Le cinéma parle très souvent de maladies de tous types, du simple rhume au cancer en passant par toutes les maladies psychologiques. Il n’y a aucun mal à ça, mais la manière dont elles sont représentées comporte malheureusement régulièrement des clichés ou des erreurs qui nuisent à l’image de ces pathologies et des personnes qui en souffrent. Le cinéma n’est pas médecin ou psychologue, et ça finit par se voir.

1. Des films comme <em>Split</em> laissent penser à tort que les patients atteints de Troubles Dissociatifs de l'Identité sont dangereux

Bon, s’il y a un truc de positif dans le traitement de la maladie dans Split, c’est que, pour une fois, on ne confond pas Schizophrénie et Trouble Dissociatif de l’Identité comme c’est souvent le cas ailleurs. Ici, le personnage a plusieurs personnalités, dont certaines prennent le dessus à certains moments. L’une de ces personnalités est celle d’un monstre, et c’est bien là que le film pose problème, puisque les gens atteints de TDI ne sont pas dangereux dans la vraie vie. Après, Split reste un film fantastique, donc il faut savoir faire la part des choses bien sûr.

2. Des tas de films donnent une mauvaise image de la schizophrénie

The Voices, Fight Club, Fous d’Irène, Psychose… Il y a plein de films qui mettent en scène un personnage dit schizophrène (même si souvent il s’agit plutôt d’un TDI). Dans la majorité des cas, le personnage est dangereux, voire meurtrier, et il est représenté comme un fou. La schizophrénie, c’est bien plus complexe que ça, et, surtout, l’immense majorité des personnes atteintes n’est pas du tout dangereuse. Il y a des centaines de milliers de schizophrènes dans le monde, alors s’ils étaient des meurtriers en puissance ça serait un petit peu compliqué.

3. <em>Je Suis une Légende</em> nous ment sur le vaccin

Dans le film avec Will Smith où un virus transforme tout le monde en sorte de vampires bien vénères, le héros veut développer un vaccin à partir du sang d’une personne qui, grâce à une mutation génétique, est naturellement immunisée contre la maladie. Ben ça, dans la réalité, c’est pas possible du tout. C’est pas comme ça qu’on fait les vaccins, et les créateurs du films ont dû oublier de demander l’avis d’un vrai virologue. On pinaille peut-être, mais en même temps ils n’ont qu’à pas faire d’erreurs.

4. L'autisme au ciné est très souvent mal représenté

Pas mal de films, Rain Man en tête, ont tendance à représenter l’autisme à travers une version très exagérée du syndrome d’Asperger. On a donc toujours affaire à des petits génies capables de faire des calculs incroyables en deux secondes alors que la plupart des autistes, même Asperger, en sont incapables. Ça donne une fausse image de l’autisme, et c’est pas ça qui va aider la société à s’adapter aux personnes atteintes de troubles autistiques.

5. Les TDI sont sur représentés par rapport à leur vrai nombre

Les Troubles Dissociatifs de l’Identité, c’est hyper rare. Quelqu’un avec des personnalités multiples, la plupart des psys n’en verront jamais de leur vie. Pourtant, au ciné, il y en a plein. United States of Tara, Split, Le Seigneur des Anneaux, Les trois visages d’Eve, Psychose, Fight Club, Identity, Dr. Jekyll et Mr. Hyde… la liste de films représentant des TDI est très longue. Trop longue.

6. La dépression est très simplifiée la plupart du temps au cinéma

Souvent, elle est réduite à la simple tristesse du personnage. En vrai, la dépression, c’est beaucoup plus complexe que ça. Entre les difficultés à se concentrer, à se motiver, à accomplir des actions simples, à dormir, à prendre du plaisir, et la fatigue, la dépression c’est quand même autre chose qu’un personnage qui « broie du noir » et qui pleure en regardant tomber la pluie.

7. <em>Requiem for a dream</em> présente les addictions comme des fatalités

Dans le film, les addictions des personnages s’abattent sur eux comme une fatalité que rien ne peut stopper. Tout le monde finit brisé par son addiction, sans espoir de revivre normalement un jour, alors que dans la réalité, les addictions sont loin d’être des fatalités si elles sont prises en charge. Encore heureux, même quand on est accro, on peut s’en sortir avec l’aide de médecins compétents.

8. Dans <em>Contagion</em>, la maladie est assez peu réaliste

Dans le film qui nous montre une épidémie mortelle due à un agent pathogène virulent, les personnages succombent très rapidement au virus. La période d’incubation est hyper courte, et le taux de mortalité est beaucoup trop grand. Dans la réalité, les virus que l’on connaît ne combinent jamais ces deux spécificités, sinon leur « chance » de toucher un maximum de monde est beaucoup trop réduite. Des individus qui ont des symptômes très rapidement ont moins de risques de contaminer d’autres personnes, et s’ils meurent rapidement, ils n’auront pas non plus le temps de transmettre le virus. Contagion a beaucoup trop grossi le trait et perd un peu en réalisme à cause de ça.

Moi tout ça ça me rend malade mdr

Si vous vous posez des questions sur la schizophrénie, sur l’autisme, ou sur le syndrome d’Asperger, on a des tops qui en parlent.

Sources : Neon, Slate, Breakingnews, Brut,