Si vous ne venez pas du 16e arrondissement de Paris ou que ne partez pas en vacances à Biarritz/Saint-Tropez/l’île de Ré, vous êtes au bon endroit parce que vous n’y connaissez très probablement rien aux rallyes mondains (ceux qui viennent de ces zones ne lisent de toute façon vraisemblablement pas Topito). Eh oui car les rallyes font partie de ces trucs que seuls les riches ont et font. Pour autant, on ne sait pas trop si on doit leur envier ces soirées carrément coincées du fiak (la jalousie est un vilain défaut).

1. Les rallyes mondains proviennent des rallyes automobiles

Si les rallyes mondains ont existé dès le début du 20e siècle, c’est à la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans les années 1950, qu’ils se sont démocratisés car les mariages arrangés ne convenaient plus aux jeunes bourgeois de l’époque (on les comprend un peu en même temps). L’origine des rallyes remonte aux soirées dansantes qui se tenaient à la fin des courses automobiles (les rallyes-auto), organisées par l’aristocratie avec pour but de favoriser les rencontres entre personnes du même milieu. Aujourd’hui, ces réunions sont une vraie tradition pour les familles aristos.

2. Ces rallyes avaient pour but de trouver un(e) partenaire du même milieu pour son enfant

Comme dans les grands bals organisés par les parents des familles riches pour trouver un époux à leur fille/une épouse à leur fils il y a quelques siècles, les rallyes ont longtemps été un site de rencontre pour gros riche. Aujourd’hui, ils servent surtout à faire des rencontres pour augmenter son carnet d’adresses et se créer un réseau. Cela explique pourquoi bon nombre de participants à des rallyes sont inscrits dans le bottin mondain (un annuaire de richos), l’annuaire du Polo de Paris ou encore l’annuaire des administrateurs de société.

3. Les rallyes ont des noms

Les associations ou les entreprises qui organisent des rallyes mondains donnent des noms aux différentes promotions de leur rallye selon une thématique choisie. On trouve par exemple dans les rallyes Château les rallyes Chambord et Amboise, ou dans les rallyes Pierres les rallyes Tourmaline ou Opale. Très hâte de créer un rallye avec la thématique plats de fin de soirée pour organiser un rallye pti kebab sa mère et un rallye gros tacos de ses morts.

4. L'inscription n'est pas forcément très chère

En moyenne, l’inscription à un rallye coûte une centaine d’euros. Mais d’abord, il faut connaître quelqu’un de l’organisation pour avoir une chance d’intégrer ces réunions. Et ensuite, ce qui coûte cher, c’est l’organisation des activités, mais surtout, des soirées dansantes qui sont presque obligatoirement organisées par les filles du rallyes (enfin leur mère surtout). Pour l’une de ces soirées, on peut facilement débourser entre 3 000€ et 10 000€, voire bien plus selon l’importance du rallye dans lequel on se trouve. Bah oui hein, il aurait plus manqué que ça soit gratuit pour que ça soit la porte ouverte à l’arrivée de n’importe qui hein !!

5. Le cycle des rallyes commence très jeune

Pour ne pas se retrouver sur liste d’attente, certains parents inscrivent leur enfants à des rallyes dès 8 ans (il n’est jamais trop tôt pour trouver un[e] conjoint[e]…). Le cycle commence en moyenne à 12 ans pour les filles et un an ou deux plus tard pour les garçons. Lors de sorties non mixtes, ils font des activités culturelles ou sportives pendant deux ans. Puis, ils se retrouvent pendant un an pour des jeux de cartes, du casino ou du billard. Durant leur quatrième année dans le rallye, ils se retrouvent tous les mois pour apprendre à danser la valse, le madison, mais surtout le rock. Les familles des garçons reçoivent à ce moment-là. Puis, jusqu’à la fin du lycée, voire durant la première année d’études supérieures, les familles des filles organisent des soirées dansantes deux fois par mois. Je vous mets au défi de tout comprendre à cette organisation hyper tirée par les veuchs.

6. Il y a des règles à respecter

Bravo, vous êtes enfin entrés dans un rallye ! Mais attention, pas question d’essuyer vos vieux doigts sur la nappe comme chez Tatie et de partir fumer votre pétou comme un vaurien. Il y a des règles à appliquer pour ne pas être exclu(e) tel un vil villageois. Il faut d’abord signer une charte de bienséance à l’arrivée dans le rallye, toujours répondre par courrier postal aux invitations reçues, se présenter aux hôtes et les remercier en partant et venir avec une (vraie) tenue correcte (exit le polo Ralph Lauren aux soirées dansantes mon pote). Mais je ne vous ai pas dit le meilleur : les garçons doivent inviter les filles à danser et celles-ci sont obligées d’accepter. Sah quel honneur.

7. Il y a une différence entre les rallyes "de Province" et les rallyes parisiens

S’ils restent guindés (oui je dis encore ce mot, il est de circonstance), les rallyes de Province, qu’on retrouve aussi bien dans des grandes villes comme Toulouse, Lyon ou Rennes que dans des plus petites villes telles Angers ou Tours, sont plus familiaux que les rallyes parisiens. Le cycle de ces rallyes ne commence qu’aux cours de danse et ce sont ici les familles qui reçoivent et qui cuisinent (bah oui parce que dans les rallyes parisiens, il y a des traiteurs et des serveurs, hun !). Ce sont également des plus petits comités : moins d’une centaine de personnes pour parfois plus de 700 dans les rallyes parisiens. Mais bon, il y a quand même des trucs qui ne changent pas comme la présence des darons dans le « coin parents » qui leur est réservé lors des soirées dansantes et les comas éthyliques fréquents des jeunes vu que le champagne est en open bar. Pour la bonne conduite, on repassera.

8. Il existe des rallyes pour les gens de plus de 30 ans encore célibataires

Vous n’avez pas encore trouvé perle à votre cou ni chaussure à votre peton ? Pas de panique. Si vous faites partie de ces familles qui payent plus d’impôts que je n’ai de salaire, et que vous avez déjà participé à des rallyes, ils existent des soirées spécialement réservées aux trentenaires qui chercheraient désespérément à se maquer avec quelqu’un de son rang (parce que bon, vous avez beau être des cas désespérés, faut pas non plus déconner en se mélangeant à la plèbe). Seul contrainte : avoir pour témoin quelqu’un de la rédac de Topito lors du mariage pour nous remercier d’avoir fait tourner l’info.

Ne pas participer à ces rallyes nous empêche malheureusement de déballer sur Twitter des anecdotes de gosses de riches. Heureusement, on peut quand même s’en moquer (toujours dans la sympathie, la tolérance et le jus de thon) avec les memes les plus drôles sur les riches. *Ahahaha avec un collier de perles*

Sources : Magazin, L’Express, Le Monde, Madame Figaro, Wikipédia.