Et si le poisson rouge est l’alternative parfaite à la folie du chiot, aux poils du chaton, à la venimosité du cobra royal ? Encore faut-il avoir un coeur qui bat dans votre poitrine et le sens du devoir. C’est les enfants qui vont être contents ? Ça reste à prouver.

1. Zéro interaction

Quoi de plus sympa que de voir l’animal vous sauter dessus de bonheur après une longue séparation (quelques minutes suffisent pour le chien). Le poisson rouge ? Impassible. Minéral presque. Peut-être une bubulle pour marquer le coup. Et encore. Ingrat que tu es.

2. Mal entretenu, un aquarium sent le vieil étang

Parce qu’on a tous des coups de mou, l’hygiène de l’aquarium passe souvent au second plan. Entre les déjections, les plantes aquatiques et un trop plein de nourriture, ça pue à vitesse grand V. Même une grenouille hésitera à y élire domicile. C’est dire.

3. Sa mort ne vous brisera pas le coeur

Si en moyenne le poisson rouge a une espérance de vie de 30 années (cela peut même monter à 50), son trépas ne vous fendra pas le coeur. En tout cas nettement moins qu’avec un animal muni de poils qui répond vaguement à son nom.

4. La cruauté du rituel funéraire

En vertu de l’article L.226-3 du Code rural, il est strictement interdit de jeter Bubulle au fond de la cuvette des chiottes. Vous devez soit l’incinérer chez le vétérinaire soit l’enterrer à un mètre de profondeur (recouvert de chaux) à 35 mètres des premières habitations et autre points d’eau. Heureux ?

5. Le remplacer ? Pas si facile

Erreur de débutant. Dans la précipitation, vous souhaitez remplacer le macchabée flottant par son sosie parfait. C’était sans compter sur une période de quarantaine, un changement d’eau et un nettoyage de l’habitat. Eh oui, si le virus est resté sur place c’est niqué.

6. Ça coûte un bras !

Un aquarium. Une pompe. De la décoration (on pense notamment ce coffre de pirate qui s’ouvre et se referme). Du gravier. Une loupiotte. Ah mince, on est hors budget pour acheter des poissons. Ça marche avec un escargot ramassé dans la rue ?

7. Jamais seul dans mon aquarium

Avec tout ce décorum (qui peut s’élever à une petite centaine d’euros en fonction de votre sens de la démesure), le poisson est un animal étrangement social. Seul, il dépérit. Accompagné, il est « content » et vit plus longtemps. Mais comme souvent il reste seul, c’est un animal dépressif que tu gardes en cage.

8. Jamais dans un bocal

La solution des grosses pinces n’en est pas une. Aussi étonnant que celui puisse paraître, le poisson rouge est un animal sensible. Exigu, le bocal empêche la croissance de la bête. Le mettre dans un bocal revient à mettre un humain dans une pièce de 5 m². Malformation, maladie, souffrance et mort à la clef. Vous êtes une mauvaise personne.

9. L’espérance de vie de la bête

Comme dit précédemment, le poisson rouge peut vivre jusqu’à 50 ans – encore faut-il respecter les normes d’hygiène. Autant vous dire que l’enfant se sera déjà lassé (temps moyen de lassitude moyen : une semaine).

10. Tellement moins bon à manger que la truite saumonée

C’est truffé d’arêtes. Ça sent le marais. Y’a rien à bouffer là-dessus. Le poisson est purement ornemental. Là, où la truite saumonée est belle et bonne – mais ne tient pas dans un aquarium de 50 litres, il y a des arbitrages à faire dans la vie.

50 ans ! Rendez-vous compte : la poiscaille peut vous survivre – arrêtez la clope et l’alcool tout de suite. C’est qui le sommet de la chaîne alimentaire ? Hein ? Bah, c’est nous… Et il n’y a pas de quoi être fier. Et si vous voulez en savoir davantage sur ce sujet houleux on a aussi les questions qu’on se pose sur les poissons rouges. Mais laissez tomber, trouvez plutôt une esquive pour ne pas acheter cet animal de compagnie à votre enfant.