Des films sur la justice et les procès, y’en a un bon paquet ! D’ailleurs, certains sont tellement bien réalisés qu’on envisagerait presque des études de droit (avant de se rappeler la gueule du code civil, of course). En revanche, ce qui est un plus rare, ce sont les courts et longs métrages qui ont carrément fait évoluer la justice dans la vraie vie. Des fictions qui dénoncent, ou juste des lieux de tournages atroces qui dénigrent tous les droits humains. Dans tous les cas, ça a fait un peu bouger les choses. Parfois, c’est bien. Parfois, ça pue du uc. Mais dans tous les cas, c’est bien de le savoir.

1. Harry Potter à l'école des sorciers, et le code du travail britannique

Le code du travail britannique a été ajusté pour le tournage du premier film de la saga. Initialement, les enfants de moins de 9 ans ne pouvaient pas tourner plus de quatre heures par jour. Désormais, ils peuvent travailler 5 heures par jour, avec une pause au milieu.

2. Le hobbit, et le code du travail néo-zélandais

Eh hop, d’un univers fantastique à l’autre, on influe sur le code du travail ! Dans le cadre du Hobbit, ce sont les textes néo-zélandais qui sont modifiés. Après le succès du Seigneur des Anneaux, les lieux de tournage en Nouvelle-Zélande sont devenus des endroits très touristiques. Lorsque l’idée de tourner le Hobbit ailleurs, à cause de conflits avec les syndicats du pays, est émise, la Nouvelle-Zélande n’hésite pas à modifier sa loi pour que l’île soit à nouveau choisie. À partir de 2010, les acteurs sont alors considérés comme des sous-traitants et non plus comme des employés. Cela sous-entend qu’ils n’ont pas le droit à la syndicalisation, à la grève, aux indemnités de maladies et aux congés. NICE. Une fois le changement adopté, Warner Bros a engagé la production sur l’île. Depuis, les modifications apportées sont restées.

3. JFK, et l'enquête sur l'assassinat du président

En 1991, le thriller politique sort sur grand écran. Il réanime alors l’intérêt de l’Amérique pour l’assassinat du président John F. Kennedy, l’un des plus grands crimes complotistes de l’histoire des USA. Face au succès du film, le Congrès, sous George HW Bush, promulgue une nouvelle loi sur la collecte des enregistrements d’assassinat de l’ancien président. Une loi non sans conséquence puisqu’elle a rouvert l’enquête gouvernementale sur l’assassinat de ce 22 novembre 1963.

4. Une fille dans la rivière : le prix du pardon, et la loi sur les crimes d'honneur au Pakistan

Cette fois, il s’agit d’un court-métrage, réalisé par la Pakistanaise Sharmeen Obaid-Chinoy et primé aux Oscars en 2015. La réalisation dénonce la tradition des crimes d’honneur dans son pays. Là-bas, plus d’un millier de femmes sont tuées chaque année, parce que leurs familles considèrent qu’elles les ont déshonorés. C’est ce qui s’appelle « les crimes d’honneur ». Après la diffusion du film, le Premier ministre pakistanais (Nawaz Sharif) s’est engagé à modifier la loi sur ces crimes. En 2016, le parlement a adopté le projet de loi refusant la grâce à toute personne commettant de telles horreurs.

5. The Snake Pit, et le traitement des patients en hôpital psychiatrique

« The Snake Pit » (1948), traduisez « La fosse aux serpents », est une adaptation du roman semi-autobiographique du même nom, écrit par Mary Jane Ward. Elle y témoigne ces horribles expériences en tant que patiente schizophrène dans un hôpital psychiatrique, revenant notamment sur des techniques telles que les bains brûlants ou la thérapie par électrochocs. Affreux. La production a permis de sensibiliser l’opinion publique aux réalités de traitement des maladies mentales. A la suite de ça, 26 Etats américains ont promulgué une législation, réformant les conditions de vie et de traitement des patients pour les rendre meilleurs.

6. Alfie, et la loi britannique sur l'avortement

Alfie est une comédie romantique britannique qui voit le jour en 1966. Si la majorité du film fait sourire, une scène bien précise, elle, glace le sang. On y voit une jeune femme (Vivien Merchant), tomber enceinte d’un ami de son mari et décider d’avorter. L’homme en question (Alfie) organise alors un avortement illégal dans son appartement, orchestré par un médecin miteux. Cette scène a contribué à une première évolution au Royaume-Uni : l’établissement de la loi de 1967 sur l’avortement, encore considéré illégal à cette époque. A partir de là, « certains avortements sont considérés comme légaux, selon des circonstances précises ». On n’était pas encore au max des droits, mais c’était un premier pas. Un film à rediffuser sans hésiter sur les chaines américaines en ce moment.

7. The Charge of the Light Brigade et Jesse James, la loi sur la protection animale

ÂMES SENSIBLES, ARRÊTEZ VOTRE LECTURE ICI. « Aucun animal n’a été blessé ou blessé lors de la production de ce film » : une phrase avec laquelle nous sommes aujourd’hui coutumiers, mais ce ne fut pas toujours le cas. En 1936, Michael Curtiz réalise « The Charge of the Light Brigade ». Pour une scène de bataille, le réalisateur câble 125 chevaux. 25 d’entre eux sont morts, soit tués sur place, soit euthanasiés en raison de graves blessures. Cette première horreur attire l’attention du Congrès. En 1939, pendant le tournage de Jesse James, deux autres cheveux trouvent la mort, jetés les yeux bandés depuis le haut d’une falaise. J’ai envie de chialer, ces mecs sont des monstres. Suite à ces atrocités, de nouvelles règles ont été appliquées par la Humane Society of America. A partir de là, les plateaux de tournages impliquant des animaux ont eu obligation d’être supervisé par un représentant de l’organisation. Triste de devoir en arriver là pour que des animaux ne se fassent pas buter pour un putain de film.

8. Noah's Ark, et les règles de sécurité pour les acteurs et figurants

Noah’s Ark (L’arche de Noé) est sorti en 1928. Et devinez qui est le réalisateur ? Eh oui, Michael Curtiz, une nouvelle fois ! Celui qui n’a pas eu de problème à buter des chevaux, n’en a pas eu non plus à tuer… Des humains. Oui, oui. Durant le tournage de la scène d’inondation, trois personnes sont mortes noyées. On a également compté une douzaine de blessés graves dont une amputation de jambe. Puisque la justice est super bien faite : le mec n’a assumé aucune conséquence de toutes ces horreurs et négligences. Top. En revanche, et fort heureusement, cela a au moins permis de faire évoluer la législation. Depuis, des règles de sécurité protégeant les acteurs, les figurants et les cascadeurs, ont été rédigées et mises en œuvre.

En parlant de justice, on est d’acc que certains héros de fictions auraient large mérité de finir en taule ?

Sources : Ranker, Reel Rundown