Le sommeil est une activité délicieuse qui permet de ne pas mourir quand on le pratique sur des durées inférieures à 25 ans (auquel cas le sommeil a un autre petit surnom qui n’est autre que le coma). Mais le problème, lorsque l’on dort – et ça ne vous aura pas échappé – c’est que l’on est davantage concentré sur cette fille superbe qui est en train de faire du surf sur le dos d’un serpent que sur l’incendie en passe de se déclarer dans la réalité parallèle que l’on a coutume de surnommer « la réalité ». Et c’est comme ça qu’on se retrouve à faire des grosses bêtises en se laissant aller au gros dodo.

1. Le mec qui s'est endormi alors qu'il devait être présent à un jury : il a pris dix jours de taule

DeAndre Somerville avait été choisi par un tribunal de Floride pour faire partie d’un jury populaire dans le cadre d’une affaire pénale. Jusque là, pas de problème. En revanche, des problèmes, DeAndre a commencé à en connaître quand il ne s’est pas présenté à l’audience, la faute à un gros dodo. Son erreur a été de ne pas appeler le tribunal pour les informer de son retard : dix jours plus tard, il était convoqué au tribunal correctionnel, mais pas comme juré. Le juge, qui a eu la main lourde, l’a condamné à 10 jours de prison. Pas de quoi mourir, mais pas des vacances non plus. La prochaine fois, il mettra un réveil. (source)

2. Georges Arnaud

Connu pour son livre-phare, Le salaire de la peur, Georges Arnaud ne s’est pas toujours appelé Georges Arnaud. Henri Girard, de son vrai nom, était un viveur, un coureur versant dans l’anarchisme et aussi (on peut le penser) dans la résistance. Son père, lui, n’était pas collabo – mais, haut-fonctionnaire, il continuait d’exercer sous le gouvernement de Vichy tout en finançant, selon certains dires, des organisations de résistance. Le 24 octobre 1941, le père et le fils se rencontrent au château familial d’Escoire, où se trouvent déjà la tante d’Henri Girard et une domestique. On se couche : Girard prend une chambre assez lointaine, boit un coup et dort comme un nouveau né. Le lendemain matin, le père, la tante et la domestique sont retrouvés morts, tués à la serpe : seul Henri Girard est indemne. Il donne l’alerte.

Seul témoin du crime (même s’il assure n’avoir rien entendu), Girard est naturellement suspecté et arrêté malgré ses dénégations. Bénéficiant d’un bon avocat et au vu des incohérences de l’instruction, il sera acquitté. Ou comment se retrouver dans une embrouille pas possible à cause d’un roupillon.

3. Le pilote qui s'est endormi dans le cockpit et a raté sa destination

Le truc con : le mec s’est endormi au boulot. Le problème, là, c’est que son boulot consistait à piloter des avions. Rassurez-vous, personne n’est mort, mais le pilote a dû avoir une drôle de surprise quand il s’est réveillé 46 km plus loin que sa piste d’atterrissage. Tout ça se passait en Tasmanie, en 2018, sur un vol courte distance. Quoi qu’il en soit, l’autorité australienne du trafic aérien a ouvert une enquête pour incident grave.

4. Le mec qui s'est endormi alors que sa meuf était en train de se noyer

Elle était rigolote l’anecdote du point précédent, pas vrai ? Celle-là l’est moins. Il en faut pour tous les goûts : Christian et Frida étaient un couple de quinquagénaires belges partis faire un tour en bateau et (manifestement) se bourrer la gueule. Tout se passait bien, jusqu’à ce que Christian tombe à l’eau et que Frida l’aide à remonter avec une corde. Ouf, plus de peur que de mal : Christian, qui avait picolé sympathiquement (comme sa femme, d’ailleurs), s’est remis de ses émotions en faisant une petite siestoutoune. Petite siestoutoune qui a mal tourné parce que pile à ce moment-là, Frida décidait de tomber à l’eau et de se noyer. Poursuivi pour non-assistance à personne en danger, Christian a finalement été relaxé.

5. Les gardiens de Jeffrey Epstein

C’est quand même pas de bol : les deux gardiens (les DEUX, pas UN, les DEUX) de prison chargés de surveiller Jeffrey Epstein s’étaient endormis le soir où celui-ci a décidé de se pendre dans sa cellule (puisque apparemment il s’agit là de la thèse privilégiée par les enquêteurs). Autant dire qu’ils se sont sentis un peu cons, le lendemain matin, en voyant le ramdam déclenché par ce suicide louche, survenu avant le procès d’Epstein, et qui semblait arranger un certain nombre de personnes de haut rang soupçonnées d’avoir trempé dans les magouilles de prostitution et de pédophilie de l’homme d’affaires. Qu’ont-ils fait, les gardiens ? Ils ont falsifié leur rapport, bien évidemment. Mal leur en a pris.

6. Le bagagiste qui s'est endormi dans la soute d'un avion

Il n’y a pas de mauvais endroit pour piquer un somme quand on a un très gros coup de barre. Un bagagiste l’a prouvé il y a quelques années en décidant de faire un petit dodo rapide dans la soute d’un avion d’Alaska Airlines peu avant son décollage. Réveillé sans nul doute par les bruits de moteur, il a tambouriné contre la carlingue de l’appareil pour signaler sa présence, forçant les pilotes (qui, eux, ne dormaient pas) à assurer un atterrissage d’urgence à Seattle un tout petit quart d’heure après le décollage. Ce sont les passagers qui ont dû être contents.

7. Le chirurgien qui s'est endormi pendant une liposuccion

En 2008, un chirurgien esthétique du Massachusetts connu pour ses déboires avec l’alcool s’est tout simplement endormi pendant qu’il pratiquait une liposuccion. Le pire, c’est que le chef de service n’a pas jugé bon d’empêcher le chirurgien en question d’opérer alors même que plusieurs rapports lui avaient signalé qu’il n’était pas en état d’exercer son boulot. Mais bon, si ça se trouve, c’était une liposuccion vraiment barbante.

8. Alex Thompson pendant la Route du rhum 2018

Durant la Route du rhum 2018, Alex Thompson menait clairement les débats. Largement en avance à quelques milles de l’arrivée, il a eu le malheur d’être victime d’une panne de réveil au pire des moments, la faute à la pile, déchargée, de sa montre. Thompson ne s’est pas réveillé et il s’est échoué sur une île de Guadeloupe, lâchant une victoire qui lui était acquise. La guigne la plus absolue. Sa chance, dans son malheur, est d’avoir évité un accident bien plus grave car son navire fonçait à dix-huit noeuds vers la côte quand le vent l’a ralenti. Pour se déséchouer, Thompson n’a eu d’autre choix que d’utiliser son moteur pour faire une marche arrière, ce qui lui a coûté 24 heures de pénalité. Bye-bye la victoire.

Ils auraient dû se prendre un petit café.