On a abordé maintes fois les expressions régionales ou grivoises, à l’instar des expressions du sud, des expressions bretonnes ou encore des expressions vulgaires. On part aujourd’hui à l’est, vers un pays à l’image de son produit phare, les bonbons Ricola, petit et teinté de mystère : la Suisse. Comme toute nation qui se démarque, la Suisse a son propre vocabulaire, ses propres mots d’usage qu’on ne comprend pas toujours. Démonstration.

1. Septante (70), huitante (80), nonante (90)

À partir de 69, les suisses ont décidé de ne pas se casser la tête et de continuer de compter sur une base sûre et compréhensible. Ce qui nous donne par exemple septante-et-un (71), huitante cinq (85) ou encore nonante neuf (99) et on peut se demander si la logique ne leur donne pas raison sur ce coup là…

2. Le Natel

Si un suisse vous demande de lui prêter votre natel, il tente peut-être d’obtenir votre numéro (ou de piquer votre smartphone). Le mot natel est en effet la contraction de : « Nationales Autotelefonnetz », qui désignait à l’époque une marque de téléphones mobiles placés dans les voitures et est aujourd’hui fréquemment utilisé comme synonyme de « téléphone portable ».

3. La Bise et le Foehn

Le suisse aime la précision alors il distingue le vent froid qu’il appelle la Bise, du vent chaud qu’il nomme le Foehn. Attention ! Il ne s’agit pas d’apporter une quelconque information sur la provenance dudit vent : la Bise peut arriver du sud tout comme le Foehn peut arriver du Nord. Notons par ailleurs que beaucoup de suisses ne se sèchent pas les cheveux au sèche-cheveux, mais se Foehnent tout simplement (oui, du verbe Foehner).

4. Ça joue ?

« Ça joue » c’est un peu le couteau suisse (*rire gras*) du vocabulaire helvétique. En effet, il peut à la fois remplacer notre « ça va », « c’est bon », « ça ne te dérange pas », « tout est ok » ou même « ça se goupille bien ». Parce qu’en matière d’économie nos voisins ne se contentent pas simplement de la notoriété de leurs banques, ils sont aussi doués lorsqu’il s’agit des mots.

5. Le cheni

Figurez-vous que les suisses n’ont pas le monopole du « cheni » et que ce mot est aussi utilisé par les francs-comtois pour désigner le bazar, le bordel, le souk, le cirque etc. Alors si on vous demande d’aller « ranger votre cheni », c’est qu’il est peut-être temps d’apprendre à vous servir de vos placards.

6. À quelle heure vit-on ?

En ce qui concerne les montres et plus largement l’horlogerie, les suisses ont une longueur d’avance sur le reste du monde. Du coup, ils font dans l’originalité lorsqu’ils veulent demander l’heure dans la rue et on voit mal comment on pourrait leur faire la leçon.

7. On vous attend pour le dîner

Les suisses ne nomment pas les repas de la même manière que nous. Ils déjeunent le matin, ils dînent à midi et soupent le soir. Ne vous y trompez pas si vos hôtes helvètes vous demandent d’être rentré pour le dîner ou la fondue risquerait d’avoir refroidi à votre retour (et personne n’a envie de manger une fondue froide. PERSONNE).

8. Adieu

Alors surtout (et on insiste bien là dessus), si votre nouvelle moitié suisse débute son texto par « adieu », ne lui donnez pas tout de suite une ribambelle de noms d’oiseaux. Déjà parce que les insultes c’est méchant (et que chez Topito on aime pas les trucs méchants), ensuite parce qu’adieu = bonjour. On vous aura prévenu.

9. La jaquette et les socks

Les suisses sont bien meilleurs que nous en langues étrangères, on le sait. Mais pour enfoncer davantage le couteau dans la plaie, ils n’hésitent pas à introduire délibérément des termes anglais dans leurs phrases. La jaquette c’est donc une veste et les socks des chaussettes. À côté de ça, ils ne boivent pas d’Ice-tea, mais bien du Thé froid. Hypocrites !

10. Ou bien

Une expression qui se place en fin de phrase et n’est pas hyper simple à traduire. Elle exprime en général une certaine forme d’agacement (« ou merde », « ou quoi »). Et si vous entendez, « ça va ou bien ?! » il se peut que votre interlocuteur soit légèrement énervé contre vous.

11. De bizingue

A partir du point 11 on se concentre uniquement sur les expressions vaudoises, cette langue parlée dans le Canton de Vaud en Suisse. De bizingue signifie de travers, on ne dira plus « T’as monté ton étagère n’importe comment, elle est tout de travers. » mais « T’as monté ton étagère n’importe comment, elle est tout de bizingue. »

12. Se tchuffer

Ca ressemble un peu à se battre, ou à se chauffer : « purée ce mec m’a passé devant, ça me tchuffe ! » sauf que ça ne veut pas du tout dire ça, mais s’embrasser ! On peut donc dire « Me tchuffe pas, j’ai la diarhée. » Et si on veut parler en total suisse vaudois on dira même « Me tchuffe pas, j’ai la riclette. »

13. Un frouillon

Un tricheur. Comme les italiens lors de la coupe du monde de 2010 ou les Portugais lors de l’Euro en 2016, ou mon voisin de classe de CM2, Mathieu.

14. Une fricasse

Cela signifie une grande chaleur ou un grand froid. Un mot donc très pratique car polysémique. C’est vrai que devoir distinguer le chaud et le froid c’était fatiguant.

15. Une débattue

Une débattue correspond à l’engourdissement des doigts par grand froid. Employez ainsi sans vergogne l’expression « Y’a une telle fricasse dehors j’ai chopé la débattue du siècle. » et vous aurez mon respect éternel.

On espère que vous êtes déçu en bien.

Toujours envie de parfaire votre culture de ce beau pays ? Continuez avec les plus belles insultes suisses, les trucs bizarres en suisse et les lieux incroyables suisses, à voir absolument !