Si je vous demande de me citer 3 femmes scientifiques qui ont fait de sacrées découvertes, qui pouvez-vous me citer, à part Marie Curie ? Pas grand monde, hein ? C’est triste, parce qu’en réalité, elles sont nombreuses à avoir cherché, découvert, inventé et révolutionné. Victime de ce qu’on appelle « l’effet Matilda » (on y reviendra), leur nom a souvent été effacé par celui d’un homme. Parlons d’elles, pour leur rendre le mérite de leurs découvertes, et juste parce qu’elles sont bien trop stylées, en fait.

Ada Lovelace (1815-1852)

On parle d’Ada comme de la pionnière de l’informatique. De toute l’histoire des sciences, elle est la première à publier un algorithme informatique. Malheureusement, ses travaux tombent dans l’oubli pendant des décennies. Ils sont redécouverts au XXe siècle par Alan Turing. Il s’en inspirera grandement pour fabriquer le tout premier ordinateur, connu sous le nom de… La machine de Turing. Comme beaucoup de femmes scientifiques de son temps, elle sera victime de « l’effet Matilda » : « Le déni, la spoliation ou la minimisation récurrente et systémique de la contribution des femmes à la recherche scientifique, dont le travail est souvent attribué à leurs collègues masculins. ». Classe, messieurs.

Crédits photo (Domaine Public) : Alfred Edward Chalon

Henrietta Leavitt (1868-1921)

Astronome américaine de la fin du XIXe-début du XXe siècle, on lui doit la « Loi de Leavitt », qui s’intéresse au rapport période-luminosité des étoiles. Cette loi a permis aux astronomes d’établir un système de calcul précis pour les distances dans l’univers, et donc : elle a permis de mesurer la distance entre la Terre et les autres galaxies. À une époque où les femmes n’avaient même pas le droit d’utiliser des télescopes, on s’incline.

Crédits photo (Domaine Public) : Auteur inconnuUnknown author

Rosalind Elsie Franklin (1920-1958)

C’est grâce à elle qu’aujourd’hui, tous les élèves savent à quoi ressemble une molécule d’ADN dès le collège. À la moitié du XXe siècle, Rosalind entreprend des travaux sur l’acide désoxyribonucléique : plus connu sous le nom de « ADN ». Grâce à son expertise en diffractométrie de rayons X (la mesure de la diffraction d’un rayonnement sur une cible), elle découvre sa structure en hélice. En 1962, trois chercheurs obtiennent le prix Nobel de médecine pour cette découverte, et Rosalind n’en fait pas partie. Les 3 hommes ont eu accès et ont utilisé les travaux de Franklin à son insu et sans la citer, s’attribuant tous les mérites. Elle est morte en 1958, à 37 ans, d’un cancer des ovaires, probablement causé par son exposition aux rayons.

Crédits photo (CC BY-SA 4.0) : MRC Laboratory of Molecular Biology

Marie Curie (1859-1906)

Évidemment, Marie Curie ne pouvait pas ne pas figurer dans ce top ! Née Maria Salomea Sklodowska, la chimiste et physicienne épouse Pierre Curie en 1895. En 1903, le couple obtient un premier prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les radiations. Puis, en 1911, elle obtient le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium. On lui doit notamment la découverte de la radioactivité. Même si cela a malheureusement permis de développer la bombe atomique, elle a aussi donné naissance à la radiothérapie, notamment pour lutter contre le cancer.

Ida Noddack-Tacke (1896-1978)

Surnommée « la Marie Curie allemande », elle découvre, avec son mari, en 1925, le rhénium. Dès 1934, elle dresse une première hypothèse sur la fission nucléaire. Elle est la première à formuler ceci, quelques années avant la découverte de la fission nucléaire par Otto Hahn et Fritz Strassmann, et avant les théories de Lise Meitner et Otto Frisch.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Auteur inconnuUnknown author

... et Lise Meitner (1878-1968)

Ida n’a pas été la seule pionnière de la fission nucléaire. Lise Meitner, physicienne autrichienne, est connue pour avoir découvert la fission nucléaire, mais aussi… Pour avoir vu son nom totalement effacé de ses travaux. Lise était d’origine juive. En pleine Seconde Guerre mondiale, on refuse que son nom apparaisse comme coauteur de la publication qui annonce la découverte de la fission nucléaire. Quand le prix Nobel est remis pour cette découverte en 1944, c’est donc uniquement Otto Hahn qui en est décoré. Coucou l’effet Matilda !

Hedy Lamarr (1914-2000)

Je sais ce que vous vous dites : « Quoi ? Mais Hedy, ce n’était pas cette actrice hollywoodienne ?? » ! Alors… Si, mais pas que ! Hedy Lamarr était aussi une talentueuse scientifique, notamment inventrice d’un système secret de codage des transmissions. Vous ne voyez pas à quoi ça peut servir ? Eh bien, si à l’époque, cela permettait de guider les torpilles, aujourd’hui c’est ce qui est à l’origine du GPS et du WIFI, par exemple.

Vera Rubin (1928-2016)

Passionnée par les étoiles depuis toute petite, Vera devient astronome et choisit de travailler sur les galaxies, leur mouvement et leur fusion. C’est elle qui découvre que les étoiles ne tournent pas toutes dans le même sens, puisque celles à la périphérie des galaxies tournent aussi rapidement que celles au centre. Ces premières observations lui permettront de confirmer l’existence de la matière noire, en 1970. En plus de faire avancer la science, Vera fait aussi tomber des barrières pour les femmes dans ce milieu : elle travaille dans des domaines dont les femmes étaient totalement exclues jusqu’à elle.

(Source)

Françoise Barré-Sinoussi (1947 - toujours en vie)

Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant… C’est elle qui, au côté de Luc Montagnier, a co-découvert l’existence du virus du VIH en 1983. 5 ans plus tard, elle prend la tête de son propre laboratoire et poursuit ses travaux, notamment pour la recherche d’un vaccin, les mécanismes de protection contre l’infection ou le contrôle du sida. En 2008 elle reçoit, en même temps que Luc Montagnier, le prix Nobel de médecine pour leur découverte du rétrovirus responsable du SIDA. 5 ans après, elle est élevée au rang de Grand Officier de la Légion d’honneur.

(Source)

Crédits photo (Creative Commons) : Prolineserver (talk)

Temple Grandin (1947 - toujours en vie)

Temple est connue pour plusieurs choses : d’abord, c’est l’une des premières personnes atteintes d’autisme à avoir parlé ouvertement de son rapport au monde, dans le but d’améliorer la place dans la société des personnes atteintes de ce trouble. Ensuite, on doit à Temple plusieurs techniques et matériels, aujourd’hui adoptés dans près de la moitié des abattoirs à bovins d’Amérique du Nord, pour améliorer la vie du bétail dans les élevages industriels. Des géants comme Burger King ou McDonald’s lui ont même commandé des audits pour transformer leurs abattoirs.

Respect.

Source : lespionnieres.org, France culture, national geographic