Freelance c’est une vie de rêve où tu choisis tes propres horaires, tu es ton propre patron, tu deviens enfin maître de ta vie, est-ce que c’est pas ça le bonheur finalement ? AHUM. Au risque de casser un peu la beauté de ce joli spot publicitaire, la vie de freelance n’est pas aussi fun qu’elle en a l’air. Attention ce top n’est aucunement destiné à faire déprimer les premiers concernés mais juste à remettre un peu d’ordre dans les fantasmes largement répandus sur ce statut pourtant fragile. On fait un p’tit point de derrière les fagots sur les galères qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

1. Le confinement c'est clairement un acharnement du sort

AAAAAH nous y voilà. Non parce que les galères de freelance finalement on les connaissait déjà un peu jusque là. Mais si on en parle c’est surtout parce que les freelance font partie des grands oubliés du confinement, ceux qui ont le moins d’aide, qui se retrouvent sans taf et sans assurance chômage.

2. Tu n'as pas d'horaires

On pense souvent que c’est un avantage, c’est d’ailleurs cet argument qui séduit le plus souvent au départ. Mais ne pas avoir des horaires classiques de bureau ne veut pas dire qu’on travaille moins. Au contraire, on double souvent sa charge de travail tout en étant parfois tributaire des horaires de bureau classiques puisque vos employeurs eux, n’ont pas l’habitude de bosser à 3h du mat.

3. Tu es tout le temps payé en retard

Grand classique des classiques : le paiement. Quand tu es freelance, tu n’as pas un mais 2, 3, 4, 12 employeurs différents. Alors déjà il faut apprendre à bosser sur plusieurs projets en même temps et devenir un expert du planning de travail, mais surtout il faut être au taquet sur les paiements. Bien souvent les employeurs oublient un paiement (même si c’est sans aucun doute de bonne foi, quand tu te retrouves à payer tes factures et ton loyer à la fin du mois, la bonne foi tu lui urines dessus), sans compter les dates de paiement qui varient d’un employeur à l’autre. Tu as intérêt à être un pro de l’orga.

4. Globalement, tout le monde pense que t'en branles pas une

Ça fait certainement partie des pires phrases dites aux freelance et qui sont pourtant les plus courantes « Oh bah je peux passer prendre le café ? Oui je sais tu travailles mais bon ça va t’es chez toi quoi« . En effet si les freelance ont la chance inestimable de ne pas être obligés de se rendre tous les jours au bureau, il n’en reste pas moins qu’ils travaillent. Même de chez eux ils travaillent. C’est un peu comme du télétravail en fait. Bref, le regard porté sur les freelance est bien souvent à côté de la plaque.

5. Si tu n'as plus de taff, tu n'as aucun droit au chômage

Wallou. Keutchi. Zéro. Peau de zébi.

En revanche il est possible de commencer une activité de freelance quand tu es au chômage c’est même plutôt recommandé pour avoir un revenu assuré quand tu débutes.

6. Faire un crédit immobilier ou juste louer un appart avec un statut de freelance ?

HAHAHA MEILLEURE VANNE.

7. Tu dois devenir expert comptable

Comme on l’a dit tu dois être hyper rigoureux sur le paiement de tes factures. Tout ce que ton employeur fait habituellement pour toi, résumé dans une jolie fiche de paie, c’est une corvée de plus pour toi.

8. Pour les femmes le statut de freelance c'est la double peine

En effet, les femmes sont peut-être moins harcelées par des collègues douteux, se prennent moins de remarques pour leur look, leur absence de sourire, leur poids, sont peut-être moins discriminées à l’emploi… MAIS en freelance, la charge mentale des femmes est encore bien lourde. Cet article de Socialter montre ainsi que les femmes enceintes auto-entrepreneures bénéficient d’un congé maternité franchement ridicule qui ne leur permet en aucun cas de survivre sans des économies en sus et une autre source de revenus. Quant aux femmes qui ont déjà des enfants, HAHA bon courage. Bah oui mais écoute chérie, tu bosses à la maison donc t’as le temps de faire le ménage, la cuisine et de t’occuper des enfants quand ils rentrent de l’école non ?

9. OK tu es ton propre patron, mais peut-être que tu es vraiment le pire des patrons

Dans les avantages à être freelance on nous rétorque habituellement que le fait de ne plus avoir de patron est une véritable libération. OK. Je veux bien vous croire. Mais d’abord, tous les patrons ne sont pas des têtes de teub (je dis pas ça parce que les patrons de Topito relisent tout et me rémunèrent uniquement au nombre de placement du mot « grille-pain » dans mes tops). Et si ça se trouve tu n’es pas toi-même le meilleur patron qui soit. Même pour toi. Par exemple, quand tu te forces à travailler 78 heures par semaine, tu es un mauvais patron. Peut-être qu’en tant que patron et employé de toi-même tu devrais aussi devenir ton propre délégué syndical pour apprendre à défendre tes droits contre toi-même.

10. Tu dois apprendre à te vendre en mode offensif

Eh oui. Parce qu’en étant freelance tu changes tout le temps d’employeur et s’il est moins risqué de collaborer avec un freelance plutôt que d’embaucher un CDI pour une entreprise, de ton côté il faut renouveler régulièrement le démarchage histoire d’avoir toujours du taf. Autrement dit, tu dois apprendre à te tisser un réseau de chien de la casse et être cette personne bizarre qui souhaite des anniversaires aux gens qu’elle ne connaît pas sur LinkedIn.

11. Il arrive bien souvent qu'on fasse appel à toi et puis qu'on annule à la dernière minute

Les joies des employeurs qui changent d’avis.

12. Parfois c'est chiant de ne pas voir de gens

Même si de plus en plus de travailleurs en freelance mettent en place un système de coworking pour partager un lieu de travail et moins souffrir de solitude, la majorité des freelance a appris à parler à ses meubles.

Vous en voulez plus ? On a aussi les illustrations sur la vie de freelance. En revanche on espère que du coup tu as tout t’attirail des accessoires indispensables au télétravail.