de fichiers et de messageries aux habitants à l’abri de la censure gouvernementale.

Selon des membres de Reporters sans frontières l’action d’Anonymous aurait joué une importance capitale dans l’expansion de la révolte tunisienne. Dans la foulée le groupe s’était attaqué aux gouvernements Égyptiens et Syriens en paralysant leurs systèmes et en donnant les outils nécessaires pour se connecter à la population.

6. L'opération contre le djihadisme (2015)

Peu après les attentats de Charlie Hebdo les Anonymous avaient condamné les actes terroristes et étaient passés à l’action en déclarant la « guerre virtuelle » aux djihadistes. En ont résulté une multitude d’attaques pour faire tomber des sites d’embrigadement et des comptes personnels de djihadistes et d’extrémistes connus.

L’opération menée également après les attentats du Bataclan a cependant été un échec : de nombreuses personnes visées dont le nom avait été divulgué étaient en réalité des gens qui effectuaient des recherches sur le sujet, comme des étudiants.

Crédits photo (CC BY 3.0) : David Shankbone

7. La défense des droits LGBT+ en Ouganda (2012)

Le groupe Anonymous a pris la défense de la communauté LGBT à plusieurs reprises dans son histoire, notamment en 2012 lorsque le gouvernement d’Ouganda a tenté de faire passer une loi contre l’homosexualité. Des crimes policiers contre la communauté étaient également au centre des contestations du groupe qui a décidé de paralyser plusieurs sites du gouvernement et de mettre en page d’accueil le message « Nous condamnons les violations des droits des personnes LGBT du gouvernement ».

8. Les affaires de viols classées sans suite

Anonymous est intervenu dans deux affaires de viols classées sans suite aux États-Unis. La première est celle d’une jeune femme droguée et violée par deux hommes à une soirée dont les agresseurs avaient été relâchés. Les hackers ont retrouvé des preuves numériques et fait pression pour que l’enquête soit réouverte et que les deux violeurs soient condamnés. De la même façon la famille d’une autre jeune fille victime de viol avait été contactée par les hackers qui voulaient l’aider à réouvrir une enquête classée sans suite prématurément. Là aussi l’homme a finalement été condamné grâce aux efforts des Anonymous.

9. Occupy Wall Street (2011)

L’occupation pacifique du siège de la bourse américaine en contestation contre le capitalisme avait mené à plusieurs répressions policières contre des gens qui finalement étaient juste assis par terre et ne se montraient pas agressifs. Anonymous avait alors fait fuiter le nom de certains policiers qui avaient utilisé des sprays lacrymogènes et tenté de bloquer le site de Wall Street (le blocage n’a duré que deux minutes).

Crédits photo (CC BY 3.0) : David Shankbone

10. Le combat continu contre la pédopornographie (2011-2022)

Plusieurs affaires impliquent les Anonymous dans la lutte contre la pédopornographie sur internet. De nombreux sites internets ont été la cible des hackers qui les ont tout simplement fermé et ont récupéré des données sur les visiteurs, les révélant au public. Ce type d’actions est souvent critiqué, une partie de l’opinion publique pensant que c’est à la police de fermer les sites et sanctionner les utilisateurs, pas à d’autres internautes.