Salut mes petits courtiers en herbe. Depuis quelques temps je me découvre une passion pour le journal start-up des Echos, et je suis donc devenue de droite. Or comme toutes les personnes de droite, je parle beaucoup de comment payer moins d’impôts et comment faire des emprunts immobiliers (deux sujets de prédilection des gens de droite, ainsi qu’un amour inégalé pour Christian Clavier et Laurent Gerra).

1. Calculer ton taux d'endettement

C’est le premier truc à faire quand tu veux acheter. En gros les banques veulent bien de prêter des tunes pour que tu deviennes proprio mais elles calculent d’abord ton taux d’endettement. On part du principe que tu ne peux pas emprunter au delà de 35 % de tes revenus. C’est assez logique puisqu’on veut que tu sois en mesure de rembourser ton emprunt.

2. Emprunter de l'argent à des copains ou à la famille

En apparence, ça ressemble à une très mauvaise idée, source de conflits et de rupture amicale. Alors déjà, tiens-tu vraiment à ces amis ? Est-ce que ça vaut le coup de les voler ? Si non, il est tout de même possible de leur emprunter des deniers dans les règles de l’art. Pour cela, il faut faire une déclaration écrite et un remboursement mensualisé (si vous ne vous engagez pas sur des échéances régulières de remboursement, le prêt est perçu comme une donation cachée et le fisc n’aime pas ça).

L’avantage de cette option est que ton prêteur (s’il n’est pas trop un chacal) peut te faire un prêt à taux zéro. Vachement plus cool que les banques qui te taxent comme des porcs. En revanche, même un emprunt à taux zéro aura un impact sur ton taux d’endettement susmentionné.

3. Viser petit pour commencer

Quand tu achètes, tu n’es pas obligé de vivre dans ce lieu jusqu’au dernier centime de remboursement. Tu peux revendre avant, quand tu as plus de sous pour acheter quelque chose qui te convient davantage. Oui ça semble très con mais c’est le genre de choses qu’on ne nous apprend pas à nous autres gens pauvres. Bref, il vaut mieux commencer par un petit truc dont tu es sûr·e de pouvoir rembourser l’emprunt. Donc calme ta ouaj avec ce château sur les bords de Loire et commence par une place de parking à Cholet.

4. Prendre une petite banque

Je suis désolée de te l’apprendre, mais les banques n’aiment pas trop les gens dénués de pognon (même pas peur de jeter un pavé dans la marre en disant ça). Et à ce petit jeu-là, les grandes banques sont les pires. Les petites seront un peu plus encline à étudier ton dossier et à te laisser une (toute petite) chance de faire quelque chose de ton argent.

5. Vendre du rêve à votre banquier

Ouais je sais ça semble chelou mais ça fait partie du délire. Pour convaincre ton banquier de te filer du flouze, il faut d’abord instaurer un rapport de confiance (le mec voit tes comptes, il connait ta vie dans les moindres détails, inutile de lui cacher que tu es à découvert tous les mois depuis l’âge de huit ans, il le sait). Ensuite, il faut vendre du rêve. Alors ok dans ta tête, acheter cette chambre de bonne pour y organiser un trafic d’organes, c’est très cool, mais ça ne vend pas du rêve. Parle de tes envies, de ton avenir, pourquoi ce lieu plutôt qu’un autre. Bref, apprends à pratiquer l’art du mytho.

6. Faire des demandes auprès de plusieurs banques

C’est vivement recommandé car elles ne pratiquent pas toutes les mêmes taux d’intérêt, certains exigent un apport, d’autres non. Ce n’est pas seulement la banque qui te choisit, ça se passe dans les deux sens et il ne faut surtout pas t’en cacher. N’oublie pas que ton emprunt générera des intérêts pour la banque donc la grosse moula. Ou juste la moula.

7. Faire une SCI familiale

Oui, le terme fait peur, mais pas de panique. En gros une SCI c’est une Société Civile Immobilière, et tu peux faire ça en famille, ce qui veut dire que toi et ton frère, ta sœur ou, qui sait, ta mère, vous montez une petite société ensemble pour acheter un bien immobilier. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais en gros c’est assez avantageux, surtout au niveau de l’héritage.

8. Eviter de n'avoir que ça comme sujet de conversation

Riches ou pauvres, les gens qui acquièrent un bien ont tendance à en parler beaucoup trop. Ne tombe pas dans ce piège stp : sois humble, et attends seulement qu’on te pose des questions sur le sujet pour t’en vanter sans vergogne (mais durant un temps n’excédant pas les 5 minutes, sinon tu vas faire fuir ton interlocuteur). C’est pas si compliqué.

9. Avoir des parents friqués

Oui on a parlé des galères si toi t’avais pas de tunes mais si tes parents ont de la tune on règle déjà une grande partie de l’équation. Le plus simple reste donc de naître dans une famille de gens plutôt riches et de ne pas fumer trop de pétards à l’adolescence afin d’hériter de l’hôtel particulier de tes parents quand ces derniers daigneront vivre à plein temps au Touquet.

10. Se lancer

Au final, le plus dur, c’est de se bouger le derche, parce qu’on a tendance à passer des années à se dire que « noooon c’est impossiiiible je pourrai jamais acheteeeer j’ai pas d’argeeeeent ». Mais en fait, si, c’est possible. Un peu galère quand t’as pas trop de thunes, mais possible quand même. Je sens l’espoir renaître dans tes yeux hein ?

Maintenant il ne te reste plus qu’à ne pas devenir un des pires propriétaires de l’histoire.