Ça n’est un secret pour personne, une fois que tu deviens parent, ta vie bascule du côté obscur de la force en un clin d’œil et tu goûtes au sommeil et à la spontanéité à peu près autant qu’Aymeric Caron au steak tartare. Mais l’avantage, au fur et à mesure que tu progresses dans ce milieu aussi hostile que fascinant, c’est que tu apprends à identifier ce qu’est réellement la douleur…

1. Le classique : marcher sur un fuck*ng truc pointu par terre

Le plus douloureux dans ces cas-là c’est que tu voudrais juste pouvoir insulter la terre entière, te défouler au moins verbalement dans une vaine tentative d’expiation du mal mais tu ne peux pas car tes enfants assistent à la scène et tu n’es pas encore prêt à leur expliquer que Tonnerre de Brest et Moule à gaufres ne sont pas les premières expressions qui t’ont traversé l’esprit (bon après, nous on pense que c’est bien de dire des gros mots devant ses enfants hein).

2. Te faire frapper en permanence

Coup de coudes bien saillants dans le ventre parce qu’on t’a pris pour une table basse sur laquelle s’appuyer OKLM. Te faire tirer les cheveux, triturer le visage, tirer les boucles d’oreilles… Mais tu souffres en silence en pensant à toutes les photos compromettantes de cette personne que tu es en train d’amasser et que tu feras circuler le moment venu (en général à l’adolescence).

3. Qu’on snobe ton cadeau

Cette robe trop mignonne pour laquelle tu as craqué en magasin alors que d’habitude tu es plutôt branchée seconde main mais là c’était trop mignon, tu n’as pas résisté. Tu le crois que la meuf, cette petite ingrate, refuse de la porter en même temps qu’elle jette son dévolu sur une vieille polaire rose que tu avais récupérée on ne sait où ?

4. La punchline que tu n’avais pas vue venir

« Mais maman, pourquoi t’es encore en pyjama, toujours ? ». Ok il est, 16h37 et la question est légitime même si on est samedi. Mais tu es quand même à deux doigts de lui demander à elle pourquoi elle a un dessin immonde du profil d’un cochon dégueulasse sur sa culotte avec écrit « Peppa Pig ». Surtout que c’est pas comme si tu lui avais pas servi le petit dej, allumé la TV (on vous a parlé de ce cochon chelou, toujours de profil ?), que tu l’avais pas habillée, re-nourrie, que tu lui avais pas lu 2 ou 3 histoires avant la sieste, suivies d’un câlin et d’un goûter, tout en montant une flopée de meubles IKEA pour sa chambre beaucoup plus stylée que la tienne.

Je suis en pyjama, ma chérie, parce que c’est la seule chose qui atteste de mon droit inaliénable à être en week-end. Et maintenant, Maman va t’apprendre à faire un mojito.

5. Le rejet d’un des deux parents

« Constantin, mon chéri, tu viens mettre ton manteau ? – Non c’est maman qui me met mon manteau ! »

Oui parce que ça arrive quand même plus souvent au père qu’à la mère de se prendre un gros vent. Alors la mère compatit, bien sûr. Même si, soyons honnête, elle se dit aussi qu’après tout ce qu’elle a enduré, elle a bien mérité un peu de considération. Sauf qu’elle aimerait bien, elle, qu’il aille se balader avec son père pendant qu’elle traînerait tranquilou – oui, en pyjama – dans le canapé. Allez, les papas, hauts les cœurs, c’est juste une phase.

6. Marcher sur un fucking truc par terre (bis)… mais la nuit

Mais purée (ce n’est pas le mot que tu as réellement en tête), ça sort d’où sérieux ces petits machins à la c*n ? En plus de ne pas pouvoir crier tous les noms d’oiseaux qui te viennent en tête, tu es également condamné au silence puisque hurler à la mort réveillerait tes enfants et ce serait pire que tout. Alors lentement, dans le calme assourdissant de la nuit, l’on verra glisser sur ta joue de belles larmes de sang. Allez, va, demain tu penseras à enfiler tes chaussons avant d’entrer.

7. Voir ton enfant malade

Assister à la souffrance de sa progéniture sans pouvoir rien faire, c’est quand même un des pires trucs du monde. Par contre, il faut reconnaître que quand ils sont K.O. et qu’on les a mis au lit en deux deux sans même lire une histoire, à 19h30 pétantes, on est à deux doigts de faire péter le champagne et les feux d’artifice. Mieux que les Bains Douches, la soirée improvisée à la maison ! Et inutile de culpabiliser, ça reprend vite du poil de la bête, ces petites créatures.

Crédits photo : Topito

8. Te faire vomir dessus

Oui, parce que l’enfant malade comporte sa palette d’aventures plus ou moins ragoutantes avec un sens toujours aigu du timing. Imagine-toi en week-end (chez tes parents, faut pas déconner), avec du soleil dont tu espères profiter pour te détendre un peu dans le jardin. Bien sûr, tu as pensé à 14 tenues de rechange pour ton fils mais l’idée d’ajouter ne serait-ce qu’un T-shirt supplémentaire pour toi ne t’a pas effleuré une seule seconde. Et c’est donc précisément cet instant que ton petit trésor choisit pour se transformer en geyser. Personne ne s’est jamais senti aussi seul que toi à cet instant. Sauf peut-être Anne Hidalgo au premier tour des élections présidentielles de 2022.

9. Te faire afficher par la maîtresse

Directrice d’école, directrice de crèche, auxiliaire de puériculture… A partir du moment où ton enfant met les pieds à la crèche ou à l’école, tu bascules dans l’étrange univers de la petite enfance où l’on te parle à toi aussi avec patience et bienveillance… Alors c’est peu dire qu’on aime moyennement se faire disputer parce que notre enfant de 2 ans et demi avait une pièce de 20 centimes dans son casier et que, vous comprenez, pour les bébés de première année, ça peut être dangereux s’ils ouvrent le casier de votre fille (ben on aimerait autant qu’il touche à sa couche, non ?). En vrai, tu es surtout soulagé que ça ne soit pas tombé le jour où elle avait un briquet dans sa poche…

10. Être pleinement conscient de son masochisme

Même après cette liste de souffrances qu’on endure à cause d’eux, on les aime quand même fort. Même quand on a enfin réussi à endormir la marmaille qui nous a épuisé toute la journée, on mate des photos et des vidéos d’eux jusqu’à 1h du mat’ en sachant qu’on va le payer le lendemain. On n’aurait pas comme un petit syndrome de Stockholm ?

Allez lâche-toi, quelle est ta plus grosse souffrance à toi depuis que tu es parent ?