On va pas se mentir, choisir 10 albums de la décennie quand je n’arrive même pas à me décider sur mes 10 de 2019 risque d’être compliqué, mais les 2010’s ont été une si belle decade of metal qu’on ne pouvait pas ne pas faire notre petit bilan maison. Parce que le metal c’est avant tout l’ouverture d’esprit, le respect et les valeurs de l’ovalie, je ne choisirai pas forcément ceux qui m’ont le plus plu mais plutôt 10 albums marquants, incontournables et qui resteront gravés dans le marbre noir du grand tombeau de la musique lourde. N’hésitez pas à donner les vôtres en commentaire !

Et si vous trouvez que le metal c’est un truc de gros bourrin, rendez-vous sur notre top des idées reçues sur le metal.

Et si vous trouvez que le metal c’est nul à chier, rendez-vous sur notre top des preuves que le metal c’est nul à chier (et ne venez plus jamais me parler à vie).

Et si vous trouvez que le métal c’est un matériau, rendez-vous sur notre top des preuves que vous êtes très con.

1. Rammstein - Rammstein (2019)

10 ans qu’on attendait le retour de nos Allemands préférés, et si je dois dire qu’à titre personnel Reise, Reise demeure leur chef d’oeuvre total, ce Deutschland inspiré et ambitieux est venu mettre à mal mes convictions. Lancé sur orbite grâce à un imposant clip d’une dizaine de minutes Rammstein n’a pas tant surpris : ils ont fait du Rammstein. Mais ils l’ont fait avec une épure captivante qui fait de Rammstein un des meilleurs albums de l’année et de la décennie.

2. Ghost - Opus Eponymous (2010)

Si les clowns de Ghost ont explosé sur leurs albums suivants jusqu’à atteindre un statut de fame mainstream rare chez un groupe de metal de cette qualité, c’est bien Opus Eponymous qui a jeté les premières pelletées de charbon dans le moteur de la loco, aujourd’hui inarrêtable.

3. Gorguts - Colored Sands (2013)

Pas facile de choisir un album de death metal sur ces 10 dernières années tant on a été gâté, entre l’explosion du death dissonant, le revival old school, les embardées prog, le death fait plaisir en parvenant à sortir des ornières propres au genre. Gorguts ayant inspiré l’intégralité des groupes qui se sont vautrés (avec plus ou moins de succès) dans la dissonance, ils se devaient de frapper très fort avec Colored Sands histoire de montrer qui étaient les patrons. (Spoiler : ce sont eux.)

4. Metallica - Hardwired... To Self-Destruct (2016)

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’était pas gagné d’avance pour Hardwired…. Surfant sur la vague molle de Death Magnetic, cet album a su retrouver du poil de la Bête, resserrer les rangs et nous sortir (malgré de nombreux défauts dont sa durée quasi rédhibitoire) un album nerveux et jouissif. Alors évidemment, écouter un nouveau cru de Metallica ne se fait plus qu’en les comparant à leur âge d’or, ce qui n’a pas que du mauvais : Hardwired surpassant de loin tout ce qu’ils ont sorti depuis un quart de siècle.

5. Mastodon - Emperor of Sand (2017)

On aurait pu choisir n’importe lequel des 3 albums sortis par les bûcherons prog de Mastodon ces 10 dernières années mais j’ai décidé de m’arrêter sur le dernier, Emperor of Sand. Déjà parce que contrairement aux deux précédents (The Hunter et Once More ‘Round the Sun) leur dernière livraison se fait sous la forme d’un retour au source, pas musical mais conceptuel à savoir le graal de tout amateur de prog, le concept-album. Mais aussi parce qu’il contient certains de leurs plus beaux morceaux toutes périodes confondues, dont le fantastic Jaguar God. Incontournable.

6. Taake - Noregs Vaapen (2011)

Parce qu’il faut bien caler un peu de black metal dans toute cette affaire (et parce que ce n’est pas non plus chose aisée) mon choix s’est arrêté non pas sur l’acclamé The Satanist de Behemoth (présent dans quasi tous les classements de fin de décennie) mais plutôt sur ce Noregs Vaapen de Taake. Riffs tranchants qui puent la neige, violence rauque qui file les poils et solo de banjo. Juste ce qu’il faut pour en faire un classique.

7. Converge – All We Love We Leave Behind (2012)

Avez-vous déjà été déçus par un album de Converge ? Moi oui, une fois, et ce n’était ni ce fantastique All We Love We Leave Behind ni son successeur The Dusk in Us sorti en 2017. Deux chefs d’oeuvre intimes et universels, à vif, mélodiques, puissants. Converge ne révolutionne plus grand chose en 2020 mais chaque nouvel album nous prouve qu’ils sont loin loin au dessus.

8. YOB - Clearing the Path to Ascend (2014)

Je ne suis pas forcément le plus au fait de l’actualité doom ni du bilan qu’on pourrait en tirer depuis 2010, tout ce que je sais c’est quelques-uns des albums que j’ai le plus écoutés ont le bpm bien bas, qu’il s’agisse de l’incroyable Támsins likam d’Hamferd ou des deux derniers albums de YOB. Les vocaux y sont d’une puissance rare, tant dans les growls d’outre-tombe que dans le chant clair possédé et il est bien difficile de ne pas chanter avec Mike Scheidt en levant les bras au ciel. Time to wake up.

9. Gojira - Magma (2016)

Vous pensiez que j’allais laisser filer nos prodiges français sous prétexte que je suis un vieux nostalgique qui préfère les premiers albums aux derniers ? Pas du tout, car même si The Way of All Flesh et L’Enfant Sauvage ne trouvent pas leur place dans mon petit panthéon personnel, je dois bien reconnaître que ce Magma m’a fait forte impression. Gojira a mangé du dino et ça s’entend : leur death metal au groove reconnaissable entre mille a encore pas mal de choses à nous raconter.

10. Power Trip – Nightmare Logic (2017)

Je n’aime pas Power Trip. Pourtant il y a tout : des gueules, des artworks, des live furieux, des albums chargés de crossover thrash ras la gueule, mais non, je n’accroche pas. Ce qui ne m’empêchera pas de mettre ce petit Nightmare Logic dans la liste des 10 albums incontournables de la décennie tant Power Trip laboure tout sur son passage, les mecs étant en passe de devenir un groupe culte en seulement deux albums. Je vais m’en mettre un petit pour être bien sûr tiens.

Voilà alors évidemment il manque des incontournables mais je suis sûr que vous vous ferez un plaisir de nous les filer en commentaires. On se retrouve en 2030 pour un nouveau petit bilan chevelu.