Vous en avez forcément entendu parler ici ou là, en ce moment (et depuis plusieurs années, même) c’est la crise aux urgences. Les urgences manquent de lits, de personnel, et de temps. Du coup, les services ressemblent à des champs de bataille où médecins et infirmiers gèrent tant bien que mal un nombre de patients bien trop important. Sérieusement, ils en chient, même quand y’a pas de grosse vague de Covid. C’est évidemment une aberration de se retrouver avec un système aussi mal foutu en 2022, et il faudrait que notre gouvernement décide de se bouger le cul un de ces quatre, mais, en attendant, on va vous dire ce que les urgentistes aimeraient que vous sachiez. Ça les soulagerait un peu.

1. Quand vous n'êtes pas prioritaire c'est que vous n'êtes VRAIMENT pas prioritaire

Ça sert à rien de redemander toutes les 30 minutes à l’infirmière que vous croisez si elle peut accélérer le temps ou vous faire passer plus vite. Non, elle ne peut pas, et elle fait déjà son max pour que tout avance. D’ailleurs, en l’interpellant à tout bout de champ, vous la ralentissez, et vous vous faites perdre du temps à vous-mêmes aussi. C’est con.

2. Vous allez attendre

À moins que vous n’ayez un couteau planté dans le thorax, que vous ne fassiez une crise cardiaque ou autre chose de grave qui doit se traiter en urgence, vous allez attendre. Longtemps, a priori. Donc prenez un bouquin, matez des séries sur votre tél, envoyez des messages à vos potes, rédigez vos mémoires, écrivez une lettre pour votre ex (non, pas ça), ou faites ce que vous voulez mais occupez-vous. Dans le calme, si possible, parce que sinon ça devient vite le chaos. Le temps passera plus rapidement comme ça.

3. Un rhume ou une gastro ne sont pas des urgences

Chaque jour, des tas de gens se pointent aux urgences parce qu’ils ont un peu mal à la tête, parce qu’ils ont vomi trois fois dans la journée ou parce que leur genou leur fait une sensation un peu bizarre quand ils se mettent dans cette position très précise… bref, ils viennent pour des petits bobos ou des maladies passagères de rien du tout. Et ça fait perdre du temps à tout le monde. Il y a des médecins généralistes pour ça, et ils font très bien leur travail.

4. Si vous avez un doute sur l'urgence de votre situation, appelez d'abord un médecin (et éventuellement le Samu)

Admettons que vous ayez plus qu’un simple bobo, ou plus qu’une simple gastro, et que vous ayez quand même un doute sur la nécessité d’aller aux urgences. Dans ce cas, appelez un médecin pour lui expliquer ce que vous avez. Il saura vous rediriger comme il faut, puisqu’il a fait des années d’études pour ça. Vous pouvez aussi appeler le Samu, mais le Samu est déjà submergé d’appels et doit être réservé aux cas urgents. Oui, c’est un peu chelou : on vous demande de déterminer vous-mêmes si vous êtes dans un cas d’urgence alors que vous n’êtes même pas médecins, mais en gros essayez de faire la part des choses dans la mesure du possible. Pas besoin non plus de tomber dans l’extrême inverse et de crier « NON TOUT VA BIEN J’IRAI CHEZ LE DOCTEUR DEMAIN » alors qu’un clou de 20 cm vous transperse le crâne. Il faut savoir raison garder.

5. Il existe des médecins de garde

Pas mal de gens vont aux urgences quand ils ont un petit problème la nuit ou le week-end et que leur médecin généraliste n’est pas dispo. Les urgences ne servent pas à prendre le relai des généralistes, elles servent aux urgences (c’est écrit dessus en plus). Pour prendre le relai du généraliste la nuit ou le week-end, il y a des médecins de garde qui, eux aussi, font très bien leur boulot.

6. Parfois, on vous fait attendre exprès

Il peut arriver que les urgentistes vous fassent attendre, non pas pour le plaisir de vous faire poireauter, mais parce qu’il y a un temps d’observation obligatoire. Par exemple, pour certaines chutes, les premières heures sont déterminantes pour voir s’il y a un trauma ou quelque chose de grave. Bref, ces gens savent ce qu’ils font, faites-leur confiance.

7. Si votre enfant de moins de 3 mois a de la fièvre, allez aux urgences

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais si vous êtes parents d’enfants en très bas âge, mémorisez tout de suite les cas où il ne faut même pas se poser la question et filer aux urgences. Pour le coup, on vous dira que vous avez bien fait de vous déplacer.

8. Tenez, voilà quelques exemples de situations où il faut aller aux urgences (qu'on soit un adulte ou un enfant)

Vous devez vous rendre aux urgences – ou appeler le Samu pour être pris en charge – si vous avez une hémorragie (une plaie qui ne s’arrête pas de saigner au bout de quelques minutes), des difficultés respiratoires, une intoxication (surtout avec un produit inconnu et/ou dangereux), une brûlure importante, des douleurs thoraciques, une douleur dans le bras gauche, un gonflement allergique soudain, des diarrhées sanglantes, des symptômes d’AVC comme une paralysie partielle et soudaine, un choc électrique, un corps étranger impossible à enlever dans une partie du corps, une chute violente, ou une douleur aigüe à la tête ou au ventre.

C’est une liste évidemment non exhaustive, mais ça couvre déjà pas mal de situations où, pour le coup, vous pouvez foncer aux urgences sans réfléchir.

9. Petit point GHB, parce que c'est malheureusement très courant en ce moment

Si vous pensez avoir été victime d’une intoxication au GHB (dans le verre ou par piqûre), il faut vous rendre aux urgences ou en CEGIDD (Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic). Il s’agit réellement d’une urgence, déjà parce que votre état peut être grave, et aussi parce qu’il faut faire un dépistage au plus vite pour déterminer s’il y a bien des traces de GHB dans votre organisme. Généralement, on dit que la substance est encore détectable dans les 12 heures après ingestion ou injection, même si ça varie selon les cas. Bref, n’hésitez pas à aller aux urgences pour ça, on vous y accueillera comme il se doit.

10. Les urgentistes en ont marre de voir des gens se pointer aux urgences pour ça :

– Des demandes de certificats médicaux

– Des renouvellements d’ordonnance

– Un petit check-up avant de partir en vacances

– Une vaccination

– Une demande d’arrêt de travail

– Une petite douleur qui traîne depuis plusieurs semaines

– Un test de grossesse

Ça paraît fou, mais tout ça est encore très courant. Et les urgences n’ont VRAIMENT pas besoin de perdre du temps avec ça.

Ne vous inquiétez pas, on pourra toujours rire des perles de patients aux urgences, mais en attendant, essayons juste un peu de simplifier la vie des urgentistes.