Youhouuuuu c’est le mois d’août ! Comme vous êtes des personnes d’une grande originalité (ça va, je sais qu’on ne vous a pas vraiment laissé le choix), vous avez choisi ce mois de l’été pour poser vos vacances et prendre le large. Pendant que certains se contenteront d’un moment de connexion avec la nature au milieu de la diagonale du vide, les plus chanceux partiront certainement à Santorin ou Palma de Majorque pour se faire dorer la pilule. Jusque-là, j’étais jalouse. Puis j’ai pensé à la bouffe de merde que vous allez vous farcir dans l’avion, et d’un coup… J’ai retrouvé le sourire. Hihihi.

1. Les repas sont millimétrés à l'olive près

Afin d’éviter un maximum de gaspillage et (surtout) réaliser de petites économies, les repas sont préparés au gramme près. On se dit qu’une olive ça ne change pas grand-chose, mais multiplié par les milliers de repas servis, bah… Ça paye. Par exemple, American Airlines a réalisé 40 000$ d’économie en en retirant une de tous ses plateaux repas. Malinx, le lynx ! (Ou rapiat, le rat ?)

2. Les plateaux repas sont produits en quantité astronomique

Emirates Flight Catering, reconnu comme un leader mondial dans l’industrie de la restauration aéronautique, fournit des services de restauration et d’assistance en vol à plus de 100 compagnies aériennes. Selon leur site internet, ils produisaient une moyenne de 225 000 repas par jour avant l’épidémie de coronavirus. Croyez-moi, ça en fait des kilos de pâtes.

3. Le même plat n'a pas le même goût dans les airs que sur Terre

On vous avait déjà expliqué tout le pourquoi du comment dans ce top, mais pour vous faire un bref résumé de la situation : dans les airs, la faible pression atmosphérique et l’humidité modifient les capacités de nos papilles gustatives à capter les saveurs sucrées et salées. La capacité à goûter les saveurs sucrées chute de 15 à 20%, et la salinité de 20 à 30%. Bien entendu, nous vous rappelons qu’il ne faut pas manger trop gras, trop sucré, trop salé. Mais comprenons que vous vidiez 3 paquets de sels dans votre plat pour ne plus avoir l’impression de bouffer du polystyrène. Oui, nous sommes conciliants.

4. Les plats proposés privilégient "l'umami"

L’umaquoua ? L’umami est notre « cinquième sens » du goût. Ce terme japonnais que l’on pourrait traduire par « savoureux » est l’une des cinq saveurs de base, après le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Elle permet notamment de capter les saveurs retrouvées dans les aliments tels que la sauce soja, les tomates, la charcuterie, les épinards, les crustacés, les champignons, ou encore les sardines et les algues. Contrairement au sel et au sucre, l’umami ne semble pas affecté par l’altitude ! C’est pour cette raison que de nombreux plats sont composés de tomates, et que le jus de tomate n’a jamais autant de succès que dans les airs. Je suis es-tomatée. (Vous l’avez ?)

5. Les menus sont élaborés longtemps en avance

Attention, je n’ai pas dit préparé, hein ! J’ai dit « élaboré », « pensé », « prévu ». Les compagnies de voyages préparent jusqu’à un an à l’avance les petits menus qui seront servis, et le cycle d’élaboration jusqu’à sa mise en vol peut prendre 6 mois. Ces menus sont généralement modifiés à chaque changement de saison. Sacré taff pour des grains de riz noyés dans de la sauce curry.

Crédits photo : Topito

6. Les plats en sauce font loi car ils évitent le dessèchement des aliments

En parlant de sauce curry… Vous aviez sûrement remarqué que vos plats sont généralement noyés dans beaucoup de sauce. Vraiment beaucoup. Ceci n’est pas une erreur de dosage, mais un choix stratégique pour vous servir le truc le plus potable possible. Oui, oui. En fait, l’humidité provoque le dessèchement des aliments. Les sauces étant humides par nature supportent mieux le voyage et sont donc plus tendres et savoureux. Comme disait ce bon vieux Socrate « Un homme qui a faim n’examine pas la sauce. ». Donc, arrêtez de vous plaindre, et mangez en fait.

7. Certaines compagnies travaillent en collaboration avec des chefs étoilés

On se plaint souvent que tout ce qu’on mange en vol semble être cuisiné avec les ieps. Et bah, pas du tout. Enfin… Pas toujours. La compagnie australienne Qantas, par exemple, travaille en partenariat avec des chefs de renoms depuis 1997. KLM Royal Dutch Airlines, elle, fait appel au chef Jonnie Boer et à la sommelière Thérèse Boer du restaurant étoilé De Librije, depuis février 2022. Des chefs étoilés pour manger dans les nuages, c’est presque poétique, non?

8. Les viandes sont précuites avant d'embarquer

Grosso modo, c’est toute la nourriture de l’avion qui est cuite au sol, pour respecter les normes de sécurité alimentaire. Il est, dans tous les cas, et pour des raisons assez évidentes, interdit de cuisiner à bord. Oui, on a bof envie qu’une gazinière foute le feu à l’avion, non ? S’il n’y a aucun problème à cuire complètement les légumes et les féculents, pour ce qui est de la viande, c’est un peu différent. Le bœuf n’est cuit qu’à 30% et le poulet à 60% avant d’embarquer. Ils finissent ensuite leur cuisson dans le four à vapeur ou à convection à air sec de l’appareil. Pas sûr que ça fasse plus rêver, mais au moins, c’est moins sec. Manger une entrecôte saignante, ou éviter de se transformer en boule de feu volante, il faut choisir.

9. Les différents pilotes d'une même compagnie ne mangent pas la même chose

Pilote 1, copilote et autres (il peut y avoir jusqu’à 4 pilotes sur un long courrier) ne mangent jamais la même chose. L’objectif est tout con : éviter qu’ils soient tous contaminés en cas d’intoxication alimentaire. Il fallait y penser. Par contre, ce serait sympa pour Thierry que ce ne soit pas Gérard qui choisisse son plat en preums à chaque fois. Ça commence à faire beaucoup, 7 barquettes de poulet aux courgettes en 3 jours.

Crédits photo : Topito

10. Les haricots secs et pois chiches sont interdits sur certaines compagnies

Devinez pourquoi ? Un indice : ça a un rapport avec un phénomène physiologique lié à la consommation de ces aliments. Alors ? Eh oui ! Bien vu ! Ça fait péter sa mère. Les chefs étant sympas et conscients que l’aérophagie est accrue en altitude, ils préservent vos intestins et votre odorat d’un long concerto de clairon. On évite également les trucs trop odorants comme les choux de Bruxelles ou le fromage qui sent les pieds pourris.

La meilleure façon de manger, c’est encore la nôtre, c’est d’éviter l’avion et de ne pas voyager ! (Sur l’air de « Dans la troupe », s’il vous plait.)

Sources : Marie-Claire, L’express