On est plus qu’au fait des actes de barbarie commis par les nazis durant la Seconde guerre mondiale mais, éloignement oblige, on connaît beaucoup moins les exactions nombreuses et terribles commises par les Japonais durant cette même guerre. Pour les Chinois, la guerre mondiale a d’ailleurs commencé beaucoup plus tôt que pour nous, dès 1937, lorsque l’Empire japonais a envahi le territoire chinois et commencé une oeuvre de destructions absolument invraisemblable. S’il serait malaisé de vouloir classer ces actes qui sortent de toutes les conventions de la guerre du pire au meilleur, on peut toutefois livrer un rapide résumé des plus notables.

1. Le massacre de Nankin

En décembre 1937, la bataille de Nankin qui oppose les forces japonaises aux Chinois menés par Tchang Kaï-chek tourne à l’avantage des Japonais, qui occupent la ville et obligent Tchang Kai-chek à fuir en laissant derrière lui une ville dont on ne peut s’échapper, les troupes restées sur place ayant reçu pour mission de couper les capacités d’accès des Japonais. Pendant six semaines, les armées japonaises vont alors pratiquer des exactions absolument innommables. Plus de 100.000 civils et soldats désarmés sont assassinés quand des dizaines et des dizaines de milliers de femmes (80.000, selon les estimations hautes) et d’enfants sont violés par les soldats de l’armée impériale en vue d’une politique de remplacement ethnique. S’ensuivent également une destruction orchestrée de la ville via des incendies volontaires ainsi qu’une politique d’exécution des prisonniers chinois.

2. Le travail forcé avec la mort pour seul horizon

Au plus fort de la guerre, les Japonais occupaient un territoire immense en Asie du Sud-Est. Les forces japonaises décidèrent alors de construire un chemin de fer pour relier le Siam et la Birmanie au travers d’une jungle impénétrable. Pour ce faire, les Japonais ont mis à contribution les prisonniers de guerre et les civils locaux, forcés de construire le chemin de fer sans la moindre aide mécanique malgré les moussons. S’ils refusaient, ils étaient exécutés. Tous les travailleurs blessés ou malades étaient abandonnés à leur sort. Sur les 200.000 civils et les 60.000 prisonniers de guerre, on a dénombré pas moins de 90.000 et 16.000 morts. Le film Le pont sur la rivière Kwaï s’inspire de cet épisode.

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3. L'Unité 731

Établie en Mandchourie sous domination japonaise, l’Unité 731 de l’affreux général Shiro Ishii cachait sous des dehors de recherches en épidémiologie des expérimentations terribles sur des prisonniers et des Chinois considérés comme des sous-hommes. Vivisections, injections de virus et de maladies à des cobayes en vue de construire des armes bactériologiques… Dans les locaux de l’Unité 731, une expérience a même consisté à congeler les membres de personnes vivantes pour ensuite les briser, les couper, ou les réchauffer et voir ce qu’il se passe, dans l’idée assumée de mieux préparer les soldats à la rigueur de l’hiver russe. Au total, 10.000 personnes, dont des enfants, sont mortes au sein de l’Unité entre 1932 et 1945. Et Shiro Ishii a sorti la carte « pacte avec les Etats-Unis » pour éviter tout jugement. Il a même reçu une pension à vie de la part du gouvernement américain en échange du partage de ses recherches.

4. Un atelier massacre pour maintenir le team spirit

A mesure que l’armée japonaise avançait vers Nankin, deux officiers japonais se sont lancés dans un concours tout ce qu’il y a de plus bénéfique pour l’esprit de cohésion : lequel des deux serait le premier à tuer 100 personnes avec un sabre ? Sur la route puis durant le sac, les deux Japonais s’en sont donc donné à cœur joie, leurs exploits étant relayés par les journaux japonais qui retranscrivaient les verbatims de leurs conversations du genre : « Combien en as-tu tué ? » « 105 ! Et toi ? » « 106 ! » « Bon, on dit match nul et le premier à 150 ? »

