L’Italie, c’est ce charmant pays en forme de botte à talon qui joue au foot. Dans notre imaginaire, Italie rime avec pâtes, pizzas, glaces, dolce vita et virée en Fiat 500. Malheureusement, l’Italie, en ce moment, c’est pas vraiment ça. Sans parler des incendies qui ravagent la Sicile, on a aussi quelques sérieux problèmes politiques.

L'Italie exclut les femmes trans de son concours de miss

Le 8 juillet, l’Europe fait un pas en avant pour la communauté LGBTQ+ : Rikkie Kollé devient la première femme transgenre à être sacrée reine de beauté, aux Pays-Bas. Quelques jours plus tard, l’Italie fait un pas en arrière, en interdisant strictement le concours national aux femmes transgenres. Le 22 juillet, Patrizia Mirigliani, patronne de Miss Italie, déclare « Les candidates à Miss Italie doivent être des femmes depuis la naissance. ». Qu’à cela ne tienne : des hommes transgenres s’inscrivent en nombre pour protester ! Eh hop, dans les dents !

Le gouvernement essaie de détruire le droit des familles homoparentales

Et allez, on continue d’avancer à reculons. En 2016, l’Italie légalise les unions civiles, et puis… Elle s’arrête là. Pas de mariage pour tous. Pas de PMA pour toutes ni de gestation pour autrui. Un flou juridique permettait quand même aux couples de femmes de partir faire la démarche à l’étranger, puis de la transcrire dans les actes de naissance. Malheureusement, ça aussi, c’est fini. Quelques mois après son élection, Meloni met déjà le paquet sur sa politique ultra-conservatrice, résumée par « Dieu, patrie, famille ». Résultat : 33 actes de naissance ont été modifiés à Padoue, retirant la mère « non-biologique ». Depuis début 2023, le gouvernement demande aux mairies de ne plus enregistrer systématiquement les naissances d’enfants nés de PMA ou GPA à l’étranger, surtout si le couple est homoparental.

En Avril, le ministre de l'Agriculture évoque un « remplacement ethnique »

Est-ce vraiment étonnant de la part d’un membre d’un gouvernement qui, en 2022, avait fait la promesse de « relancer le faible taux de natalité en Italie et de freiner les arrivées de migrants par la mer Méditerranée » ? Pas sûr. Mais ça reste bien flippant. Pour parler de la crise migratoire en Italie, Francesco Lollobrigida, en avril, met en garde contre « le remplacement ethnique » des Italiens par les migrants. Forcément, ça fait polémique.

Ils ont relaxé un mec accusé d'agression sexuelle car "ça a duré moins de 10 secondes"

Oui, oui, vous avez bien lu. Alors qu’un agent d’entretien d’une école de cinéma a été accusé d’agression sexuelle sur une élève de 17 ans, il a finalement été relaxé au motif que « son geste était trop bref et peu insistant ». Envie de gerber.

(Source)

Le ministre de l'Intérieur a balancé des trucs horribles sur les migrants morts en mer

Fin février 2023, 86 migrants meurent en tentant de traverser la Méditerranée pour arriver en Italie. Alors que le pays est profondément choqué, le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, prend la parole. Voici ses mots, le jour du drame : « Sauver ou ne pas sauver… C’est surtout qu’il ne faut pas partir ! On doit lancer au monde et aux pays d’où viennent ces gens-là, ce message avant tout éthique : Il ne faut pas partir. » Aucune âme.

Quelques jours plus tard, Meloni ne fait pas mieux...

Après avoir remis la faute sur Frontex et s’être dédouanée lâchement du drame, elle se rend à l’anniversaire de son BFF : Matteo Salvini, ministre des Transports. Au programme : soirée karaoké. Une vidéo de la femme d’État apparaît alors sur les réseaux sociaux. Elle y chante « La canzone de Marinella », autrement dit… Une chanson qui raconte l’histoire d’une immigrée calabraise retrouvée morte dans une rivière dans les années 1950. Nice. Mauvais timing, ma grande.

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Le drame a ému l’Italie… Mais pas son gouvernement. Giorgia Meloni n’a pas eu un mot pour les 86 migrants qui sont morts lors d'une naufrage. En pleine crise migratoire, elle a même fait la fête avec Matteo Salvini... #italie #giorgiameloni #migrants #politique #quotidien

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On glisse tranquillement vers la censure audiovisuelle

Roberto Saviano, écrivain, est un fervent opposant à la politique de Meloni, et il le fait savoir. À la rentrée, il devait animer une nouvelle émission sur la Radiotelevisione Italiana, mais… Surprise ! Cette dernière a été déprogrammée juste après qu’il ait critiqué Matteo Salvini. Oui, le mec du karaoké. Alors que la chaîne justifie cela comme une simple « décision d’entreprise », l’auteur, lui, parle d’une décision purement politique et dénonce une « grave atteinte à la liberté d’expression ».

On peut même plus manger de glace sur les plages de Sardaigne

De base, j’aurais fait une petite vanne en disant que c’était bien ça le pire, mais vu toutes les horreurs que je viens de lire et d’écrire, j’ai même plus envie de rire. Merci l’Italie, vous avez aspiré toute ma bonne humeur, là.

Capri, c’est fini. I hope Meloni, c’est bientôt fini aussi.