Des fois dans les derniers instants d’un match, le finish d’une course, devant notre télé ou dans un stade, tout devient fou. Alors vous direz que ça compense pour toutes les fois, bien plus nombreuses, où on s’ennuie sec. Mais ces moments de sport là, on s’en rappelle, longtemps, très longtemps… Haletante, émouvante, folle, incroyable, ébouriffante, fantastique, sensationnelle, insoutenable, en plein de mots, toutes les raisons pour lesquelles on se passionne pour le sport (et heureusement qu’il y a ça parce qu’on rappelle qu’en vrai le sport ça fait surtout mal aux jambes)

1. France / Italie - 2000 (foot)

La fameuse année où l’on dit un peu fièrement que les italiens ont appris à reboucher le champagne. Une équipe de France championne du monde mais menée 1-0 en finale de l’Euro et qui bute sur la défense italienne tout le match, Barthez qui sauve la baraque, il reste une action, un grand ballon balancé devant auquel on ne croit plus et puis, et puis… Sylvain Wiltord qui frappe sous le ventre du gardien et égalise à la 90e+3. les italiens qui fêtaient le titre sur le banc se rassoient. Et dans les prolongations, Trezeguet qui libère un pays en marquant le but en or, cette règle à la con qui fait des bleus des champions d’Europe pour la deuxième fois. Et une belle cuite pour le monde qui suivra.

2. France / Galles - 2017, tournoi des 6 nations (rugby)

Un match de rugby ça dure 80 minutes. Normalement. Mais quand on ajoute pres de 20 minutes d’arrêt de jeu en campant à 1 mètre de la ligne d’essai galloise pour finir par le mettre cet essai, du quasi jamais vu, ça devient carrément mythique. 20 minutes plutôt longue à vivre sur son canap, mais qui finissent très bien.

3. Finale femme du 4 x 400 mètres - championnats d'Europe 2014 (athlé)

4e au début du dernier tour avec un joli retard, Floria Gueï prend le relais et donne tout. Patrick Montel au commentaire n’y croit pas du tout et nous donnera pendant 20 secondes du “ca va etre dur”, “ca va etre très dur”, “y’aura pas de podium parce que là on revient pas”, elle donne tout ce qu’elle a mais malheureusement ça ne sera pas suffisant…” avant un “ALORS PEUT-ETRE !” qui finira par des « énormes, magnifique… je n’ai jamais vu ça.” La plus belle ligne droit vue depuis longtemps. On l’a poussé dans le doc, un peu.

4. France / Hongrie femme - finale du championnat du monde 2003 (Handball)

Un match qui commence mal, qui ne continue pas bien jusqu’à aller à 7 buts de retard avec 7 minutes à jouer. Et puisque tout semble perdu, les filles finissent enfin par se lâcher, au point de revenir à 2 buts de retard à 1 minute de la fin. Puis 1 but de retard à 30 secondes de la fin: soit 30 secondes pour ne pas encaisser de but, récupérer la balle et aller marquer.Ce qui sera fait: égalisation sur penalty à la dernière seconde (la vraie dernière seconde chrono arrêté à 60’00). la prolongation ne sera pas une formalité, mais pas loin: quand on revient de l’enfer, on en revient avec un supplément d’âme. Un des plus beaux exploits du sport français

5. France / Portugal - 84, Championnat d'Europe (foot)

Demi-finale de l’Euro à Marseille. La France de Platini qui maitrise le match ouvre le score, tire 256 fois au but et se fait pourtant égaliser au bout de temps réglementaire. On va donc partir pour des prolongations, 2 ans après le traumatisme de celles de Séville. Et le Portugal prend l’avantage sur une reprise un peu foirée mais qui crispe tout le monde. Didier Roustan et Michel Denisot aux commentaires égréne le temps à la seconde près, c’est irrespirable. On va perdre à nouveau 2 ans après la demie contre les allemands. Et puis Domercue égalise à 5 minutes de la fin. Et puis encore Tigana, tellement au dessus, s’arrache une nouvelle fois sur la droite et centre pour Platini qui contrôle frappe et libère un stade, le salon dans lequel j’étais caché, et un pays. Les bleus seront champions 1 semaine plus tard, mais le meilleur était presque déjà passé.

