Il paraît que les rastas n’ont pas inventé les dreadlocks, que Bob Marley rêvait d’avoir les cheveux bouclés, et que les dreads d’Otis, le scribe du film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, étaient en réalité une perruque ! Pour en avoir le coeur net, rien de mieux que de remonter aux racines de cet événement capillaire.

1. Les premières dreadlocks de l’histoire

Si tout n’est pas clair autour des origines des dreads, une chose est sûre : les dreadlocks existaient bien avant de s’appeler des dreadlocks ! Le reste appartient à l’histoire et à ceux qui l’écrivent. Certains assurent que le Dieu Shiva en portait si l’on en croit les écritures saintes remontant à 2500 avant le Petit. Aujourd’hui encore, en Inde, les sages Sadhu qui le vénèrent portent des dreads en guise d’hommage. Ailleurs, comme sur l’île de Santorin, des fresques datant d’à peu près de la même période, montrent des individus coiffés de longues tresses… N’oublions pas non plus les Pharaons égyptiens dont les momies ont parfois été retrouvées avec des dreads encore intactes ! Bref, encore une histoire à s’arracher les cheveux…

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2. L’origine du mot « dreadlocks »

Le terme « dreadlocks » ou « mèches de la peur » apparaît pour la première fois dans les années 50 en Jamaïque. Les détracteurs du mouvement rastafari désignaient ainsi la coiffure « sale » et « menaçante » de ses membres, pour la plupart de jeunes marginaux de l’île. Quant aux rastafaris eux-même, pour eux le mot « dread » se réfère, au choix, à la crainte à avoir à l’égard du Seigneur quant à la décadence de la société, ou à celle qu’inspiraient aux Anglais, les rebelles Mau-Mau au Kenya dans les années 50.

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3. Une coiffure biblique ?

Le personnage le plus connu cité dans l’ancien testament qui aurait porté des dreads ne serait autre que Samson, dont la légende raconte qu’il puisait sa force dans ses longs cheveux ! 6 autres versets de la Bible feraient selon les rastafaris référence aux dreadlocks… Sauf que, comme souvent avec les textes sacrés, ils sont sujets à interprétation. Et vu que le terme « dreadlock » n’existait pas encore à l’époque, impossible de savoir si Samson and co avaient réellement des dreads, ou s’ils dormaient avec des bigoudis pour s’assurer un effet frisé dès le saut du lot !

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4. Un symbole de noblesse en Chine

Pendant longtemps, de la même façon que les nobles chinois se laissaient pousser les ongles pour attirer la chance (et accessoirement montrer qu’ils n’utilisaient pas leurs mains pour travailler), ils portaient des Koltun, équivalent des dreads. Ce détail capillaire était censé servir d’amulette en vu de préserver leur santé. A priori, une astuce qui marchait moyen puisqu’aux dernières nouvelles, ils sont tous décédés !

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5. Un symbole multiple de rébellion

Les dreadlocks renvoient souvent à un héritage culturel ou spirituel. Une façon pour ceux qui les portent de revendiquer une appartenance ou une croyance commune. Les celtes portent ainsi des dreads en hommage à leurs supposés ancêtres. Idem pour les scandinaves avec les vikings. Certains punks à chien (ou sans), et altermondialistes les ont adoptées pour affirmer leur rejet des classes dirigeantes. Quant aux rastas, initialement, on l’a vu, les dreads étaient parmi les nombreux symboles, un hommage aux rebelles Mau-Mau qui se sont soulevés dans les années 50 face à l’occupant anglais au Kenya.

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6. Les dreadlocks et le cannabis

Pratiques pour planquer ses boulettes, les dreads et le cannabis n’ont pas toujours été liées. C’est en Jamaïque, aux balbutiements du rastafarisme que le haschich s’impose comme une forme de sacrement à l’initiative de Leonard Percival Howell, qui fonda en 1940 la première communauté rasta en Jamaïque, qui fonctionnait en autonomie grâce notamment… au commerce de la marijuana !

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7. Les dreadlocks auraient été importés en Jamaïque par des immigrés indiens

De 1845 à 1921, plus de 36000 indiens, principalement hindous, ont immigré en Jamaïque pour trouver du travail. Ils furent exploités et encore moins payés que les esclaves qu’ils remplaçaient (ndr. l’abolition de l’esclavage en Jamaïque date de 1830). Le culte du Dieu Shiva a survécu au voyage et aux premières décennies sur l’île. Des décennies passèrent et certains des descendants des premiers arrivants indiens choisirent de devenir ascètes et de porter leurs cheveux longs et tressés, inspirant les premiers rebelles des montagnes et séparatistes jamaïcains menés par Leonard Percival Howell, un des pères du mouvement rasta.

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8. Le premier rasta ne portaient pas de dreadlocks

Marcus Garvey est considéré comme premier animateur du mouvement rasta de l’histoire. Il vécut à Harlem dans les années 1920 et prônait le retour des noirs en Afrique, au Liberia et en Éthiopie où régnait selon lui l’empereur Ras Tafari, plus connu sous le nom de Haïlé Sélassi. Capillairement parlant, Marcus Garvey n’a jamais porté de dreads. Il fallut attendre les années 50 pour les voir apparaître officiellement dans la panoplie du rastaquouère.

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9. L’influence du reggae

Le succès mondial du reggae apparu dans les années 70 a largement contribué à faire pousser des dreads sur les crânes de la jeunesse du monde entier. Les dreads de Bob Marley devinrent un signe de rébellion pour de nombreux activistes… plus ou moins actifs, au point de devenir une marque de fabrique du mouvement rasta, au même titre que les mocassins à glands pour les fans de Michel Sardou. Vous avez vu les anecdotes sur Bob Marley d’ailleurs ?

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Vous pouvez aussi aller voir les raisons d’adorer la Jamaïque, même si c’est pas tout à fait en lien direct avec les dreads.