La guerre, c’est mal, on est à peu près touts d’accord là dessus. Et si elle est le théâtre de scènes plus affreuses les unes que les autres qui donnent envie de quitter à jamais le monde des hommes pour vivre reclus dans une cabane paumée dans la forêt, elle est aussi le lieu parfait pour faire montre de courage, de bravoure et de solidarité, qui ne sont pas les pires manifestations de l’âme humaine. Démonstration en 12 exemples avec des héros, des vrais.

1. Albert Roche

En 1914, Albert est appelé du haut de ses 19 ans à servir la France. Estimé trop chétif, il décide tout de même d’aller en découdre avec les casques à pointe. Seul, il détruira un nid de mitrailleuses en jetant des grenades dans le tuyau de cheminée du poêle puis tiendra par la suite une tranchée à lui seul, mettant en déroute le bataillon ennemi. Fait prisonnier et interrogé, il maîtrise son interrogateur et rentre au camp avec 42 prisonniers et un camarade blessé sur le dos. Il sera blessé 9 fois et aura fait à lui tout seul 1180 prisonniers.

Le plus : Le maréchal Foch dira de lui qu’il est « Le Premier Soldat de la France ». Rien que ça.

2. Bill Millin

Bill « Piper » Millin est un soldat Écossais connu notamment pour avoir été le dernier joueur de cornemuse de l’armée. Officiellement l’armée avait interdit ce statut après le nombre de morts de la 1ere Guerre mondiale mais son supérieur Lord Lovat ignora les ordres et Millin embarqua pour la France avec sa cornemuse. Pour donner du courage à ses frères d’armes, il débarqua avec eux le 6 juin 1944 en Normandie et ne tira pas un coup de feu. Au milieux des balles qui sifflaient de toutes part, Piper Bill joua des morceaux comme Road to the Isles ou Hielan’ Laddie.

Le plus : Certains soldats allemands affirmèrent ne pas l’avoir visé pensant qu’il s’agissait d’un fou.

Crédits photo (Domaine Public) : Evans, J L (Capt), No 5 Army Film & Photographic Unit

3. Yang Kyoungjong

Ce jeune Coréen fut enrôlé de force par l’envahisseur japonais en 1938, ce qui n’est pas de bol, il faut bien le reconnaître. Il part alors sur le front contre les soviétiques qui le font prisonnier en 1942. Envoyé en Ukraine, il affronte les Nazis qui le capturent à leur tour et l’envoient en Normandie. Enfin, en juin 44, c’est au tour des Américains de lui mettre de la main dessus, ces derniers décidant de le refiler aux Britanniques.

Le plus : fort de toute son expérience, il décida d’aller s’installer aux Etats-Unis où il vécut jusqu’à sa mort, en 1992.

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4. Simo Häyhä

Simo Häyhä est un soldat finlandais qui s’illustra durant la guerre d’Hiver qui opposait son pays à l’envahisseur soviétique. Il est considéré comme un des plus grands snipers de l’Histoire. En un an, il tue entre 500 et 700 soldats soviétiques, recueillant au passage le surnom de « Mort Blanche ». Malgré tous les efforts pour le supprimer, Simo tient bon, malgré une blessure qui le dévisagera à vie.

Le plus : il avait pour habitude de mettre de la neige dans sa bouche afin de ne pas être trahi par la vapeur qui s’échappait de sa bouche.

Crédits photo (Domaine Public) : Finnish Military Archives

5. Craig Harrison

Ce soldat britannique ayant servi en Afghanistan a réalisé le coup du siècle en 2009. Derrière son sniper, il se concentre, retient sa respiration, tire, et touche sa cible se situant à 2 475 mètres de lui. Il expliqua qu’il lui avait fallu 9 tirs d’entraînement mais que le premier tir sur cible fut mortel.

Le plus : Son record a été battu en 2012 dans la même région d’Afghanistan par un tireur d’élite australien qui lui est resté anonyme. Son tir était de 2 815 mètres.

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6. Hiro Onoda

Hiro Onoda est la détermination incarnée. Soldat de l’Empire japonais, son supérieur lui ordonna en 1945 de tenir l’île de Lubang face au débarquement des Américains. Quasiment tous ses camarades furent tués dans cet assaut, et il se réfugia dans la jungle, refusant de se rendre. Il vécut ainsi de nombreuses années, farouche, refusant tout contact (il tua plus de trente habitants de l’île, policiers et civils). On fit alors venir son supérieur de l’époque qui lui annonça la défaite du Japon. Nous étions en 1974, il s’était écoulé 29 ans.

