Le gouvernement Philippe/Macron était plutôt de droite. On aurait pu s’en douter (d’ailleurs, on s’en doutait un peu que Macron n’était pas de gauche), mais là ça devenait de plus en plus criant : réforme des retraites, réforme de l’hôpital, coupes dans le chômage… Et tout à trac voilà qu’une pandémie s’abat sur la France et que la réponse de nos dirigeants de droite est de gauche. C’est à n’y rien comprendre.

1. Le coupable, c'est la mondialisation

Macron, grand défenseur du CETA devant l’éternel, ne cesse de le marterler depuis le début de la crise : il faudra tirer les enseignements de la crise sanitaire et sans doute remettre en cause la mondialisation telle qu’on la connaît. « Les prochaines semaines et prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens ». Adieux vaches, cochons et flux de capitaux en tout genre.

2. "Putain mais c'est génial en fait l'Etat providence !"

« Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-Providence, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe ». Macron est même allé plus loin : « Des biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché. » Heu, ouais, dîtes donc vous, vous êtes Emmanuel Macron ou son jumeau gentil en fait ?

3. Et qu'on glorifie le salariat

Emmanuel Macron a également annoncé l’élargissement du dispositif de chômage partiel, l’État prenant en charge les salaires des employés rendus inactifs par la crise. Ah mais attends, en fait la start-up nation c’est génial, on n’avait pas compris ! On croyait que tout se méritait, que le fric était un accomplissement social et qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver du boulot. Alors qu’en restant chez soi, c’est pareil.

4. Macron a viré les oursins de ses poches

Macron est devenu keynésien. Le mec juge les premières décisions de la BCE « insuffisantes » et exhorte l’ensemble des gouvernements de l’UE à « prendre les décisions de soutien de l’activité puis de relance, quoi qu’il en coûte ». On n’avait pas vu ça depuis Roosevelt. Enfin si, on avait vu ça, mais en Amérique latine, le tout réalisé par des types que Macron considérait comme des dictateurs.

5. La réforme des retraites est ajournée

Dire que même avant le confinement, on ne pouvait pas prendre le métro à cause de cette réforme que personne n’a comprise… Un petit coronavirus et tout d’un coup Macron se rend compte que l’urgence n’est pas la réforme des retraites mais le bien-être de tous. On hallucine.

6. Castaner a presque l’air sympa

Franchement, l’accent chantant du Sud c’est plus sympa quand il s’agit de parler de gel hydroalcoolique que de gaz lacrymogène. COVID-19, ça sonne beaucoup mieux en provençal que LBD-40. Beaucoup mieux.

7. Et allez hop qu'on rallonge la trêve hivernale de 2 mois

Plus d’expulsions, plus de coupures d’énergie. La France des petits propriétaires qui a gentiment voté Macron doit se sentir trahi d’une force ! Si vous voulez en parler, les gars, on a connu ça pendant le quinquennat Hollande. Je vous promets, ça passe.

8. Et que d'un coup on se rend compte qu'il y a un problème avec les prisons

Quand on pense que la moitié du gouvernement était dans l’opposition sous Hollande et jetait des accusations de laxisme à Taubira, voilà que tout le monde se met à appeler à l’unisson au désengorgement des prisons. Sans doute une empathie de circonstance vu que tout le monde est en prison en ce moment. Surtout Laurence, qui n’en peut plus d’Henri et son bricolage.

9. Ça y'est, c'est officiel, on déclare la guerre aux GAFA

Une concertation va être mise en place avec le ministère de la Culture pour rouvrir les librairies. Le ministre de l’Économie dénonce la concurrence du géant Amazon dans le contexte actuel de confinement.

On parle bien de Bruno Le Maire. Vous avez bien lu.

10. La culture est partout

Riester, remis du corona, lance l’opération #CultureChezNous et veut « répertorier les initiatives permettant de faire venir la culture à domicile ». Si on ajoute à ça les exhortations de Macron à lire des bons bouquins, on a presque l’impression de revivre le Mitterrandisme. Qui n’était pas tellement de gauche, cela dit.

(Très grand) Front populaire.