Comme à peu près tous les six mois, Un Indien dans la ville sera diffusé ce soir sur TF1. Un chef d’oeuvre qui a bercé notre enfance pour le meilleur et surtout pour le pire. Ah il était bon le temps des comédies françaises des années 90 où l’on s’attendrissait des sauvages pas de chez nous avec une condescendance non dissimulée.

1. Il a été adapté en jeu vidéo sur Gameboy

Et comme on le sait, quand un film est adapté en jeu vidéo, c’est qu’il est bien.

2. Il a été adapté aux Etats-Unis dans <em>Un Indien à New-York</em>

Et comme on le sait, quand un film est adapté aux Etats-Unis, c’est qu’il est bien (souvenez vous des Visiteurs). Boooooon, c’est vrai que ça n’a pas marché des masses, l’adaptation outre-Atlantique n’a pas rencontré le même succès ce qui semble étonnant. Comme en témoigne ces images de qualité, on a échappé de peu à la palme d’Or.

3. C'est une belle analyse structurelle des systèmes financiers et une annonce avant-gardiste d'un effondrement systémique de notre société thermo-industrielle

Eh oui, car je vous le rappelle, quand « Baboune » revient de Guyane avec son fils fraîchement découvert, les cours du soja se sont effondrés et l’associé de Baboune (interprété par le divin Patrick Timsit) n’a pas vendu à temps. Que retenir de ce constat ? Une société dépendante d’une industrie qui cause une forte déforestation en Amazonie (d’où vient Mimi-siku ce qui n’est certainement pas un hasard), le soja, se trouve alors plongée en état de détresse (état d’urgence, dirais-je ?) et tout ceci à cause d’une crise financière certes fictive mais qui surviendra pourtant dans la réalité quelques années plus tard. Un Indien dans la ville ne serait-il pas un film involontairement dystopique ?

4. On y apprend des bases de dialectes indigènes

« Wakatepe baboune », « beau foufouillon » (expression typique d’Amazonie), « mimi siku » (qui veut dire « pipi de chat »). Ces expressions certes n’existent pas mais il ne serait pas étonnant qu’elles soient plus ou moins prononcées par les Indiens d’Amérique. On n’a pas besoin d’être précis, et puis ils sont rigolos ces aborigènes avec leur langue qui veut rien dire et leurs animaux sauvages ! Ah, ça, pour grimper en haut de la tour Eiffel y’a du monde, mais pour remplir sa fiche d’imposition y’a plus personne.

5. ...et sur la culture culinaire de la région

Comme quand Mimi-siku partage ainsi ses astuces et recettes maison comme en témoigne cette réplique culte : « Il faut donner bon manger au chat ! Car quand nous manger le chat, chat bon goût bon goût ! ». Il parle tellement bien l’amazonien !

6. Parce que Ludwig Briand (alias Mimi Siku) a eu une grande carrière avant de devenir greffier

Il a joué d’abord au Théâtre Mogador dans la comedie musicale Les Misérables en 91, puis dans un clip de Renaud (P’tit voleur) et encore dans un clip d’Eddy Mitchell (Je me sens bien quand je me sens mal), il fait même une apparition dans une épisode de Nestor Burma mais surtout dans La Caverne de la rose d’or, ce qui est clairement une consécration pour sa carrière. Alors oui il a bossé dans un Duty Free à Charles de Gaulle, mais il est aussi devenu champion d’Ile de France de poker (amateur) en 2013 et intégré l’Ecole Nationale des Greffes en 2015. A Dijon, s’il vous plaît.

7. Parce qu'on y apprend que les tarentules sont sensibles au volume sonore et reconnaissent leur maître

Cela dit, je vous dis « tarentules » mais en France dans les années 90, on ne sait visiblement pas ce que c’est. Aucun indice. On est dans le flou. Qui est donc cette Maïtika qui tricote avec ses pattes toutes velues ?

8. C'est une sensibilisation à la pratique du yoga

Arielle Dombasle, dans la peau de Charlotte la fiancée de Stéphane (le Baboune de Mimi-Siku) nous fait découvrir pour la première fois le concept de chakras. Et le concept d’Arielle Dombasle par la même occasion.

9. Pour la palette d'émotions de Patrick Timsit, d'une rare intensité

10. Parce qu'on a appris a endormir des gens d'une simple coup de pouce

Chacun sa route, chacun son chemin.