Dès qu’il y a un accident d’avion, la première chose à laquelle on pense, c’est de trouver la fameuse boîte noire pour comprendre ce qui s’est passé. Mais nous, le grand public, à part savoir que les boîtes noires sont pleines d’infos sur les vols, on n’en connaît pas vraiment plus sur le sujet. Partant de ce constat, j’ai retroussé mes manches et je suis allé faire mes petites recherches pour trouver les réponses à vos questions les plus inavouables sur les boîtes noires. Attachez vos ceintures. Décollage imminent. C’est faux, vous n’êtes pas dans un avion.

1. Ça enregistre quoi exactement la boîte noire d'un avion ? Ça peut entendre nos conversations ?

Non, la boîte noire n’est pas censée enregistrer TOUT ce qui se passe dans l’avion, donc vous pouvez continuer à parler de vos problèmes d’érection à votre voisin de siège sans crainte pour votre vie privée. La boîte noire enregistre seulement les sons du cockpit en plus de tous les paramètres de vols : l’altitude, la vitesse, la pression, le fonctionnement des moteurs, et tout un tas de trucs auxquels on ne comprend rien mais qui indiquent ce qu’a fait l’avion pendant le vol. C’est pour ça qu’en cas de crash, la boîte noire permet de comprendre ce qu’il s’est passé.

2. Elle se trouve où dans l'avion ?

Les boîtes noires (oui, il y en a deux par avion, au cas où) sont positionnées dans la queue de l’appareil parce que c’est la partie qui prend généralement le moins cher lors d’un crash. Ça leur laisse plus de chances de rester intactes et, donc, d’être utiles. Sont pas cons les ingénieurs quand même.

3. Pourquoi on l'appelle "boîte noire" alors qu'elle est rouge ? On se foutrait pas un peu de nous là ?

Tout simplement parce que les premières boîtes noires étaient noires. Avec le temps, on a fini par les faire de couleur rouge/orange avec des bandes réfléchissantes pour les retrouver plus facilement parmi les débris de l’avion. Le nom, lui, n’a pas changé, mais franchement on arrive assez bien à vivre avec.

Crédits photo (Domaine Public) : NTSB

4. Ça a été inventé quand ce truc ?

« Ce truc », comme vous y allez… Soyez un peu plus respectueux s’il vous plaît. L’ancêtre de la boîte noire est apparu dans les années 1930 grâce à François Hussenot, un ingénieur français. Il a inventé les « hussenographes », qui photographiaient les indications des instruments de vol. Les pellicules étaient gardées dans une chambre noire qu’on appelait la « boîte noire » (aaaaah, c’est donc ça). Après, la technologie a évolué et, dans les années 1950, un Australien a inventé un système par enregistrement magnétique plus fiable. Puis dans les années 1990 on a remplacé tout ça par des disques SSD plus faciles à protéger. Voilà, vous venez de parcourir un pan de l’histoire de l’aviation en à peine deux minutes. Bravo.

5. Comment on fait pour retrouver les boîtes noires sous l'eau ?

Quand il y a un crash sur la terre ferme, c’est relativement facile de retrouver les petites boîtes, mais quand l’avion finit dans l’océan, ça semble un peu plus compliqué. Et c’est le cas. Mais les boîtes noires sont équipées d’un système qui se déclenche au contact de l’eau et qui diffuse des ultrasons sur une fréquence précise pour faciliter la localisation. Il peut être capté jusqu’à 6000 mètres de profondeur, ce qui laisse de la marge (à moins que l’avion ne tombe dans la fosse des Mariannes, ce qui ne serait vraiment pas de bol.)

6. On a combien de temps pour retrouver une boîte noire après un crash ?

Les données de la boîte se conservent très longtemps, donc pour un crash sur la terre ferme, pas besoin de se précipiter. Par contre, le système de balise à ultrasons qui se déclenche sous l’eau ne dispose que de 30 jours d’autonomie. Au-delà de ce délai, il devient quasiment impossible de retrouver la boîte noire. Donc, quand il y a un crash dans l’océan, il vaut mieux se magner.

7. C'est résistant une boîte noire ?

Évidemment, il faut que ce soit solide si on veut que le bidule résiste en cas de crash. Ça tombe bien, les boîtes noires sont solides : elles peuvent supporter jusqu’à 1100°C pendant 1h, jusqu’à 2 tonnes de pression, et elles peuvent être immergées jusqu’à 7 kilomètres de profondeur. C’est beaucoup plus que n’importe quel appareil électrique en votre possession, et heureusement.

8. C'est fiable une boîte noire ?

A priori oui, puisqu’elle permettrait de trouver les causes de l’accident dans 90% des cas. On réutilise même les données des boîtes noires dans les simulateurs de vol pour entraîner les pilotes dans des situations extrêmes. C’est un moyen de ne plus reproduire les mêmes erreurs, et c’est déjà pas mal.

9. Ça stocke beaucoup de données ?

Oui, des milliers de paramètres, mais pendant une durée limitée : seules les 25 dernières heures de vol sont enregistrées. Au-delà, ça s’efface. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée. Eh oui, moi aussi j’ai mes limites, désolé de vous décevoir.

10. Qu'est-ce qu'on attend pour en foutre dans les bagnoles ?

C’est justement ce qui va arriver, et très bientôt. La boîte noire devrait devenir obligatoire dans les véhicules neufs à partir de mai 2022 et dans les véhicules d’occasion dès 2024. Ça sera super pour savoir ce qui s’est passé en cas d’accident, mais beaucoup de gens s’inquiètent pour leur vie privée, ce qui est aussi très compréhensible. Heureusement, les boîtes noires des bagnoles ne pourront pas enregistrer nos conversations. Pour ça, on a déjà nos téléphones ahahah…. ahah… ah.

Allez, on reste dans la joie des accidents avec ces histoires de survivants de crash d’avion.

Sources : Wikipedia, Le Figaro, Moncoyote.