« Mon mari est sous respirateur artificiel. Comme il est devenu très bruyant, je voulais savoir si je peux le débrancher pour la nuit ? », » « Combien ça coûterait pour qu’une ambulance de chez vous vienne nous chercher dimanche matin, vers 7 heures, à la sortie du Macumba ? »… Voilà le genre de perles de pompiers que la profession peut être amenée à entendre. Mais si les pompiers sont des super-héros du quotidien, il y a beaucoup de choses qu’on ne connaît pas sur leur profession. Zéparti pour un top tout feu tout flamme.

1. Le nom "sapeur-pompier" vient du Moyen Age

Vous vous êtes peut-être un jour demandé du haut de votre bon sens pourquoi on appelait parfois les pompiers « sapeurs-pompiers » ? Eh bien il faut faire un petit tour au Moyen Âge. Figurez-vous que les pompiers étaient fort heureusement déjà dans le périmètre et qu’ils devaient souvent défoncer les maisons autour de la zone incendiée pour éviter que le feu ne se répande. On disait alors qu’ils sapaient les murs (le mot désigne le fait de s’attaquer à la base de quelque chose pour le faire s’écrouler), d’où l’appellation de « sapeur-pompier » qui deviendra officielle en 1811.

Eh oui, parce qu’en 1810 un incendie ravagea l’ambassade d’Autriche à Paris, et Napoléon Ier qui n’était pas la moitié d’un con s’est dit que ce serait vachement malin de créer le premier corps professionnel de sapeurs-pompiers. Quel homme.

2. Il y a des pompiers professionnels ET des pompiers volontaires

Comme vous vous en doutez les sapeurs-pompiers pro ont un salaire (ouah, mais trop de générosité quoi). Il existe aussi des sapeurs-pompiers volontaires qui ont un taff à côté, mais doivent effectuer un certain nombre d’heures de garde soit à la caserne, soit à domicile. Ils sont aussi rémunérés entre 8 et 12 euros de l’heure et un euro supplémentaire par heure d’astreinte.

3. Les pompiers existent depuis belle lurette

On vous a certes parlé de l’origine du mot « sapeur-pompier » mais le concept de lutte organisée contre les flammes existait déjà dans l’Antiquité. On pouvait trouver en Grève par exemple des pompes manuelles (à l’efficacité limitée) avant que Rome ne crée sa première brigade de pompiers dont les outils étaient un peu mieux foutus. On utilisait déjà la technique de destruction en utilisant des catapultes pour détruire les maisons avant qu’elles ne prennent feu. Mais bon, imaginez les Romains qui partaient en week-end et retrouvaient leur maison en pièce juste parce qu’il y avait un feu de cheminée à 30 mètres de là. UN PEU LES BOULES MOI JE VOUS DIS.

4. Les incendies ne représentent que 8% des interventions

Certes on les connaît principalement pour ça, mais les pompiers interviennent aussi pour les premiers secours, le sauvetage d’animaux (on reviendra sur ce sujet), d’humains bien sûr et aussi en cas de catastrophes naturelles. En revanche, les pompiers ont plein de conseils pour sortir indemne d’un incendie et on ferait mieux de les suivre.

5. Tous les pompiers ne sont pas militaires

A la base les sapeurs-pompiers (professionnels, s’entend) sont des fonctionnaires territoriaux, mais certains sont militaires comme la Brigade des Sapeurs-pompiers de Paris et les marins de Marseille.

6. Certaines interventions sont désormais payantes...

On connait tous l’histoire reloue du chat coincé dans un arbre comme un couillon (qu’est-ce qu’ils sont cons les chats, je me demande parfois si ça vient pas des croquettes au saumon) et de cette gentille mamie qui appelle les pompiers pour sauver son matou (qui n’est pas à elle, mais qu’elle avait prévu de manger au barbeuc pour le dîner). Eh bien depuis 1996, ces interventions sont devenues payantes. Idem pour déloger un nid de guêpes ou de frelons ou même débloquer un ascenseur. Les tarifs varient d’un département à l’autre ; si vous avez l’inestimable chance de vivre en Maine-et-Loire, votre con de chat pourra être « sauvé » gratos (le tout c’est de savoir s’il le mérite vraiment).

7. ...mais c'est pas pour se faire du flouze

La preuve, dans certains départements, la facturation est reversée directement au trésor public. L’important, c’est surtout de calmer les gens qui appellent les pompiers pour tout et n’importe quoi alors que d’autres corps de profession spécialisés peuvent intervenir pour ces situations. C’est pourquoi les tarifs appliqués doivent être plus élevés que les artisans spécialisés afin de ne pas leur faire de concurrence déloyale (vraiment trop sympa ces pomplards). En tout cas, pas d’inquiétude, on vous préviendra avant l’intervention que celle-ci est payante ainsi que le tarif.

Crédits photo (Domaine Public) : U.S. Navy photo by Mass Communication Seaman Barry Riley

8. L'expression "fumer comme un pompier" n'a rien à voir avec le fait que les pompiers seraient de gros clopeurs

Depuis le début du XIXe siècle, il est commun de dire d’un rakli qui crame tige sur tige qu’il fume comme un pompier. Mais n’allez pas croire que les pompiers sont accro à la nicotine. L’origine de l’expression est tout autre ! Durant leurs interventions, ils enduisaient de graisse leur manteau de cuir, car cela atténuait la chaleur ressentie. Dès lors, les pompiers avaient une fâcheuse tendance à fumer, littéralement. Incroyablement ébouriffante cette information, n’est-ce pas ?

Par ailleurs, ne confondez jamais l’expression « fumer comme un pompier » avec « pomper comme un fumier ». Car ça n’a rien à voir.

9. Les camions de pompiers ne sont pas rouges par hasard

Il n’y a rien de plus rouge qu’un camion de pompiers, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Au XVIIe siècle les charrettes (oui parce qu’à l’époque on n’avait pas encore inventé le camion) étaient vertes et noires. En fait le rouge vient de nos potes d’outre-Manche qui ont tout simplement remarqué que les pompes à incendies rouge vermillon étaient plus voyantes, ils ont donc repeint aussi leurs véhicules de la même couleur et comme on a commencé à importer leurs pompes à partir du XIXe siècle, on a tout copié sur eux.

Crédits photo (CC BY 3.0) : Scand

10. Il y a à peu près une intervention de sapeur-pompier toutes les 6 secondes

= OUAH.

PS : Merci à mon homonyme Pierre G. pour sa relecture de vieux briscard de la sape-pomperie comme on dit (c’est faux) (personne ne dit pas ça).