On vous avait déjà parlé du sexisme dans le foot féminin mais SURPRISE, le sexisme existe dans tous les sports pratiqués par des femmes. Ok, vous n’êtes peut-être pas si étonnés que ça, mais on va quand même vous montrer quelques remarques bien sexistes adressées à des sportives histoire de vous partager notre malaise. Le mauvais goût est présent.

1. Quand des cyclistes disaient à Jeannie Longo qu'une femme sur un vélo c'était moche

Le média Brut nous a récemment ressorti des archives scandaleuses datant de 1987 où l’on peut voir Jeannie Longo répondre aux critiques de Marc Madiot et Laurent Fignon, des cyclistes pro eux aussi, qui n’hésitent pas à dire qu’une femme sur un vélo c’est moche. Ou que le vélo c’est trop dur pour les femmes. Ou que les femmes cyclistes devraient mettre des maillots plus jolis. Jeannie Longo ne se démonte pas une seule seconde et répond parfaitement aux arguments en carton de ses interlocuteurs, mais la vidéo n’en reste pas moins dérangeante.

2. Quand Imke Wübbenhorst, coach d'une équipe de foot masculine, a dû répondre à une question sexiste débile

Imke Wübbenhorst a été nommée coach du club allemand du BV Cloppenburg en 2018 et est ainsi devenue la première femme à devenir entraîneure d’une équipe masculine professionnelle (oui, il a fallu attendre 2018 pour ça…) Forcément, en étant la première, elle a essuyé les plâtres des questions sexistes de journalistes, mais elle l’a fait de la meilleure des manières. Un jour, un journaliste lui a demandé si un système allait être mis en place pour que les joueurs remettent leur short avant qu’elle n’entre dans les vestiaires, ce à quoi elle a répondu : «Bien sûr que non, je suis une professionnelle. Je choisi mes joueurs en fonction de la taille de leur pénis.» Une réponse badass comme on les aime.

3. Quand un journaliste a demandé à Eugénie Bouchard ce qu'elle pensait de la grossesse d'une autre joueuse

Ça s’est passé en juillet 2016 : un journaliste a cru bon de demander à la tenniswoman canadienne Eugénie Bouchard son avis sur la grossesse de la joueuse Victoria Azarenka. Le genre de question qu’on ne pose jamais à des joueurs masculins. Bouchard a simplement éclaté de rire devant l’absurdité de cette intervention avant de passer à la suite. C’est mieux quand on parle de sport en fait.

4. Quand Eugénie Bouchard a dû se justifier sur le nombre de shootings photos qu'elle faisait

Les journalistes ont tendance à très souvent commenter le physique de la joueuse de tennis au lieu de parler de ses performances sportives, si bien qu’en 2017, Eugénie Bouchard a même dû se justifier en interview sur le nombre de shootings qu’elle avait fait dans l’année. Elle a dû rappeler à tout le monde que sa priorité numéro 1 était le tennis, que non, elle ne voulait pas devenir mannequin, et qu’elle n’avait fait que 2 shootings photos dans l’année, soit moins que beaucoup d’autres sportif.ve.s. Au pire, elle fait bien ce qu’elle veut.

5. Quand un journaliste de la BBC s'est demandé si Marion Bartoli se comparait physiquement à Sharapova

Juste après que Bartoli ait remporté Wimbledon en 2013, John Inverdale, journaliste à la BBC, s’est demandé : « Pensez-vous que le père de Bartoli lui disait quand elle était petite : ‘Tu ne seras jamais canon, tu ne seras jamais une Sharapova, donc tu dois t’accrocher et te battre’ ? » En plus d’être dégueulasse, c’est ridicule, puisque Sharapova remporte des matches grâce à ses performances sportives, pas grâce à sa beauté.

6. Quand Michaël Llodra ne voulait pas qu'Amélie Mauresmo soit capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis

Quand Michaël Llodra a été invité à s’exprimer sur la présence d’Amélie Mauresmo à la tête de l’équipe de France de Coupe Davis, on peut dire qu’il n’a pas fait dans la dentelle niveau sexisme : « J’adore Amélie mais je ne la vois pas à ce poste, je ne la vois pas gérer une équipe masculine avec tous ces egos, ces caractères… […] Avec un seul joueur, comme Andy Murray, c’est possible, mais pas plusieurs. Il faut un homme pour ça. » Bah ouais, c’est bien connu, les femmes sont incapables d’avoir de l’autorité… Sachez que sur le même sujet, Toni Nadal, l’oncle et coach de Rafa à l’époque, avait pour sa part recommandé Mauresmo pour le poste. Et Nadal, il sait ce que c’est que d’entraîner des champions.

7. Quand Philippe Candeloro commentait sans sourciller la poitrine d'une patineuse artistique

On peut parfois rire des sorties loufoques de Candeloro, mais certaines d’entre elles sont quand même bien choquantes. L’une des pires date des J.O. de 2014, quand il a commenté le physique de la patineuse italienne Valentina Marchei de la manière suivante : « Ah, elle a beaucoup de charme Valentina, un petit peu comme Monica Bellucci. Peut-être un peu moins de poitrine, mais bon… » Mmmmh comment dire ? Quel est le rapport avec le patinage ?

8. Nelson Monfort a rivalisé avec Candeloro à propos de la patineuse italienne Francesca Lollobrigida

Lors des mêmes J.O. de Sotchi, et probablement encouragé par la présence de Candeloro, Nelson Monfort s’est senti obligé de commenter lui aussi le physique d’une patineuse. Cette fois, c’est à propos de l’Italienne Francesca Lollobrigida qu’il a lâché un : « Elle n’a pas la plastique de sa glorieuse homonyme ». Classe, très classe.

9. Allez, on se refait un peu de Candeloro à Sotchi ?

On vous la laisse sans contexte parce que la phrase fait le taf à elle toute seule : « En tout cas, moi, je connais plus d’un anaconda qui aimerait venir l’embêter un petit peu cette jeune Cléopâtre canadienne… » Honnêtement ? C’est dégueu.

10. (Bonus) Les journalistes sportifs sont sexistes avec les joueuses de tennis

Pour prouver que le sexisme dans le sport n’était pas une sorte de fantasme féministe – comme pourraient l’avancer certaines personnes malintentionnées – des chercheurs ont étudié 6 467 conférences de presse de tennis entre 2000 et 2015. Ça a permis de montrer qu’en effet, les journalistes sportifs posent des questions sexistes aux joueuses, en abordant des thèmes qu’ils n’abordent presque pas avec les hommes. Des thèmes beaucoup plus personnels, sur les relations amoureuses ou le fait de devenir parent, par exemple. Les chiffres ont parlé : les journalistes sportifs sont plus sexistes avec les femmes.

Du sexisme partout. Partout.