Le plus : Quand il abdiqua enfin, il remit son uniforme et son épée, son fusil, cinq cents cartouches et plusieurs grenades à main.

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7. Sir Adrian Carton de Wiart

Sir Adrian Carton de Wiart n’est pas un tire-au-flanc. Il combattit pour la Couronne d’Angleterre pendant trois guerres, et y perdit sa main gauche, un oeil, ainsi qu’un doigt (qu’il s’arracha lui-même avec les dents pour éviter une propagation de la gangrène). Fait prisonnier en Italie, il parvint à s’échapper en creusant un tunnel et réussit à éviter les troupes italiennes pendant 8 jours en se faisant passer pour un paysan du coin.

Le plus : Dans ses mémoires, il parlera de la Grande guerre en ces mots : « Franchement, j’ai adoré la guerre ».

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8. Matvey Kuzmin

Ce petit papy russe de 83 hivers surnommé « le Loup Solitaire » vivait pépouze dans sa forêt quand un régiment de Nazi vint lui proposer du pétrole, de la bouffe et un fusil tout neuf s’il acceptait de les conduire en secret au camp soviétique du coin. Il accepta non sans avoir envoyé son petit fils prévenir les troupes de l’armée Rouge qui dressèrent un guet-apens près d’un marais enneigé. En pleine déroute, un capitaine allemand compris qu’il s’était fait berner et tua Kuzmin de 2 balles. Il est aujourd’hui encore considéré comme un héros national.

Le plus : Il est la personne la plus âgée à avoir reçu le titre honorifique de Héros de l’Union Soviétique.

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9. Krystyna Skarbek

Krystyna Skarbek est une comtesse polonaise qui, après l’invasion de son pays par l’Allemagne nazie, s’était trouvée un petit poste d’espionne au service de la Couronne britannique. Arrêtée avec un comparse en 1941, elle parvint à se faire libérer en se mordant la langue au point de saigner abondamment et prétextant les symptômes de la tuberculose.

Le plus : Sa carrière d’espionne est une succession de coups de bluff similaires qui firent d’elle un des espions les plus estimés du Royaume-Uni et qui incitèrent les services britanniques à enrôler plus de femmes par la suite.

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10. Francis L. Sampson

Francis L. Sampson était un prêtre catholique officier de l’armée américaine qui s’illustra notamment lors du Débarquement quand il resta en arrière malgré la retraite des troupes pour soigner les blessés, tant alliés qu’Allemands. Fait prisonnier, il est sauvé de justesse de l’exécution par un officier allemand et libéré. Il part alors à la recherche de Fritz Niland un soldat dont les 3 autres frères ont été tué au combat la même semaine. Son but : le renvoyer dans sa famille avant qu’il ne soit trop tard.

Le plus : Cette histoire vous la connaissez, elle a inspiré Il faut sauver le soldat Ryan, rien que ça.

Crédits photo (Domaine Public) : U.S. Army

11. Virginia Hall

Elle fait partie des véritables héroïnes de la résistance ! D’origine américaine, cette résistante est devenue agent de renseignement pour le SOE. Pendant 15 mois, sous la couverture d’une journaliste du New York Post, elle est chef d’un réseau sous le nom de code « Germaine ». Elle collecte et transmet des renseignements et aide la résistance française. Elle fait plein de trucs : accueillir des agents de passage, transmettre des rapports à Londres émanant des chefs de la résistance française, coorganiser des évasions spectaculaires, dont celle de onze agents de la section F du camp de Mauzac le 16 juillet 1942.

Le plus : à la fin de la guerre, elle rejoint la CIA et devient l’une des premières femmes de l’organisation. La classe.

Crédits photo (Domaine Public) : CIA People

12. Hannie Schaft

Hannie Schaft est originaire d’Hollande, très jeune elle s’intéresse déjà à la politique et à la justice sociale. Elle souhaite devenir avocate des droits de l’Homme. Elle découvre les méfaits des nazis envers les juifs pendant ses études à l’Université d’Amsterdam où elle refuse de signer une déclaration d’allégeance aux autorités d’occupation (y en a qui ont du cran). Son travail dans la résistance commence doucement. Tout d’abord, elle vole des cartes d’identité pour les résidents juifs (dont ses amis). Mais plutôt qu’être messagère, elle préfère prendre les armes. Elle est responsable du sabotage et de l’assassinat de plusieurs cibles. Elle effectue de nombreuses attaques sur des allemands, des nazis néerlandais, des collaborateurs et des traîtres.

Le plus : elle a quand même refusé de kidnapper les enfants d’un officier allemand. Une justicière courageuse mais sage.