6. 4x100 m nage libre - champion olympique (natation)

Amaury Levau, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel en finale des jeux olympique face à l’ogre américain avec Michael Phelbs. Les 3 premiers nageurs tiennent la baraque pour se mettre à quelques mètres des méchants ricains avant le dernier relais. Yannick Agnel finira le boulot dans un dernier 50 mètres d’anthologie. Ca donnerait presque envie de faire des longueurs (on a dit presque)

7. Marc Raquill - 400 m - Championnat du monde 2003 (Athlé)

La dernière ligne droite qu’on est nombreux à avoir rêvé une fois dans un coin de notre tête. Le retour de nulle part, Patrick Montel qui n’y croit toujours pas (décidément), les mètres gagnés les uns après les autres, la photo finish et la délivrance dans un stade parisien plein et qui chavire, conscient d’avoir vécu un truc rare.

8. France / Galles - 2021, tournoi des 6 nations (rugby)

70e minute: essai pour la France qui revient à 3 points des rouges de Galles. Puis 5 minutes de VAR pour finalement annuler l’essai, mettre un rouge à Willemse pour un “léger” doigt dans dans l’oeil, et mettre pénalité pour les gallois, tu te dis que c’est cuit. 10 minutes à jouer à 14 pour remonter 11 points minimum. Et puis le miracle se construit, un essai de l’espoir à 3 minutes de la fin, il ne manque encore un, on ne veut pas y croire, on explique aux gens avec qui on regarde que “non, ça peut pas arriver, fais moi confiance, des matchs de rugby j’en ai vu…”, et pourtant si, essai de Dullin en bout de ligne dans les arrêts de jeu. Gros gros kif.

9. Jason Lamy Chappuis - 2010, champion olympique (Combiné Nordique)

Faire du saut à ski, c’est déjà pas simple, mais si en plus derrière il faut faire du ski de fond, ça devient carrément complexe. En finale des JO, Jason Lamy Chappuis mène bien sa barque jusuq’à etre 2e à quelque centaines de mètres de l’arrivée. Et c’est là que la magie opère, mètre après mètre, comme dans un film, pour passer sur la fin. Comme le dit Patrick Montiel: il l’a fait. Il l’a fait. Ouais, il l’a fait, et nous aussi un peu avec lui.

10. France – Angleterre, 2004, championnat d'Europe (foot)

Un euro qui commence par un gros match contre les anglais. Des anglais qui mènent quasi tout le match jusqu’à la 89e minute. Coup Franc pour Zidane qui poursuit la construction de sa légende en égalisant à la dernière minute. Et une minute plus tard, Steven Gerrard rate sa passe en retrait pour David James, Henry s’interpose, pénalty. Zidane encore (qui vomit un peu avant de tirer) 2-1. Ou comment retourner un match qu’on ne maitrisait pas en 2 minutes. Par contre, c’est la Grèce qui deviendra championne d’Europe 3 semaines plus tard. N’importe quoi.

11. (Bonus) France / Allemagne - 1982, coupe du monde (foot)

Il n’y avait que des victoires dans ce top, ça aurait été trop simple. Le sport, c’est avant tout des émotions, et il arrive que des défaites en provoque autant. Celle de 1982 contre la RFA en demi-finale restera pour beaucoup la quintessence du sport, une sorte de tragédie grecque mélangeant toutes les émotions, la joie, la détresse, l’espoir, l’injustice, le sentiment d’avoir vécu un truc fort, donc on se rappelle encore 40 ans après.

Et aussi Vincent Defrasne champion olympique, Boestch qui sauve 3 balles de match de coupe Davis avant de gagner… Autant de fois où rester sur son canapé aura payé, validant du même coup nos efforts de plusieurs heures chaque week-end.