Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Normandie ou encore Île-de-France : la qualité de l’air se dégrade dans de nombreuses régions françaises, avec l’arrivée des fortes chaleurs. On a vite compris que ce n’était pas un truc très drôle, au vu des campagnes de communications à base de couleur rouge, d’ « ATTENTION » écrit en majuscules, et de pictogramme « danger » à toutes les sauces, mais qu’est-ce que c’est exactement ? Que faire quand ça arrive ? Est-ce vraiment dangereux ?

1. Quel est l'indicateur journalier de la qualité de l'air ?

L’indice de qualité de l’air est appelé « indice ATMO » pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants. Pour les autres agglomérations, on parle simplement « d’indice de qualité de l’air », abrégé par « IQA ». Dans les deux cas, ces indices, permettant d’avoir chaque jour des informations synthétiques sur la pollution atmosphérique, sont calculés de la même façon.

2. Comment la calcule-t-on ?

Le calcul de l’indice de qualité de l’air se fait selon une norme nationale, afin de pouvoir comparer facilement la qualité de l’air d’une ville française à l’autre. Le calcul est fait chaque jour, en étudiant la concentration des 3 principaux polluants atmosphériques : les particules atmosphériques (PM10), l’ozone (03), le dioxyde d’azote (NO2) et peuvent aussi prendre en compte deux polluants additionnels : le dioxyde de soufre (SO2) et le monoxyde de Carbone (CO).

3. En période de canicule, la qualité se détériore

À l’arrivée de l’été et des fortes chaleurs, il n’est pas rare d’être alerté sur des pics de pollution importants. En cause : les molécules d’oxydes d’azote et les Composés organiques volatils (COV) réagissent sous l’effet des rayons du soleil pour créer l’ozone. Plus le soleil est fort, plus la quantité d’ozone dans l’atmosphère est grande, et donc… La qualité de l’air mauvaise.

4. L'air pollué est responsable de millions de morts chaque année

Selon l’Organisation mondiale de la santé, ce sont environ 7 millions de personnes qui décèdent prématurément chaque année, à cause de la pollution de l’air. Ça revient à 800 personnes par heure ou 13 par minute. C’est plus de trois fois le nombre de personnes qui meurent du paludisme, de la tuberculose et du sida combinés chaque année. À l’échelle de la France, ce sont approximativement 100 000 morts par an qui lui sont imputés.

5. ... et est particulièrement nocif pour les enfants

Dans le monde, 93% des enfants respirent de l’air dans lequel les concentrations de polluants dépassent largement celles que l’OMS considère sans danger pour la santé. 600 000 enfants meurent prématurément, chaque année, à cause de la pollution atmosphérique. L’exposition à cet air nuit également au développement du cerveau et exposent les plus jeunes à un risque important de maladie chronique.

6. Que faire en cas de pollution de l'air ?

Il existe des cas spécifiques pour les femmes enceintes, les malades ou encore les enfants. Pour ce qui est de la population globale, voici les indications données par les autorités lorsque la qualité de l’air est trop basse : en cas de gêne respiratoire ou cardiaque, prenez conseil auprès d’un professionnel de santé ; privilégiez des sorties plus brèves et celles qui demandent le moins d’effort ; En cas d’épisodes de pollution aux polluants PM10, NO2, SO2 : réduisez, voire reportez, les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions).

7. Faut-il aérer ?

Pendant les épisodes de pollution de l’air, il ne faut pas modifier les pratiques habituelles de ventilation et aération. En dehors de situation spécifique comme des accidents industriels, il n’est pas nécessaire de se confiner. Au contraire. L’aération permettra de réduire la pollution de l’air provenant de l’intérieur (liée aux matériaux, peinture, tabac, bougies,…).

8. La qualité de l'air est meilleure le matin

Tout simplement, car la circulation, bien plus calme que le restant de la journée, n’affecte pas encore la qualité de l’air. C’est d’ailleurs sur ces horaires qu’il est conseillé de faire de l’exercice, durant les épisodes de pollution.

9. Une mauvaise qualité de l'air ne veut pas toujours dire pic de pollution

Depuis janvier 2021, un indice de qualité de l’air qualifié de mauvais n’est plus systématiquement associé à une situation d’épisode de pollution. Il est donc normal que la procédure de gestion d’un épisode de pollution ne soit pas déclenché à chaque mauvais indicateur.

10. Le droit à un air sain est un droit humain

D’un côté, il y a le « droit à un environnement sain » qui bénéficie du statut constitutionnel dans plus de 100 pays. De l’autre, il y a le « droit à l’air pur’ qui est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, et dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, et inscrit dans les objectifs de développement durable.

Tant qu’on y est, il y a aussi pas mal de trucs à ne pas faire en période de canicule ! Manière de pas clamser, en fait.