Lire c’est un peu comme regarder un film mais avec les images qui bougent en moins et du texte à la place qu’il faut lire. Bon c’est pas du tout comme regarder un film mais c’est quand même vachement bien. Et en Europe on a quelques livres cultes par pays : ce sont les livres qu’il faut absolument lire pour faire partie des coolkids de l’Europe (oui oui ça existe).

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1. Heidi de Johanna Spyri en Suisse

Vous vous souvenez du dessin animé d’Heidi, petite fille des montagnes et de son histoire capable de transformer toute une génération de bambins en dépressifs chroniques ? Eh bien ses aventures ont réellement débuté en 1881 dans deux romans parus en Suisse. Ces derniers racontent l’impossible adaptation d’une jeune orpheline pleine de vie, forcée de quitter ses hauts alpages pour rejoindre la ville afin de s’occuper d’une jeune blondinette paralytique… Gros déconneurs, les Suisses visiblement adorent !

2. L’Iliade d’Homère en Grèce

A côté de ce monument de la littérature grecque antique, les intrigues autour des Avengers ressemblent à un dimanche tranquille en famille. Dans l’Iliade, deux camps se montent le bourrichon sur fond de Guerre de Troie, le tout sous l’œil amusé des Dieux qui n’en manquent pas une pour mettre leur grain de sable dans cette fable épique. Un vrai classique littéraire avec ce qu’il faut de super-héros et de retournements de situation qui continuent visiblement d’avoir des fans 29 siècles après son écriture.

3. Les Misérables de Victor Hugo en France

5 tomes, plus de 1600 pages écrites en tout petit, le plus connu des romans de Victor Hugo est à plus d’un titre une montagne de la littérature française. De celle dont on repousse sans cesse l’ascension jusqu’à devoir s’y coller par devoir… à rendre en classe le plus souvent. Eh puis, à force de gravir ses pages, on se découvre bon marcheur surtout accompagné de personnages attachants, chacun à leur façon, de Jean Valjean à Gavroche, en passant par Cosette, Marius ou ces salauds de Thénardier. Les Misérables, c’est certes un sommet, mais l’expérience vaut largement l’effort consenti, notamment parce qu’elle transpire des grandes valeurs républicaines et des grands combats qui animent depuis des siècles la société française.

4. L’Amie prodigieuse (L’Amica geniale) d’Elena Ferrante en Italie

Deux mômes qui grandissent dans les années 50 dans un quartier populaire de Naples. Des destins qui se croisent, se séparent, s’échappent par des portes dérobées… pour réapparaître plus tard, plus loin, pour effacer l’oubli… cette saga autobiographique est à l’image de son titre « une amie prodigieuse » pour plus de 40 millions de lecteurs, sans compter une famille qui s’est encore agrandi partout dans le monde avec l’adaptation en série de cette tétralogie autobiographique.

5. Millenium : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson en Suède

Point de départ de la Trilogie et de la mode littéraire pour les polars à couvertures noires et typos rouges, ce roman intronise également le personnage central de l’obscure Lisbeth Salander, qui ferait passer n’importe quelle gothique pour une grosse déconneuse. On est là sur du classique, du pavé, qui aime peindre la vie avec des touches de salopards… sans jamais trop se soucier des nuances.

6. L’Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon en Espagne

C’est l’histoire d’un cimetière un peu particulier où reposent des livres oubliés dont quelques initiés seulement perpétuent le souvenir. Parmi eux, un fils de libraire qui part sur les traces des œuvres d’un mystérieux romancier et de ceux qui font résonner son souvenir. Un voyage plus intérieur et intime qu’il n’y paraît qui a été traduit en 36 langues depuis sa parution en 2001 et écoulé à plus de 15 millions d’exemplaires dans le monde !

7. La Métamorphose de Kafka en Allemagne

Si on devait faire simple, on vous dirait que cette courte nouvelle raconte l’histoire d’un jeune VRP qui découvre au saut du lit qu’il s’est transformé pendant la nuit en un monstrueux insecte et qu’il pense trouver refuge au côté de ses proches dans la maison familiale. En vrai, il existe plus d’une centaine de théories autour de l’histoire imaginée en 1915 par l’auteur austro-hongrois, avec comme point commun, celui de la métamorphose évoquée dans le titre qui n’est pas celle du personnage central mais bien celle de son entourage exposée à la monstruosité d’un des leurs. Une intrigue logiquement « kafkaïenne » – c’est à dire absurde et oppressante !

8. Guerre et Paix de Léon Tolstoï en Russie

Ce roman historique de 2000 pages dans sa version longue se commence par défi et s’achève par fierté. Il faut ainsi des mois pour espérer en voir la fin. Le genre d’œuvre qui nous fait abandonner, assommé par le poids de ce pavé, avant de reprendre plus tard parce que bon, on ne va pas se laisser intimider par quelques centaines de pages légèrement indigestes. La fierté ensuite lorsqu’on arrive enfin au bout, de se dire qu’on s’en est sorti indemne, même si en vrai notre capacité mémoire en a pris un sacré coup et n’a pas enregistré la moitié des détails de l’histoire.

9. L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera en République Tchèque

Voilà un roman qui sent la vie, l’amour, le cul, avec en toile de fond, la politique d’une Tchécoslovaquie prise sous le joug communiste. Une insoutenable légèreté de l’être racontée par le romancier tchèque naturalisé français au travers de quatre personnages qui batifolent avec leurs regrets, leurs passions ou leurs absences. Un roman pas si léger que ça face à la lourdeur des destins, que l’on pourra regarder en film plutôt que feuilleter, dans une version édulcorée avec Juliette Binoche et Daniel Day-Lewis sortie en 1988.

10. La découverte du ciel de Harry Mulisch aux Pays-Bas

Un Dieu qui en a marre des humains, un ange envoyé sur Terre pour sceller le sort de l’Humanité qui devient spectateur de la rencontre entre un linguiste misanthrope, timide et solitaire avec un coureur de jupons, orphelin d’une mère juive déportée et d’un père collaborateur. Ça sonne comme une nouvelle saison de la géniale série The Preacher, mais c’est du Harry Mulisch, auteur hollandais qui n’a pas peur de jeter des pavés (1140 pages) dans la marre, avec une intrigue aussi intelligente que caustique.

Attention, ça ne veut pas forcément dire qu’ils ont les meilleurs débuts de livres.