« J’crois qu’les histoires d’amour, c’est comme les voyages en train, et quand j’vois tous ces voyageurs, parfois, j’aimerais en être un » disait Grand Corps Malade dans l’un de ses slams. OUAIS, BAH CALME-TOI TOUT DE SUITE FABIEN. Les voyages en train, ce n’est pas que du love, hein. C’est surtout une succession de moments gênants. Vas-y, monte dans ton train, et viens me dire ce que tu en as pensé, après. Ose me dire que tu n’as vécu aucun de ces 21 moments de solitude. Ose-le.

1. Quand tu mates un film et qu'il y a une scène de cul

Puis que tu croises le regard accusateur du mec assis à côté de toi, de la vieille qui traversait le couloir pile à ce moment-là, avant de te rendre compte que ton écran se reflète dans la vitre et qu’une dizaine de personnes pose sur toi des yeux de mépris. Un conseil, monte le son, baisse les yeux, et ne te justifie de rien. Ça pourrait devenir plus gênant encore.

2. Quand t'as besoin d'aller pisser et que ton voisin dort

Côté couloir, bien évidemment, sinon c’est pas drôle. Deux techniques s’offrent à toi : attendre, et prendre le risque de te faire dessus. Enjamber avec beaucoup d’adresse la personne qui ronfle paisiblement. Soit, il ne capte rien, et c’est bien joué. Soit, il ouvre les yeux quand tu es accroupi en l’air, un pied sur ton accoudoir, l’autre sur le sien. S’ensuivra un long moment de solitude et d’incompréhension. Courage.

3. Quand tu pisses toutes les 30 minutes et que tu le déranges 15 fois sur le voyage, d'ailleurs

« Excusez-moi, pardon », « Oups, je vais devoir vous embêter à nouveau », « Mes plus plates excuses, il faut que j’y retourne », « Décidément, j’ai vraiment une minuscule petite vessie, hihihihi », « Vous me croyez si je vous dis que j’ai encore besoin d’aller aux toilettes ? »,… Ne vous en faites pas, la situation deviendra rapidement aussi gênante pour vous que pour votre voisin. Fonctionne également pour la fois où tu prends le train encore mort de la soirée de la veille, et que tu vas aux chiottes pour vomir. La seule différence, c’est l’odeur que tu te traînes en revenant.

Crédits photo : Topito

4. Quand tu éternues un peu trop fort et que tu te morves sur les doigts

Bien sûr, c’est le moment où tu n’as pas de mouchoirs et où tu n’oses surtout pas en demander. Les accoudoirs te détestent encore.

5. Quand tu lâches une caisse et que ton voisin te prend à partie pour trouver d'où ça vient

Seule solution pour t’en sortir : rentrer dans son jeu. N’hésite pas à en faire des caisses. Enfin… Des « caisses »…

6. Quand ton voisin commence à te parler politique

A la limite, si c’est pour parler de la gauche en faisant des cœurs avec les mains, pourquoi pas. Mais si c’est pour pleurer sur l’échec de Zemmour… Ça va être long. Très long.

7. Quand le couple en face de toi dans le carré commence à être un peu trop proche

C’est beau l’amour. Mais quand les gens le vivent tranquilles, chez eux, sur leur canap’ ou sur la table de leur cuisine pour les plus téméraires. Par contre, sur la banquette du train en face de ma gueule, non. S’il vous plaît. Respectez-moi. Laissez-moi écouter ma playlist « On the rails again », en pensant à ma vie pourrie de célibataire, un doigt bien enfoncé au fond de ma narine droite. Merci.

8. Et que tu les vois partir ensemble aux chiottes

….. Il est sûrement parti lui tenir la porte… Ou autre cho… Non, la porte. C’est sûr…. C’est long, quand même, 15 minutes pour un pipi… Peut-être qu’ils jouent aux cartes ?

9. Quand tu te manges le range-valise dans la tête

Ça fait un énorme boom, tout le monde se retourne vers toi avec un regard mi-inquiet, mi-amusé. De ton côté, tu t’écroules sur ton siège en riant pour cacher tes larmes, une main posée sur ton front pour sentir cette belle bosse pousser tranquillou.

10. Quand ton sac mal tombe sur ton voisin juste en dessous

WOUPSIE. Ça va, monsieur ? Pourquoi vous faites le mort ?

