Sur TF1, sur France 2, sur BFM, partout ils le disent et le redisent : les cheminots nous prennent en otage. Alors peut-être, mais pour en être sûr, on a décidé de mettre en place une checklist pour savoir si, oui ou non, on est pris en otage par les cheminots ou si c’est simplement n’importe quoi.

1. Tu viens de te réveiller dans un dépôt SNCF humide et vide, les bras liés par des cordelettes

Comment reconnaître un dépôt SNCF ? Il est en passe d’être transformé en lieu urbain d’échanges, d’associations, d’exposition de fringues en wax et propice au jardinage partagé. Et de bière à 12 balles. Les cordelettes confirment les premiers doutes.

2. Le dernier souvenir que tu as, c'est d'être entré dans une gare en grève

Généralement, les enlèvements par cheminots ont lieu dans des gares, lorsque les usagers ne sont pas attentifs. Essaie de te souvenir de tout ce que tu as fait avant d’atterrir là.

3. Quelle que soit ta position dans son fauteuil tu n'es pas bien pour dormir, c'est de la torture pure et simple

C’est un classique de la prise d’otage par cheminots : on t’installe dans un fauteuil qui a l’air confortable mais qui ne l’est pas, avec une place très très limite pour les jambes. Si le fauteuil est violet, il y a toutes les chances que tu sois en grand danger. Mais attention, pas de conclusion hâtive.

4. Au loin, il y a des rumeurs d'un piano, un type qui joue mal Amélie Poulain

Bingo. Si les rumeurs du piano font bientôt place à une cacophonie de club de karaoké, il te faudra garder ton sang froid.

5. Le type à cagoule qui t'apporte à manger est habillé en contrôleur

Avec une casquette et des habits designés par Karl Lagerfeld. Si jamais il a un bouc, pas de doute, c’est un agent SNCF et tu es à la merci de leur terrible organisation.

6. Il te fait payer tes repas hors de prix pour du surgelé

S’il s’agit d’un club sandwich fraîcheur mais qu’on t’oblige à prendre le menu délices et que le tout coûte plus de 7 euros, il ne te reste plus que la prière et l’espoir.

7. Pour te faire parler, ils te passent très fort un album de cris d'enfants, c'est horrible

Et il ne cesse de te réveiller pour contrôler que tu es encore là alors que tu avais enfin réussi à trouver une position acceptable pour dormir. Torture.

8. Il t'a dit qu'on te laisserait sortir, mais il ne saura quand que 20 minutes avant

Et que ce serait affiché sur un panneau. Putain de déshumanisation des échanges.

9. Quand enfin on te laisse sortir, douze types te demandent une clope ou un euro ou si tu veux du shit

Fuis ! ILS SONT AVEC EUX ! FUIIIIIIIIIIIIIIS !

10. Malgré toutes tes démarches administratives, on ne peut pas te dédommager à plus de 10% parce que la prise d'otage n'a duré qu'un tiers du mois

Et ouais, fallait lire le règlement AVANT.

Dans tout autre cas, tu n’es pas pris en otage par des cheminots.