Aujourd’hui aurait du se jouer la finale de Roland-Garros 2020. Cette finale qui finalement aura lieu en septembre de même que le tournoi, elle aurait indubitablement permis enfin à un Français de remporter son premier tournoi du Grand Chelem. Et si vous en doutiez, on peut vous le prouver en vous racontant ce tournoi qui n’a pas eu lieu.

1. Gaël Monfils était troisième à la Race

Le mec était devant Nadal tout simplement donc autant dire que si la saison de tennis s’était déroulée normalement Nadal serait passé devant très rapidement mais que comme elle s’est pas déroulée normalement et ben Monfils il était plus fort que Nadal sur le papier et donc et bah et puis et alors et donc et ben il aurait gagné quoi.

2. Dès le premier tour La Monf était intouchable

Évidemment personne ne pourra corroborer ce que j’avance Puisque les matchs dont je m’apprête à parler n’ont jamais eu lieu. Il n’empêche que Monfils arrivait carrément lancé. À peine 5 sets pour se débarrasser d’un qualifié au premier tout, tout juste 5 autres pour battre Nishioka au deuxième, 4 tie-breaks pour dégager Isner… Non, à ce rythme de 6 heures tous les deux jours sur le court, il aurait eu toute la caisse nécessaire pour aller faire la nique à Nadal et Djoko.

3. Pas de bol, ces drôles de pneumonies qui ont touché les favoris

Qui dit pas de Covid détecté dit « on sait pas ce que les joueurs ont ». Et de fait, ça avait pas l’air d’aller fort, Thiem, lors de son abandon au troisième tour contre Chardy. Il toussait le mec. Et ensuite, pareil pour ce pauvre Chardy qui est allé refiler sa merde à Wawrinka, lequel l’a refilée à Federer et tout à coup tout le tableau de Gaël s’est dégagé.

4. Quel quart de finale !

Ah non sans déconner, c’était quelque chose ce quart de finale contre Federer sur une jambe car pas remis de son opération. Gaël qui menait deux sets à zéro un break d’avance, soudain rattrapé par la tension et Federer qui recolle, un dernier set de folie puis Federer qui se blesse et ne peut plus courir et là Gaël saisit sa chance pour l’emporter 10/8 bravo mon grand te voilà de nouveau en demi ça fait zizir.

5. Basilashvili en demi, on l'attendait pas là

La seule différence de parcours entre le Géorgien et notre Gaël, c’était le temps passé sur le court : 42 heures pour Gaël contre seulement 1h30 pour Basilashvili, qui a bénéficié de 5 abandons dans son tableau pour se qualifier recdi pour les quarts où Tsitsipas, malade, n’a tenu qu’un set (qu’il avait pourtant remporté). En tout état de cause, Gaël a su faire face. Après la perte du premier set face à un Basilashvili opportuniste, il a su remporter les 3 suivants au tie-break. Un match en 4 sets et 4 heures et demi de jeu pour se qualifier en finale mais le Chatrier pouvait reprendre son souffle.

6. Nadal en petite forme

Atteint lui aussi par la pneumonie ambiante mais résolu à ne pas abdiquer, Nadal avait eu presque autant de mal à rejoindre la finale puisqu’il avait perdu un set en chemin contre Medvedev, 5ème mondial et en pleine forme, ce qui n’est pas habituel. On pouvait donc, à l’orée de la finale, s’attendre à un match équilibré entre Monfils et Nadal – et ce d’autant plus que pour la première fois de sa vie, Gasquet, battu au deuxième tour par Nadal, lui avait pris pas moins de 5 jeux.

7. Un public conquis

Dans un Chatrier déserté en raison de la quarantaine, les 12 supporters masqués n’ont pas manqué d’encourager Monfils. Une vraie cote de sympathie dont le Français savait qu’il pourrait profiter dans les moments chauds. C’est d’ailleurs avec les encouragements du public qu’il est parvenu à remporter son premier jeu de service quand il était mené 4/0 balle de triple break dans le premier set.

8. Les gestes barrière à la rescousse

L’intervention du superviseur au milieu du deuxième set a totalement changé la donne : Nadal, interdit de tirage de slip pour éviter de contaminer les balles, a d’un coup perdu le fil, ce qui a permis à Gaël d’enfin rentrer dans son match au milieu du deuxième set. Victime d’une crise d’asthme liée à une allergie au pollen, Nadal laissait filer deux balles de deux sets à rien et voyait Monfils recoller à un set partout au tie-break.

9. Le troisième set où tout s'est joué

A deux partout dans le troisième, Nadal faisait venir le soigneur pour une opération à coeur ouvert sur le court : un simple problème de transplantation rénale urgente. Mais la mauvaise cautérisation associée à l’utilisation d’un fil pour recoudre non désinfecté qui a provoqué une gangrène immédiate entraînant pour le douze fois champion la perte de son bras droit accélérait encore ce que tous les observateurs sentaient venir : Monfils avait pris le dessus. 7/5 dans le troisième.

10. La Fédé aux anges

En proposant à Nadal de financer une opération urgente pour qu’on lui recouse le bras dans le meilleur hôpital français, la FFT a fait coup double : elle a obligé le Majorquin à déclarer forfait tout en le soudoyant pour qu’il ne se batte pas davantage. Monfils, couronné après abandon, pouvait exulter. Pas de doute, cette année, c’était son Roland.

Putain 37 ans après, enfin, on y est.