11. Quand tu manges un sandwich avec des œufs et que tout le monde te regarde

Rapport au fait que ça pue le vieux pet et que ça embaume littéralement tout le wagon.

12. Quand tu dois dire à la personne qu'elle est à ta place

Côté fenêtre, sens de la marche, bien sûr. Ouais, ouais. Fais genre que t’as pas fait exprès, ouais.

13. Quand on te fait remarquer que tu n'es pas à la bonne place

Bah ouais, mais bon… Y’avait personne côté fenêtre, dans le sens de la marche. Comment ça, j’ai fait exprès ? Vraiment pas, hein. L’erreur est humaine, non ? Reprends-la, ta place toute nulle. MOI ? DE MAUVAISE FOI ? Ah bah… J’aurai tout entendu.

14. Quand tu te réveilles et que tu te rends compte que tu as bavé pendant ton sommeil

Ce qui veut forcément dire que tu as roupillé la bouche grande ouverte, la tête en arrière. Forcément, quand t’imagines le spectacle que t’as offert au mec à côté pendant 1h30, tu n’es pas ultra à l’aise.

15. Quand tu cognes plusieurs fois le pied de ton voisin d'en face et qu'il pense que tu veux le pécho

Une fois, ça arrive. Deux fois, c’est un peu chiant, mais c’est OK. Trois fois, c’est clairement louche. Au bout de 4, ne t’étonne pas si tu te reçois le contenu d’une bouteille d’eau au visage.

16. Quand le gamin du couple en face vient te caresser les cheveux et qu'ils le laissent faire

Tu as très envie de dire à ce petit être que c’est probablement gentil, mais que ça ne se fait pas. Que c’est profondément gênant. Que tu aimerais qu’il arrête ça vite. Très vite. Avant que tu le foutes au coin. Mais les parents trouvent ça A-DO-RABLE. Donc tu souris, et tu prends sur toi. N’hésite pas à tousser un peu, pour faire flipper les parents. Sur un malentendu… Ils pourraient finir par éloigner leur progéniture de toi.

17. Quand le contrôleur veut ton billet, mais que ton téléphone bug

Aussitôt, tu t’imagines le moment où tu vas te prendre une sale amende pour absence de titre de transport. Alors que tu l’as. Que ça va bien se passer. Que ton téléphone va revenir à la raison. Et que tout va bien se finir. Allez. Arrête de transpirer à grosses gouttes, ça devient louche.

18. Quand tu marches dans un wagon et qu'un virage te fais tomber comme une merde sur un passager

Vu que t’es debout, et lui assis : soit il se prend ton cul en pleine face, soit il finit dans ton décolleté. Dans les deux cas, c’est intensément gênant. Pour le passager comme pour toi. Peu importe ton sexe, ton genre, ton orientation sexuelle et ceux de l’inconnu. On n’a jamais entendu d’histoire de deux best friends qui ont sympathisé de cette façon. Ce n’est pas pour rien.

19. Quand tu demandes à échanger de place avec un passager

Car tu as refusé de payer un supplément pour choisir ton siège, mais que t’as quand même envie de passer les 7h d’intercités à côté de ton mec. Tu sais pertinemment que tu as une place éclatée, sens inverse de la marche, côté couloir, à côté d’une personne qui sent particulièrement mauvais, et que t’es en train de foutre en l’air le voyage de la gentille personne qui te rend service. T’es gêné, et t’as bien raison de l’être. Vieil égoïste, va.

20. Quand tu te livres à une terrible guerre de l'accoudoir

Deux sièges, un seul accoudoir central. Ce truc est pensé pour donner lieu à des scènes de combats de coudes intenses, et amuser la galerie. Je ne vois pas d’autres explications.

21. Quand tu fais la queue pour sortir et que tu es pile au niveau de la porte du sas

La gentille petite porte automatique qui se referme sur ta gueule toutes les 30 secondes. Tu n’as qu’à jeter un coup d’œil derrière toi pour voir le rictus amusé du mec qui observe la scène depuis 2 minutes. C’est long, deux minutes, hein ?

22. Bonus : quand tu oublies de mind the gap between the train and the plateform

Y’a plus glam comme sortie de train que de t’étaler de tout ton long sur le quai.

Je vous arrête tout de suite, l’avion c’est rigolo, mais ce n’est pas beaucoup mieux. Entre subir et sauver la terre, ou voyager tranquille, niquer la planète et prendre le risque de crever, vous choisissez quoi ?