En France, on n’a pas de pétrole, mais on aime bien l’utiliser. Ça et tout un tas de trucs qui ont le don de rejeter dans l’air et dans les sols des merdes qui polluent. Mais la France, bien qu’une et indivisible, n’est pas un territoire uniforme pour autant et si la Creuse se porte plutôt bien niveau pollution, il n’en va pas de même de tous les coins et recoins de notre beau pays dont on peut dire que ses régions ont du talent. Evidemment, ce sont essentiellement les anciens sites industriels et/ou de production et distribution d’hydrocarbures qui polluent les sols et l’air ; et évidemment, l’Île-de-France, le Nord, l’Est et le coin de Saint-Etienne tiennent le haut du pavé de la pollution française.

1. La vallée de l'Arve

Cette petite vallée au pied du Mont-Blanc, dans les Alpes françaises, est l’un des sites les plus pollués de France. A tel point d’ailleurs que les ministres de la Transition écologique, des Transports et de la Santé s’y sont rendu main dans la main (c’est une image, ils ne se donnaient pas vraiment la main) en 2018. C’est l’encaissement de la vallée et sa proximité avec des infrastructure routières qui explique son niveau élevé de pollution. A Passy, une petite ville de la vallée, la qualité de l’air est une des pires de France.

2. L'ancienne mine d'or de Salsigne

La mine d’or de Salsigne, dans l’Aude (le département, pas la fille que vous connaissez qui s’appelle Aude) a fermé en 2004. Pourtant, le site, abandonné, reste un facteur de toxicité énorme qui génère des maladies – et pas des moindres – dans la région en polluant les sols et l’air. Sur place, on peut encore trouver 7 millions de tonnes de déchets et 500.000 tonnes d’arsenic, sans pour autant que les autorités sanitaires n’accouchent d’un plan de démantèlement. Bonne ambiance.

3. 30.000 anciennes stations services polluent en France

Ces stations ont fermé, elles sont pour la plupart l’héritage mort des 30 glorieuses, mais leurs cuves n’ont pas été dépolluées. On se retrouve donc avec des épiphénomènes de pollution des sols et des nappes sur les bords des nationales – inusités aujourd’hui et qui traversent souvent directement les villes – et directement dans les grandes villes, notamment à Paris où il existait autrefois de nombreuses pompes dans le coeur même de la ville. Aucun plan global n’est à l’étude pour les démanteler.

4. Kourou

La base de lancement de la fusée Ariane est un véritable nid polluant. Entre les différentes substances chimiques utilisées pour le lancement des fusées et la proximité d’anciennes mines d’or asséchées, on se retrouve avec des niveaux de mercure dans l’air et les eaux absoolument affolants, sans qu’aucune étude sanitaire globale ne soit menée pour en déterminer l’impact potentiel.

5. La Porte de Montreuil

Evidemment, l’île-de-France est la région la plus polluée de France. Assez logiquement, Paris et la Seine-Saint-Denis sont les départements les plus pollués de France. Donc imaginez qu’on s’installe à l’endroit exact où Paris communique avec une ville pauvre de Seine-Saint-Denis et la plus grande commune du département au travers d’une immense rocade donnant sur le périph. Qu’est-ce que ça donne ? Le point le plus pollué de Paris, évidemment; à savoir la Porte de Montreuil. Des études bénévoles ont montré que le taux de particules PM10 pouvait y atteindre 190 µg/m3 alors que les recommandations sanitaires sont de 20 µg/m3. Plus de 6 fois la dose maximale autorisée.

6. Le site de MetalEurop

Depuis 2015, l’ancien site de MetalEurop fait l’objet d’un arrêté préfectoral en raison de l’importante pollution de ses sols. Ses 734 hectares servaient en effet à fournir la France en zinc et en plomb. Autant dire que c’est pas propre propre. Depuis sa fermeture en 2003, on a décidé d’une sorte de zone tampon entre le site et les habitations, essentiellement agricoles. Mais les agriculteurs ne peuvent plus cultiver l’intégralité de leurs terres et certaines cultures ne poussent tout simplement pas. Bref un bordel absolu faisant intervenir l’Etat, la région, la préfecture dans une ambiance « personne ne bouge ».

7. Le parc de stationnement Opéra Meyerbeer dans le IX° arrondissement de Paris

C’est le lieu le plus pollué de Paris et pour cause : il accueillait autrefois une station service au niveau -1 ainsi qu’un parking de 8 étages. Donc autant dire qu’on a là tout ce qui peut vraiment polluer à mort à la fois les sols et l’air. C’est le point culminant de la pollution parisienne, devant d’anciennes usines chimiques.

8. L'usine Everite de Dammarie-Les-Lys

Cet ancien site de production d’amiante est une catastrophe en sursis. Le site a été abandonné tel quel avec des quantités astronomiques de déchets d’amiante et le département est intervenu pour s’assurer que le terrain ne pourrait pas être réexploité par des promoteurs. Il est inconstruisible.

9. Le fort d'Aubervilliers

L’ancien fort militaire de Seine-Saint-Denis accueillait le service des essences de l’armée de 1847 à 1969. Autant dire qu’on y trouve des résidus polluants très très tenaces, auxquels il faut ajouter des substances chimiques plus inquiétantes encore car le fort a également servi de base pour des laboratoires de recherches en chimie et en radiologie. Et maintenant, c’est un théâtre.

10. Une usine de cyanure sous un supermarché dans le Val d'Oise

La nappe phréatique de Louvres est polluée par les rejets d’une ancienne usine qui fabriquait des cyanures alcalins. Et qu’est-elle devenue, cette usine, après avoir fermé ? Rien, on l’a laissée telle quelle mais rapidement des promoteurs ont acquis le terrain et y ont érigé un supermarché. Ça donne envie de faire ses courses.

Le mieux c’est peut-être de porter un masque tout le temps, même hors coronavirus, en fait.

Sources : Ouest France, Konbini, Usine nouvelle, L’Atlas de la France toxique

Crédit photo Une : Florian Pépellin — Travail personnel, via Wikipédia.