On vous a déjà parlé de ce que les commerçants ont, ou pas, le droit de faire. La loi c’est sympa, mais ça ne s’applique pas qu’aux professionnels ! Nous aussi, en tant que consommateurs, on a des règles à respecter. Eh oui, SURPRISEEEEEE : le client n’est pas roi. Enlevez-vous ça de la tête. Ce n’est pas parce qu’on met la main au portefeuille que tout est permis… Simple piqûre de rappel.

1. Goûter un fruit avant de l'acheter

Il est formellement interdit de goûter un fruit, comme tout autre produit en vrac. Même si vous vous décidez à acheter une grappe par la suite, le raisin avalé ne sera jamais payé. Légalement, c’est du vol. En pratique, personne ne vous fera chier pour un raisin… Mais si jamais ça arrive, c’est vous qui serez en tort ! EH NON NE ME SORTEZ PAR L’ARTICLE 1587 DU CODE CIVIL ! Celui-ci ne concerne que les foires ou salons. Rien à voir avec votre Carrefour Market, quoi.

2. ... Ou ouvrir quelconque paquet avant de passer en caisse

Dans la même logique que le point précédent : tant qu’un produit n’est pas payé, il appartient au magasin. Vous n’êtes donc pas en droit d’ouvrir un paquet de gâteau pour grignoter en faisant vos courses, ou de prendre quelques gorgées d’eau. Une nouvelle fois, en pratique, les commerçants sont quand même assez flex sur la question… Tant que vous les payez à la fin, obviously !

3. Entrer dans un magasin alimentaire avec un chien

Dans les boutiques de déco, prêt à porter, bijoux,… les commerçants sont libres d’accepter ou non la présence d’animaux dans leur établissement. En revanche, leur présence est formellement interdite par le règlement européen n°852-2004 du 29 avril 2004, pour des raisons d’hygiène assez évidentes.

Des exceptions existent pour les chiens guide d’aveugle ou d’assistance (article 88 de la loi n°87-588 du 30 juillet 1987 modifiée).

4. Désolidariser un yaourt de son pack

Les magasins n’ont pas le droit de subordonner la vente de produit (traduisez : de les vendre en groupe), si cette vente constitue une pratique commerciale déloyale (au sens de cet article). Dans le cas contraire, la subordination est tolérée, et vous n’avez dans ce cas, pas le droit de séparer des produits emballés ensemble, comme des yaourts.

En fait, la loi est un peu plus complexe encore, car la vente par lot doit présenter un « intérêt pour les consommateurs ». Premièrement, cela signifie que la vente groupée doit être financièrement plus intéressante que celle à l’unité. Ensuite, les quantités proposées ne doivent pas dépasser les besoins normaux du client. Personne n’a besoin de 12 cannettes de coca, par exemple : dans ce cas, vous pouvez donc demander à ce que le lot soit scindé.

Pour faire simple : vous êtes libre de ne prendre que quatre yaourts dans un lot de seize ou une seule bouteille dans un pack de six, si et seulement si cela n’altère pas l’emballage !

5. Gueuler parce qu'il n'y a pas de chiottes à dispo

Ce n’est par interdit, mais ça ne sert strictement à rien. Primo, personne ne va faire installer quelconques toilettes après votre passage pour vous faire plaisir. PERSONNE. Ensuite, aucun texte n’impose aux grandes surfaces d’avoir des toilettes à disposition de leur clientèle. DONC ON ARRÊTE D’HURLER SUR LA CAISSIÈRE, ELLE N’Y EST POUR RIEN !!!

6. Exiger un remboursement pour un produit acheté en boutique (hors alimentaire)

Le droit de rétraction légal existe… Pour les achats en ligne ! Lorsque l’achat se fait directement en magasin, il est considéré qu’il y a un « accord sur la chose et son prix » et donc : que la vente est définitive. De nombreuses enseignes acceptent le retour des produits. C’est très sympa, mais rien ne les y obligent ! Si on vous dit non… C’est non, et c’est la loi !

7. Refuser de payer une bouteille que vous avez cassée

Au titre de l’article 1240 du code civil : « Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il arrive à le réparer » : en cas de casse, c’est votre responsabilité qui est logiquement engagée. Une nouvelle fois, en pratique, on vous demandera rarement quoi que ce soit, la grande majorité des commerces étant assurés pour ce genre d’incident !

8. Vous barrer avec le caddie au delà du parking

Je vais sûrement vous apprendre un truc dingue, mais… Les charriots et paniers appartiennent au magasin. Pas à vous. Ouf, non ? Vous barrer avec sans accord, c’est donc ramener chez vous un truc qui ne vous appartient pas. Devinez comment on appelle ça ? Du… ? Du voooo… ? OUIIII, DU VOL ! BRAVO, C’EST ÇA ! Raaaah, vous êtes vraiment forts, hein.

9. Feuilleter ou lire un livre/journal sans l'acheter

Officiellement, aucun texte n’interdit noir sur blanc de vous poser sur la moquette de la FNAC pour lire une BD. En revanche, certains commerçants associent cette pratique à une « consommation à l’intérieur du magasin », sans passer par la caisse. Imaginez que ce soit un paquet de gâteau, que vous l’ouvriez, le consommiez sur place, puis repartiez sans le payer… C’est du vol ! Bah pour la lecture sur place, c’est plus ou moins pareil, si on y réfléchit bien.

10. Voler

Oui, non, parce qu’on parle beaucoup de « vol » (au sens de « dérober », pas de « se prendre pour un oiseau », hein), mais si on ne vous précise pas que c’est complètement interdit pas la loi… Bah, ouais, je comprends bien que vous ne pouviez pas savoir, ouais ! Mes pauvres petites biches, personne ne vous avOir prévenus ? Ralalalaaaa heureusement qu’on est là ! Allez, maintenant que vous êtes au courant, je compte sur vous pour ne plus le faire, hein ?

Aucun texte ne vous y oblige : mais dire « Bonjour », « Merci » et « Au revoir » c’est totalement légal. N’hésitez donc pas à utiliser ces mots quand vous vous adressez à des commerçants… C’est tout de suite plus agréable, vous verrez !

Sources : Planet.fr, l’Institut national de la consommation, Femmes d’aujourd’hui