Bon, vous avez lu le titre et vous savez qu’on ne part pas sur un top des plus joyeux, mais je vais essayer de rendre tout ça un petit peu fun parce qu’après tout comme on dit la mort fait partie de la vie bla bla bla. Zé partiiii !

L’incinération, ou la crémation (c’est pareil), vous savez normalement ce que c’est dans les grandes lignes : on brûle le corps des défunts pour en récupérer les cendres. C’est une des alternatives à l’inhumation, qui consiste à enterrer les corps. Mais vous avez beau savoir ça, vous n’en connaissez sûrement pas les détails, ni toutes les règles, et ça vous titille peut-être d’en savoir plus. C’est là que j’interviens pour répondre à toutes vos questions et même à celles que vous ne vous posiez pas.

1. Beaucoup de gens choisissent la crémation ?

Oui, beaucoup, et même de plus en plus en France. En 1890, seulement 1% de la population faisait le choix de finir incinéré, contre 59% aujourd’hui. C’est en partie dû à la baisse de l’influence de l’Eglise qui, avant, interdisait la crémation. Mais même l’Eglise s’en fout un peu maintenant, donc les croyants aussi choisissent de plus en plus de partir dans les flammes. Bref, 59%, c’est pas mal, mais c’est encore peu comparé à des pays comme le Danemark ou la Suisse qui tapent dans les 80%.

2. Combien ça coûte ?

Bon, la mauvaise nouvelle, c’est que quel que soit votre choix entre inhumation et incinération, vous allez raquer. Enfin vous, ou vos proches, c’est selon. En moyenne (oui, en moyenne parce qu’il y a toujours des tas d’options) ça sera autour de 4 300€ pour une inhumation et 3 800€ pour une crémation. Après, les tarifs varient selon les régions et les entreprises, mais ça donne déjà une idée. Ce qu’il faut retenir, c’est que c’est pas beaucoup moins cher de choisir l’incinération, entre autre parce qu’il faut quand même acheter un cercueil et louer un corbillard avec porteurs. C’est pas donné tout ça.

Et en ce qui concerne la conservation des cendres, si vous voulez les mettre dans une case de colombarium au cimetière (un endroit où on stocke toutes les urnes funéraires), les prix varient selon l’endroit. À Paris, ça va être du 2500 balles pour 30 ans, tandis qu’à Lille on sera plutôt autour de 500 balles pour la même période. On n’est pas du tout sur le même budget. Et puis y’a toujours la dispersion des cendres dans un jardin prévu à cet effet, ou l’inhumation des cendres dans une propriété privée, ce qui revient moins cher.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : 4028mdk09

3. Et on ne peut pas juste garder les cendres chez soi sur la commode comme on le voit dans les films ?

Non. En France, c’est interdit depuis 2008. Vous ne pourrez pas laisser l’urne bien en évidence dans son vase sur le piano ou dans la bibliothèque. C’est bien dommage.

4. Et la dispersion des cendres dans la nature, c'est possible ?

Beaucoup de gens ont envie qu’on disperse leurs cendres dans la nature, en forêt, sur une plage ou en haut d’une montagne et pas dans un « jardin du souvenir » communal. Seulement, c’est plus compliqué. Selon les endroits, il faut soit faire une déclaration à la mairie, soit obtenir une autorisation préfectorale (et avoir l’accord du propriétaire si c’est sur un espace privé). Après, il y a aussi des lieux où c’est totalement interdit, comme les fleuves, les rivières ou le slip de votre pire ennemi. Juste au cas où vous vous posiez la question.

5. Concrètement, il faut chauffer à quelle température pour brûler un corps ?

On met le cercueil dans un « four crématiste » qui chauffe à 850°C pendant environ 1h30. Ça serait beaucoup trop chaud et beaucoup trop long pour cuire vos lasagnes, mais là c’est ce qu’il faut pour faire passer un corps à l’état de cendres.

6. Et encore plus concrètement, tout finit vraiment en cendres ?

Eh bien non, figurez-vous. Les objets métalliques comme les plombages, prothèses ou autres couronnes dentaires ne brûlent pas très bien, donc ils ne disparaissent pas au moment de la crémation. Du côté des os, il peut aussi rester des fragments qui doivent alors être broyés en fine poudre. Après on les revend à des gens qui pratiquent la médecine alternative et qui en font des décoctions miraculeuses (non, ça c’est faux évidemment).

7. Du coup on en fait quoi des plombages, prothèses etc ?

Si vous pensiez pouvoir récupérer ça, c’est niet (ou « non », en bon français). Toutes ces petites choses sont remises à des entreprises qui récupèrent les métaux précieux et les revendent pour un usage industriel, ou qui reconditionnent les prothèses. Eh ouais, même la mort est un business.

8. Est-ce que c'est écolo la crémation ?

Vous espériez pouvoir quitter cette planète avec un bilan carbone pas trop élevé ? Alors évitez peut-être la crémation. Elle serait 3,6 fois plus polluante que l’inhumation, qui l’est déjà elle-même un peu puisque les rejets du corps humain finissent par souiller la terre et infiltrer les sols. C’est chiant en fait, on peut pas à la fois mourir et être écolo.

9. Y'a bien une alternative écolo non ?

Ok, si vous y tenez, oui, il y a une autre alternative pour faire disparaître un corps de manière écolo : l’aquamation. La technique consiste à placer le corps dans un bain composé d’eau chauffée avec du potassium et du sodium pour qu’il se dissolve en 5 à 10h. C’est plus cool pour la planète, mais la pratique n’existe qu’aux Etats-Unis et au Canada pour l’instant. Pas de bol pour les verts.

10. Est-ce qu'on peut demander à diffuser "Allumer le feu" à fond pendant la crémation ?

Moyennant finance, ça doit pouvoir se faire.

Pour rester dans la même bonne ambiance, je vous conseille de partir illico presto sur ce top des réponses aux questions qu’on se pose sur les pompes funèbres, comme ça vous aurez fait le tour de la question.

Sources : Le Parisien, Décès-info, Dossierfamilial, service-public, Granimond, journal des femmes, La Dépêche, Happyend,