5. La Marche de la mort de Bataan

La bataille de Baatan, aux Philippines, a été l’une des principales confrontations entre les armées alliées et japonaise de la bataille des Philippines. Pendant 3 mois, les deux armées n’ont cessé de se battre et la victoire est finalement revenue aux Japonais qui ont pris le contrôle de l’archipel. Et se sont retrouvés avec 75.000 prisonniers de guerre sans savoir comment gérer pareil effectif. Les Japonais, sous la direction du général Homma, ont donc ordonné aux prisonniers de marcher jusqu’au camp d’internement, situé à 97 km de Bataan. Du 9 avril au 1er mai 1942, tous les prisonniers ont ainsi dû affronter les éléments, la jungle, la fatigue et les coups incessants distribués par les prisonniers qui jugeaient leur reddition honteuse. 2500 Philippins et 500 Américains sont morts durant la marche (26.000 ont péri plus tard, dans le camp d’internement).

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6. Le massacre de Bangka

En février 1942, Singapour s’apprête à tomber entre les mains japonaises et les alliés se tirent dare-dare sous les bombardements de l’aviation japonaise qui cherche à couper leur retraite. Parmi les navires touchés, l’un transportait des infirmières australiennes. 53 d’entre elles réussirent à gagner la côte de l’île de Bangka, dans l’actuelle Indonésie. Au total, une centaine de survivants se réunissent sur la plage de l’île. Un officier japonais et son escouade de 20 soldats s’approche alors des survivants et leur ordonne de marcher dans la mer. Une mitrailleuse est installée sur la plage et un soldat tire pour massacrer tout le monde. On ne dénombrera qu’une seule survivante qui, ayant joué les mortes après avoir été seulement blessée, pourra témoigner du massacre.

7. Les marches de la mort de Sandankan

Décidément, les Japonais avaient le goût pour les marches de la mort. A Ranau, sur l’île de Bornéo, ils organisèrent encore et toujours des marches de ce type, obligeant plus de 2400 prisonniers de guerre et quelques 3600 agriculteurs indonésiens réduits en esclavage à traverser l’île pour se rendre du camp de Ranau à celui de Sandankan. Au terme de la guerre, seuls 6 Australiens incarcérés dans l’un de ces deux camps survécurent, et seulement parce qu’ils étaient parvenus à s’échapper.

8. Le massacre de Laha

En 1942, après de la bataille d’Amboine remportée par les Japonais, ces derniers ont décidé d’exécuter sommairement et sans raison 300 prisonniers alliés japonais et néerlandais, en représailles, soi-disant de la mort d’un éclaireur japonais qui avait sauté sur une mine. 300 prisonniers dont la plupart ont été décapités. Ces crimes ont donné lieu à un procès retentissant en 1946 puisque 93 membres de l’armée japonaise ont été jugés par un tribunal militaire et que le commandant Kunito Hatakeyama, qui commandait les exécutions, a été exécuté à son tour par pendaison.

9. Le massacre de l'hôpital Alexandra

Pendant la bataille de Singapour, remportée par les Japonais, les soldats japonais ont investi les locaux de l’hôpital Alexandra, jusqu’alors administré par les Britanniques. Ils se sont alors livré à un massacre aveugle, allant de salle en salle pour frapper et/ou tuer tous les occupants de l’hôpital (médecins, infirmières, patients, curés ou membres de l’administration). Le tout avant de prendre 100 personnes au hasard, de les emmener derrière l’hôpital et de les exécuter au petit matin. Sans raison si ce n’est de semer la terreur.

10. Le massacre de Manille

En 1945, à la fin de la guerre, lorsque les Japonais se sont rendus compte que ça sentait le roussi et que Manille était devenue une place intenable, le général Tomoyuki Yamashita a ordonné le retrait des troupes qui occupaient la ville. Mais 20.000 membres de la marine impériale japonaise ont décidé de désobéir et de rester sur place. Alors que l’étau américain se resserrait sur eux, ils se sont livrés à des atrocités gratuites sur la population civile de Manille, assassinant des hommes, des femmes, des enfants, des otages, des malades soignés dans les hôpitaux militaires, violant sans vergogne et brûlant tout. Au total, on estime que 100.000 personnes sont mortes pendant le massacre.

Bon bah moi je vais aller me faire un verre de cognac pour oublier tout ça.

Mais sinon, n’hésitez pas à retrouver tous les trucs à faire et à voir au Japon.