Stériliser le biberon, bouillir les tétines, frotter les moindres taches sur la chaise haute… Pas un seul jour ne s’écoule sans que vous ayez besoin de récurer les jouets de votre enfant. D’ailleurs, c’est pas un peu bizarre ces petits boutons rouges sur sa joue ? Alors OK on est encore en pleine pandémie et vous avez toutes les raisons de devenir quelque peu hygiéniste avec votre doux chérubin, mais est-ce vraiment nécessaire de changer tous les jours son matelas pour qu’il en ait toujours un neuf et propre ? Non.

1. Vous stérilisez le biberon même si ce n'est pas la peine

Tout le monde (la Société française de néonatalogie et le ministère de la Santé) est d’accord pour dire que la stérilisation des biberons ce n’est plus nécessaire, sauf vous. Le stérilisateur à la vapeur, c’était même le numéro 1 sur votre liste de naissance. Mais personne ne vous l’a offert. Donc vous l’avez redemandé pour votre anniversaire. Et pour Noël. Et pour le 14 juillet.

2. Vous partez au square avec l'armoire à pharmacie

Il y a ceux qui partent se promener avec un sac de langes (couches, lingettes, biberon) et vous. Vous, c’est la petite valise de 10Kg bourrée de médocs… au cas où. Au menu des plaquettes par dizaines : anti-diarrhéiques de toutes les couleurs, sachets pour la réhydratation, anti-inflammatoires, paracétamol, pansements et bandages. Et s’il y avait des moustiques ? Allez on embarque la pommade apaisante. On n’est jamais trop préparé pour la fin du monde.

3. Vous lavez sa tête à l'anti-poux avant son entrée en maternelle

On est jamais trop prudent. Plutôt que d’attendre que la cour de récré fasse son boulot, vous, vous anticipez. Pas question d’avoir à traiter toute la famille. Comme chacun sait, un petit shampoing chaque soir éloigne le Pediculus humanus. Et puis un petit coup de brosse. Et puis un coup de peigne anti-poux. Bon, le plus simple c’est encore de lui raser la tête, allez viens là mon titi on va te présenter à la tondeuse.

4. Vous lavez son tapis d’éveil à 90°C

Il faut dire qu’un bébé qui gazouille ça laisse des traînées de bactéries derrière lui. Miettes pré-mâchées, lait régurgité, vomi et selles en tous genres peuvent venir peupler le tapis en quelques minutes à peine. Il faut bien un tour en machine pour exterminer tout ce petit monde (et tant pis pour les motifs et les petits sons cachés).

5. Vous foncez sur les sites de santé dès qu'il a 37,5

Syndrome pieds-mains-bouche ? Coqueluche ? Rougeole ? Votre gamin dépasse de peu les 37 degrés réglementaires et pourtant vous sentez votre cœur se tordre et votre rythme cardiaque s’accélérer. C’est sûr, vous avez repéré des petits boutons dans sa nuque et ils n’étaient pas là hier. Et si c’était une maladie auto-immune ?

6. Vous avez choisi une maternité niveau III, on ne sait jamais

En France, les maternités se classent en trois catégories : du type I quand tout va bien au type III équipé d’un service de néonatalogie. Votre grossesse s’est passée comme sur des roulettes, vous n’avez eu ni nausées ni diabète gestationnel, le fœtus était parfait de la première à la dernière écho et pourtant vous avez remué ciel et terre pour accoucher dans une maternité de type III, au cas où, on sait jamais. Si l’idée d’avoir une unité de soins adaptée aux nouveau-nés atteints de pathologies graves vous rassure, on ne voit pas le problème.

7. Vous connaissez toutes les maladies infantiles, y compris celles qui n’existent plus depuis la Renaissance

Vous les connaissez mieux que les membres de votre famille, elles s’appellent rougeole, varicelle, coqueluche, rubéole, bronchiolite, scarlatine et oreillons… Les maladies infantiles, vous les connaissez par cœur, vous connaissez leur antécédents judiciaires, où ils vivent et avec qui ils traînent.

8. Vous repassez toutes ses affaires pour tuer la moindre bactérie

Une couche qui déborde, et c’est le drame. Après un premier lavage détachant, une machine à 60°, on attrape le petit pantalon et la turbulette et hop tout le monde sous le fer à repasser.

9. Vous connaissez par cœur le numéro de tel de votre pédiatre

Le bébé ne mange pas assez ? Ou bien il dévore tout. Et si le lait maternisé n’était pas adapté ? La diversification, c’est à partir de quel mois exactement ? Plutôt haricot vert ou courgette ? Vous avez un milliard et demi de questions, besoin de réponses et internet, on sait tous qu’on ne peut pas lui faire confiance. Et puis bon, c’est possible que ce soit rien mais mieux vaut demander. Si le·a pédiatre répond à chaque appel, gardez-le·a, c’est une perle (on lui décernera la médaille du mérite et on donnera une grosse sucette).

10. L’interne en pédiatrie vous appelle par votre prénom

À force d’emmener votre bambin aux urgences lorsqu’il se casse la margoulette dans la cour de l’école, tout le monde vous connait à l’hosto. L’interne en pédiatrie vous claque la bise (de loin et avec son masque) et l’infirmière de garde vous a même rapporté une part de tian provençal de son week-end en famille.

Si vous remplissez toutes ces cases, ne cherchez plus, vous êtes un.e fucking hypocondriaque.