Vous n’êtes pas sans savoir que tous les championnats de football sont suspendus pendant le confinement (sauf en Biélorussie qui se fout totalement du Covid). Mais ce n’est pas grave, car devant nos yeux se déroule un match bien plus haletant que tous les autres, celui qui oppose la France au coronavirus. A mi-temps du confinement, voici les notes de la rédaction sur l’équipe qui se bat sur le terrain.

1. Edouard Philippe (capitaine) - 9

Envoyé au bûcher contre les assauts ennemis, Philippe y a perdu des poils, mais ses attaques ont blanchi les lignes. En chef d’orchestre de la défense, il a su repositionner tout le monde et relance toujours dans l’axe – charge aux attaquants de distribuer à gauche et à droite. A trop se donner de la sorte, il risque de s’épuiser. Pas impossible que le brassard ne passe à d’autres mains à la fin du match.

2. Didier Raoult - 8

Sélectionné à la surprise générale dans l’équipe-type de l’attaque, Didier Raoult a complètement changé la physionomie du match en introduisant la technique de la chloroquine qui a beaucoup déstabilisé les adversaires. Mais y avait-il but lors de l’utilisation de la chloroquine ? Voilà une question que le VAR n’a pas encore tranché et sur laquelle les experts s’arrachent les cheveux. Qualifié de « grand savant » par Macron, il a en tous les cas réussi à faire son trou dans l’équipe.

3. Emmanuel Macron - 7

Jusqu’alors ailier droit tendant à décrocher plein axe, Macron a été repositionné à gauche par le confinement. Une attitude guerrière et des prises d’initiatives qui vont dans le bon sens, à tel point d’ailleurs qu’il pourrait être maintenu à ce poste pendant un mois de plus. On a apprécié aussi l’après-match pendant lequel il a reconnu les erreurs du passé et fait un geste envers les joueurs africains. Il doit encore confirmer, mais c’est encourageant.

4. Olivier Véran - 6

Rentré en cours de match au milieu en remplacement d’Agnès Buzyn, Olivier Véran a imposé son style après des débuts assez hésitants. Adepte de la passe en retrait quand la voie n’est pas dégagée, il n’est pas (pas du tout même) un joueur spectaculaire, mais il a une belle force de récupération et un sens du jeu en équipe. A surveiller.

5. Jean-Michel Blanquer - 5

Appelé pour muscler le milieu juste avant le début du match, Jean-Michel Blanquer, jusqu’alors entraîneur de l’équipe jeune, a fait un peu de tout, parfois pour le mieux, parfois pour le pire. Impérial au moment d’empêcher les enfants de sortir de chez eux, il a ensuite pêché lors de la séquence Parcoursup et a souvent fait preuve d’une vision du jeu assez illisible. Sa stratégie de sortie de match – qui le verrait alors reprendre les rênes des U19 – ne fait pas l’unanimité.

6. Agnès Buzyn - 4

Transférée à Paris juste avant le début du match, Agnès Buzyn aurait pu tomber sous le radar si elle n’avait pas réagi fortement dans la presse après être sortie, affirmant avoir alarmé ses coéquipiers quant à la technicité du match à venir. Un « je vous l’avais dit » qui a fait couler beaucoup d’encre et dont aurait pu se passer celle qui n’est désormais que deuxième remplaçante à Paris derrière la titulaire Anne Hidalgo. Remplacée par Olivier Véran.

7. Michel Cymès - 4

Omniprésent sur le terrain en attaque, en défense, sur les ailes, Michel Cymès a fait un excellent début de match avant de s’effondrer, sans doute terrassé par la fatigue. De là des erreurs d’analyse du jeu et des sorties contestables et contestées qui ont eu une influence sur la physionomie du match. Plus en retrait depuis la pause.

8. Bruno Le Maire - 3

Quasiment invisible pendant toute la première période, il a simplement su profiter d’un bon ballon d’Emmanuel Macron pour scorer en annonçant l’étendue du dispositif de chômage partiel. Mais le but n’a pas permis de faire taire les critiques sur le coût du recrutement de Bruno Le Maire dont le rendement reste minime. Menacé de remplacement par Gérald Darmanin, il doit qui plus est faire face à une récession monstre qui l’oblige à se déporter à gauche, une position dans laquelle il n’est pas à l’aise.

9. Les chanteurs qui font des morceaux pour les soignants - 2

Le public du match déçoit. Des chansons éparses, mal enregistrées, chaque supporter considérant qu’il est de son devoir de crier son admiration pour l’équipe. Au final, une cacophonie dont on se serait bien passé et qui n’aide pas forcément les cadres de l’équipe à aborder sereinement la deuxième mi-temps.

10. Le préfet Lallement - 1

Adepte du karaté et déjà sanctionné par un carton jaune, il a frôlé le carton rouge en expliquant qu’il empêcherait les Parisiens de partir en vacances par la force. Le pilier de la défense, placé sous l’autorité de Castaner, a bien du mal à déployer son jeu à l’Intérieur autrement que par la violence. Inutile en ces temps de crise, il donne une mauvaise image du jeu. Pourrait bien être transféré à Limoges à l’issue du confinement.

Non notés : Manu Dibango, Patrick Devedjian (sortis en cours de match), Christophe (blessé), Boris Johnson (sorti sur blessure, mais bientôt prêt à rentrer en jeu).

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