Il fut un temps où une Coupe du monde, c'était 32 équipes, pas de pause pub, et un arbitre qu'on laissait entrer dans le pays. C'était (souvent) bien (mais pas toujours). C'est terminé. Voici 10 raisons pour lesquelles l'édition 2026 étatsuniene va nous faire regretter même celle du Qatar, c'est dire…
Un pays hôte qui appelle encore le football le "soccer"
Alors oui la coupe du monde est aussi au Mexique et au Canada mais personne n'est dupe, c'est une coupe du monde 99% ricaine. Et ce pays utilise encore un autre nom pour parler du foot. Trump a proposé pendant la campagne de renommer le sport « football » aux États-Unis pour récupérer le nom… et donner un autre nom au football américain. Le problème c'est que personne n'a compris la suite du raisonnement, y compris Trump. Foutons le camps d'ici
La FIFA a remis un "Prix de la Paix" à Trump lors du tirage au sort...
On devrait meme arrêter ce top ici. L'ignoble Infantino a créé le prix spécialement pour l'occasion — sans prévenir ses propres collaborateurs — et l'a remis à son « ami Donald » au Kennedy Center de Washington, racheté par des proches de Trump. Trump a déclaré que c'était « l'un des plus grands honneurs de sa vie ». Il a aussi dit qu'il avait arrêté toutes les guerres du monde. Le trophée représentait un ballon de foot. Rien ne va dans cette phrase. Infantino se transforme sous nos yeux en Palpatine.
Le meilleur arbitre africain de l'année a été refoulé à la frontière
Omar Abdulkadir Artan, somalien, désigné par la FIFA, meilleur arbitre africain 2025, visa valide en poche — refoulé à son arrivée aux États-Unis et renvoyé vers Istanbul. Première participation somalienne à un Mondial : annulée à la douane. La FIFA a dit qu'elle était « informée ». Très utile comme information. Quand Trump est au fond, il creuse encore.
Des supporters africains ont été interdits d'entrée sur le territoire
Trump a signé un décret suspendant les visas touristiques pour les ressortissants sénégalais et ivoiriens, entre autres. Des fans qui avaient acheté leurs billets ne pourront pas pu venir voir jouer leur équipe nationale. La FIFA a rappelé qu'elle « n'intervenait pas dans les procédures d'immigration du pays hôte ». C'est techniquement vrai. Et moralement à l'image de cette fédération gangrénée.
Les pauses pub, pardon les Water Break, en plein milieu
La FIFA a instauré deux « pauses d'hydratation » de 3 minutes par match, systématiques, quelle que soit la météo. Officiellement pour protéger les joueurs des fortes chaleurs. Dans les faits, les télés du monde entier pourront glisser des spots entre la 22e et la 25e minute. L'Arcom a dû publier un communiqué pour expliquer que oui, c'était légal. Ok ça offre la possibilité d'aller pisser avant la mi-temps et de remettre des chips dans le bol, mais on est pas dupe: le foot se jour maintenant en 1/4 temps.
Le halftime show de la finale, avec Coldplay
Comme au Super Bowl, oui. Non seulement un show, mais en plus avec la soupe de Coldplay. Madonna, Shakira et BTS sont aussi évoqués. Infantino promet « un moment inoubliable », Trump promet « de la grande télévision », mais on compte plus les choses que ces deux truffes ont déjà promis. La finale dure déjà 120 minutes, le halftime show devrait en rajouter 20. Si en plus tout ça c'est pour voir jouer l'Espagne, ça deviendra un supplice.
Une coupe du monde à 48...
48 équipes, 104 matchs, et une phase de groupes qui commence avant l'été, Six semaines de football non-stop avec des équipes qui jouent tous les trois jours depuis Miami sous 35 degrés. Avec donc le Cap-vert et l'Ouzbékistan. C'est plus une coupe du monde, c'est un tournoi de sixte. Toujours sans l'Italie, la seule constante rigolote de ces dernières années.
Trump qui veut en faire une vitrine de la "puissance américaine"
Le tirage au sort s'est tenu dans un lieu culturel trumpisé, avec un prix inventé spécialement pour Trump, dans un pays qui a posé des barbelés aux supporters de certaines nations qualifiées. Pour Trump c'est « c'est au monde de s'adapter aux États-Unis et pas l'inverse ». Pour la FIFA c'est « formidable, merci d'acheter des droits TV près de 20 milliards ».
Les prix délirants des billets
Bon soyons clair, on avait pas l'intention d'y aller. La FIFA a instauré la « tarification dynamique » — comprendre : le billet coûte ce que l'algorithme décide au moment où tu cliques. Résultat, selon l'association Football Supporters Europe, suivre son équipe du premier match jusqu'en finale coûterait au minimum 6 900 dollars, soit près de cinq fois plus qu'au Qatar. Face à la grogne, la FIFA a annoncé en urgence une catégorie « Supporter Entry » à 60 dollars — disponible pour la finale aussi. Bonne nouvelle. Sauf que pour acheter ces billets, il faut d'abord avoir un visa. Bien joué Donald.
Deschamps qui joue à 4 attaquants
Il ny' a donc plus rien de stable en ce bas monde ? Notre Didier pour sa dernière compétition en tant que sélectionneur qui fait exploser toutes nos certitudes en acceptant de prendre des buts en contre pour favoriser le spectacle ? Ce monde va mal, on ne croit plus en rien…
Et pourtant on va quand même tous la regarder....
Malgré les pauses pub toutes les 22 minutes, les 48 équipes dont la moitié éliminées avant qu'on ait compris les groupes, Trump en fond d'écran permanent, un halftime show avec Chris Martin, un arbitre star renvoyé à la frontière dans un joli relan raciste, des supporters aussi bloqués aux frontières — et pourtant à 21h le soir de France-Brésil, tout le monde sera là, bière à la main, à gueuler sur le VAR. C'est ça aussi, le football.
Si pendant un match un de vos amis qui ferait semblant de s'intéresser à la soirée en prononçant la phrase "allez le foot", nous vous autorisons à le frapper. Pas fort, mais un peu quand même.